:Le chef du Parti des citoyens de Saguenay, Dominic Gagnon, a vu tous ses arguments rejetés par un juge en 2010.

Dominic Gagnon rabroué plus d'une fois par un juge

Lorsque le juge Paul Guimond a rabroué Dominic Gagnon pour son commentaire «sur les capacités cognitives de ce fumeur (le juge Réal Collin) à l'aube de sa retraite», il ne s'agissait pas d'une première pour le médecin de La Baie et candidat à la mairie de Saguenay. Alors qu'il contestait en 2010 une contravention pour excès de vitesse, sa version a été jugée «ni fiable, ni probable» par le juge Alain Côté de la Cour municipale de Chicoutimi.
De plus, il a tenté de jouer à l'expert sur les radars. Pour justifier une vitesse de 139 km/h dans une zone de 90 km/h, il a entretenu le juge sur le concept de la valeur P, disant que son excès se situait dans la marge d'erreur. «Bien que séduisante, sa démonstration n'est appuyée sur aucun élément matériel vérifiable», a statué le juge.
Le chef du Parti des citoyens de Saguenay avait été intercepté le 8 avril 2010 par un policier de Saguenay sur la route 170 à La Baie, à la hauteur du chemin de la Savane, soit tout juste avant la Base de Bagotville. «Le policier voit circuler, sur la voie lente, un camion, de type 10 roues et un autre véhicule, sur la voie rapide. Plus loin derrière les deux premiers véhicules surgit un véhicule qui arrive rapidement et qui passe, de la voie lente à la voie rapide», indique le jugement. Le policier utilise alors son radar et calcule la vitesse de la camionnette noire de marque Toyota Tundra 2007 du médecin à 139 km/h, dans une zone de 90. Un kilomètre/heure de plus et il se serait trouvé dans la zone des grands excès de vitesse (GEV), qui se situe à 50 km/h et plus pour cette limite de vitesse.
En cour, Dominic Gagnon s'est défendu lui-même. «Selon le défendeur, le radar a pu être faussé par des interférences. Il reconnaît qu'il n'est pas un expert dans le domaine, mais connaît les principes de fonctionnement d'un radar. Selon lui, il a été victime du facteur d'erreur qui peut survenir dans l'opération de tout appareil technique. Il explique la notion de valeur P et conclut qu'il se trouve dans le pourcentage d'erreur en question. Il ajoute qu'il ne possède pas un véhicule en mesure de circuler au niveau de la vitesse reprochée», peut-on encore lire dans le jugement, sur les prétentions du médecin Gagnon.
Le juge a détruit un à un les arguments du Baieriverain. «Le défendeur prétend qu'il suivait, de près, un fardier, sur la voie de gauche, depuis un certain temps, à une vitesse de 119 km/h. Cette reconstitution des événements, après coup, n'est ni fiable, ni probable. En effet, on peut, d'abord, questionner sérieusement l'à-propos de suivre, de près, un fardier, sur la voie rapide de la route. Par ailleurs, si tel était le cas, l'opérateur du radar eut, sans doute, capté le premier véhicule à lui faire face et, au surcroît, de masse beaucoup plus imposante», a commencé par dire le juge de la Cour municipale.
Il s'est par la suite attardé au concept de la marge d'erreur, que le policier a établi à 1,6 km/h pour le type d'appareil utilisé. «Le défendeur a bien tenté de convaincre le Tribunal qu'il a été, en quelque sorte, victime d'une erreur technique, en avançant le concept de la valeur P. Bien que séduisante, sa démonstration n'est appuyée sur aucun élément matériel vérifiable. En contrepartie, la preuve démontre que l'appareil radar était en bon état de fonctionnement et l'absence de toute source d'interférence», a-t-il poursuivi. 
Ensuite, le juge s'est attardé sur la prétention qu'un Toyota Tundra ne peut atteindre la vitesse de 139 km/h. «De même, l'impossibilité pour le véhicule en cause d'atteindre le niveau de vitesse reprochée n'a pas fait l'objet d'aucune donnée probante. Devant une cour de justice, il ne suffit pas d'émettre des suppositions. Il faut en faire une démonstration qui soit suffisamment rigoureuse et fiable pour que le Tribunal y adhère. En somme, la version du défendeur ne soulève pas de doute raisonnable justifiant un acquittement», a-t-il conclu. Dominic Gagnon a été condamné à payer une amende de 240$, plus les frais. Il a écopé de cinq points d'inaptitude. Pour un GEV, l'amende aurait atteint 530$ et 10 points d'inaptitude.