Le Lieu d’enfouissement de débris de construction et de démolition est actuellement opéré par Excavation Dolbeau inc.

Dolbeau: un site d'enfouissement beaucoup plus grand

Dolbeau-Mistassini vient de franchir une première étape vers la construction et l’exploitation d’un lieu d’enfouissement technique (LET) d’une superficie d’environ 30 hectares. L’initiateur du projet, Excavation Dolbeau inc., a reçu l’avis de projet qui décrit les caractéristiques générales du projet et les principaux impacts sur la communauté.

L’avis de projet, produit par la firme spécialisée Tetra Tech, a été complété le 23 juillet. Il a été rendu public sur le site du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) vendredi dernier, le 16 août. Excavation Dolbeau inc. devrait amorcer un processus de préconsultation à l’automne et ultimement, la mise en opération du LET est prévue pour décembre 2021.

En plus du MELCC, la municipalité de Dolbeau-Mistassini, la MRC de Maria-Chapdelaine et l’Union des producteurs agricoles (UPA) sont les autres organisations qui ont été impliquées et qui ont appuyé le projet.

Le futur lieu d’enfouissement technique (LET) de Dolbeau-Mistassini est projeté sur un site d’environ 30 hectares. Sa superficie totale devrait être précisée ultérieurement. Sur la photo, le territoire ciblé se retrouve entre les pointillés rouges. Le site actuel est en gris foncé au bas.

Le LET serait aménagé dans le secteur de Dolbeau, à proximité du Lieu d’enfouissement de débris de construction et démolition (LEDCD), qui est opéré par Excavation Dolbeau inc., et de l’écocentre de la Régie des matières résiduelles (RMR) du Lac-Saint-Jean.

Le site projeté, d’une superficie de 30 hectares, n’aurait aucun impact physique et biologique, mais « la présence de résidences à proximité du projet (sur la 2e Avenue) et un peu plus loin sur la 23e Avenue sera à considérer », stipule l’avis de projet.

La superficie exacte du LET sera précisée lors de la conception détaillée du projet.

Dans l’avis, on souligne que le LEDCD de Dolbeau est le seul du Saguenay–Lac-Saint-Jean en opération. Les besoins grandissants de la région font en sorte que la superficie actuelle du lieu d’enfouissement ne répond plus aux besoins.

Avec le nouveau site, Excavation Dolbeau inc. veut poursuivre ses opérations d’enfouissement de débris de construction-rénovation-démolition (CRD) « en exploitant un LET et être en mesure de répondre aux besoins futurs des MRC de la région en la matière », peut-on lire.

Le futur Lieu d’enfouissement technique (LET) est projeté au même endroit que le Lieu d’enfouissement de débris de construction et de démolition.

Durée de vie de 68 ans

Aménagé de façon progressive, le lieu d’enfouissement technique aura une durée de vie utile estimée à 68 ans, en plus d’un programme de suivi postfermeture pour au moins 30 ans. Selon le calendrier de réalisation, la période 2019-2020 servira à la procédure d’évaluation des impacts, la construction est programmée pour l’été et l’automne 2021, suivi de la mise en opération quelques mois plus tard.

Parmi les impacts associés au projet, l’avis soulève le bruit et les émissions de poussières et de gaz d’échappement provoqués par la machinerie lourde.

« L’exploitation du LET est également susceptible de générer des nuisances associées aux odeurs et au bruit résultant du transport et de l’opération de la machinerie. Une gestion adéquate du système de collecte du biogaz et des opérations quotidiennes du site contribuera à réduire ces nuisances », ajoute le document.

Une usine de traitement du lixiviat sera construite au début du projet. Sa capacité de traitement sera précisée lors de la conception du projet et lors de la présentation de l’étude d’impact.

La capacité du Lieu d’enfouissement de débris de construction et de démolition devrait être en mesure de répondre aux besoins du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

+

UNE PLATEFORME EN LIBRE-SERVICE

Le futur site du lieu d’enfouissement technique (LET) de Dolbeau-Mistassini comprendra une plateforme de compost libre-service, en lien avec l’arrivée des bacs bruns pour la collecte des matières putrescibles.

En entrevue en début de soirée dimanche, le maire Pascal Cloutier a expliqué que la nouvelle installation va permettre à la population d’aller chercher du compost traité dans les règles de l’art. 

Membre du conseil d’administration de la Régie des matières résiduelles (RMR) du Lac-Saint-Jean, le premier magistrat a suivi le dossier de près.

« Ça fait longtemps qu’on en parle et ç’a été discuté », a-t-il confirmé.

Pascal Cloutier a indiqué que des études vont permettre de déterminer la capacité de la plateforme. Mais avant de connaître la possibilité d’accueil de ces matières qui seront recueillies à l’aide des bacs bruns, plusieurs autres étapes doivent être complétées.

En ce sens, une période de consultation doit suivre pour partager le fonctionnement de la plateforme libre-service à la population. La RMR a fait une campagne de sensibilisation concernant le bac brun, mais aucune approche n’a réellement été faite pour parler de la plateforme.

« Honnêtement, on n’a pas vraiment fait de campagne d’information là-dessus, a fait savoir Pascal Cloutier. De la façon dont la RMR fonctionne, il y a toujours un volet consultation, donc c’est certain que les gens vont être mis au courant et on va répondre à leurs questions. On est transparents là-dedans et il n’y a pas de cachette. Cependant, on n’a pas fait de consultation officielle sur la question de la plateforme et ce n’est pas encore très connu. »

Malgré tout, Pascal Cloutier est d’avis que l’aménagement d’une nouvelle plateforme libre-service va répondre à un besoin. 

Il ajoute que l’emplacement est un autre atout qui peut peser en faveur du projet, tout en se montrant rassurant quant aux émanations d’odeurs.

« Ça va être assez bien contrôlé, donc on ne pense que ça va avoir trop d’impacts au sein de la communauté, a affirmé le maire. On sait que le bac brun est un incontournable et le projet est l’occasion de valoriser les matières. »

Le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, croit que la plateforme de compost libre-service viendra répondre à un besoin.