Le chef du Parti des citoyens et candidat à la course à la mairie de Saguenay, Dominic Gagnon, a pris position en faveur du projet d'expansion du site d'entreposage des boues rouges.

Dominic Gagnon en faveur de l'expansion

Dominic Gagnon prend position en faveur du projet d'expansion du site d'entreposage des boues rouges. Le candidat du Parti des citoyens de Saguenay critique fermement la chef de l'Équipe du renouveau démocratique et sa candidate Lana Pedneault qui s'opposent au projet et du coup, estime-t-il, mettent en péril un millier d'emplois.
Le chef du Parti des citoyens de Saguenay (PCS) a rencontré la presse, mardi matin, dans son local électoral de la rue Racine, afin de se positionner dans le dossier des boues rouges. Entouré de son directeur de campagne René-Philippe Harvey et des candidats Jean-Pierre Bolduc, Laval Ménard et Hélène Tremblay, le chef a martelé à maintes reprises qu'il fait de l'économie sa priorité.
« Je vais faire de deux éléments mon cheval de bataille. Premièrement, je le répète, je vais tout faire pour obtenir un gel de taxes pour les contribuables pour les quatre prochaines années. Deuxièmement, je fais la promotion du développement économique », a-t-il affirmé. 
Le candidat s'en est pris à répétition à la position de Josée Néron et Lana Pedneault dans le dossier. Cette dernière, candidate de l'ERD dans le district 9 à Chicoutimi, qui comprend le Boisé panoramique, secteur ciblé par Rio Tinto en vue de l'aménagement du nouveau site de dépôt des résidus de bauxite de l'usine Vaudreuil, était jusqu'à ce qu'elle se présente aux élections, porte-parole et présidente du comité Citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD).
« Je suis en train de me scandaliser quand je vois la chef de l'ERD cautionner une candidate qui met en péril près de 1000 emplois et l'investissement de millions de dollars. On essaie de monter une espèce d'épouvantail à moineaux. Pour l'ERD, l'économie ne veut rien dire », a-t-il lancé. 
« Les gens du syndicat et les gens de Rio Tinto travaillent ensemble. Ils sont capables de trouver des solutions innovantes. Notre devoir, c'est d'appuyer ces gens-là. »
Dominic Gagnon assure que le projet est sans danger.
« La santé n'est pas mise en jeu par ce projet qui se fait en harmonie avec le développement durable dont je suis le premier à faire la promotion. L'idée, c'est d'avoir une garantie. Si tout va comme prévu, on utilisera jamais le Boisé panoramique. Le projet ne va pas du tout à l'encontre des saines habitudes de vie et du développement durable. Par contre, si on menace 1000 emplois, ça, c'est grave », affirme celui qui décrit son équipe comme « l'équipe de l'économie ». 
« Si on ne développe pas notre économie, on ne va nulle part », dit-il. 
Le chef du Parti des citoyens estime que beaucoup a été fait en matière d'économie au cours des dernières années. « Un travail extraordinaire a été fait par Promotion Saguenay. Là, avec l'ERD qui bloque tout, ça prend quelqu'un qui poursuit le travail. »
« M. Gagnon s'approprie le discours du maire à mon endroit » - Josée Néron
(Patricia Rainville) - La chef de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD) et candidate à la mairie de Saguenay, Josée Néron, n'a jamais été contre le projet d'agrandissement du site d'entreposage des boues rouges de Rio Tinto. Elle a d'ailleurs appuyé la demande de dézonage de la compagnie soumise il y a quelque temps au conseil municipal. Si elle n'est pas contre le projet en tant que tel et encore moins contre les emplois qui y sont liés, la candidate veut simplement s'assurer que le tout soit fait dans les règles de l'art.« Je constate que M. Gagnon s'approprie le discours du maire à mon endroit, à savoir que je suis contre le développement économique. C'est totalement faux. Nous avons d'ailleurs appuyé la demande de dézonage, mais en sachant que nous avions une vitrine de 10 ans pour travailler de concert avec les syndicats, la compagnie et une chaire de recherche spécialisée dans le domaine. Évidemment que nous voulons favoriser la durée de vie du lac de boues rouges et consolider les emplois. Il faut simplement travailler pour que ce soit fait en respect des citoyens concernés », a affirmé la chef de l'ERD, lors d'un entretien accordé au Quotidien, mardi en soirée. 
Concernant les attaques de Dominic Gagnon à son endroit, Josée Néron tient à mettre les choses au clair. 
« Le maire a toujours dit que je suis contre le développement économique et M. Gagnon fait la même chose aujourd'hui. Écoutez, j'ai 34 ans d'expérience dans la gestion d'une entreprise, je suis comptable de formation et j'ai une maîtrise en administration publique. S'il y a une femme qui est pour le développement économique de la ville, c'est bien moi », a fait valoir Mme Néron. 
Cette dernière a également tenu à défendre sa candidate Lana Pedneault, écorchée au passage par Dominic Gagnon, puisqu'elle était la présidente du Comité pour un Vaudreuil durable jusqu'à ce qu'elle se lance en politique municipale. « Lana a toujours été en accord avec la position de l'ERD concernant la valorisation des boues rouges. Elle s'est impliquée en tant que citoyenne et elle a travaillé à élaborer des solutions et je la félicite », a affirmé Josée Néron.
« À la limite de la démagogie »
Le comité des Citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD) déplore les propos du chef du Parti des citoyens tenus à son endroit. Le président du CVD estime que Dominic Gagnon juge des intentions du comité, sans même prendre le temps de rencontrer ses représentants. 
« Dominic Gagnon y va d'un discours à la limite de la démagogie. Dire qu'on est contre le projet, qu'on veut faire fermer l'usine et qu'on travaille à faire perdre des emplois, c'est allé trop loin. Il suit les pas de son prédécesseur. Il essaie de s'en distancer, mais il a exactement la même attitude », affirme d'emblée Frédéric Gagnon, celui qui a succédé à Lana Pedneault à la présidence de l'organisme puisque cette dernière se présente sous la bannière de l'ERD à titre de conseillère aux prochaines élections municipales. 
Frédéric Gagnon souligne d'ailleurs que le travail effectué par sa prédecesseure a permis de faire évoluer les relations entre le comité, Rio Tinto et le président du Syndicat national des employés de l'Aluminium d'Arvida (SNEAA-Unifor).
« Le comité a fait énormément d'efforts pour avoir une meilleure communication avec Rio Tinto et Alain Gagnon et pour que des solutions de rechange soient trouvées. On ne s'est jamais positionné contre le projet, on s'est toujours positionné à trouver des solutions moins nuisibles pour les quelque 6000 citoyens qui vivent autour. On veut trouver une solution alternative. On ne veut pas faire fermer l'usine. On veut juste travailler avec eux. »
Frédéric Gagnon assure qu'il a tenté de rencontrer Dominic Gagnon, mais que sa demande est demeurée lettre morte. 
« Il nous répond par les médias. On lui tend la main pour avoir une discussion intelligente et ouverte avec lui. S'il ne prend pas l'information, comment peut-il juger du bien-fondé de notre démarche ? », questionne-t-il.