Lawrence Guillemette a agressé sexuellement dix fillettes sur une période de 16 ans.

Dix filettes agressées en 16 ans

Lawrence Guillemette a agressé sexuellement dix fillettes sur une période de 16 ans.
L'homme originaire de Saint-Méthode a plaidé coupable à 18 chefs d'accusation, jeudi, au Palais de justice de Roberval. Ébranlé par les témoignages prononcés par trois victimes, le juge Paul Guimond n'a pas voulu entériner la suggestion commune d'un emprisonnement en société de deux ans moins un jour.
Il considère le nombre d'agressions trop élevées et les répercussions sur les victimes trop importantes pour accepter cette peine en société. Il veut prendre le temps d'y réfléchir. Une des victimes a d'ailleurs plaidé pour que Lawrence Guillemette aille en prison. «Il ne comprendra jamais ce qu'on a enduré pendant toutes ces années et comment ses victimes ont pu souffrir. Je demande une sentence à la hauteur de ses crimes.»
À partir de 1976, l'homme a fait des attouchements sur 10 victimes dont la plus jeune avait à peine deux ans et demi. Pour l'une d'entre elles, il aurait fait des attouchements à sa vulve et l'aurait pénétré avec les doigts de 1976 à 1983 plus de 60 fois. L'homme profitait de balade en bateau ou en moto pour caresser les parties intimes de ses victimes. Pour d'autres, le nombre d'agressions n'a pas été aussi élevé.
L'avocat de l'accusé, Me Sébastien Talbot, a tenu à préciser que le nombre d'agressions n'était peut-être pas aussi important que les victimes l'ont mentionné. «Vingt ou trente, c'est trop ! Une agression, s'en est une de trop», s'est empressé de rétorquer le juge Guimond qui a lancé plusieurs regards froids envers Guillemette.
À l'époque des infractions, on nommait ces crimes des attentats à la pudeur. Par contre, aujourd'hui, il s'agit d'agressions sexuelles et ces crimes sont passibles d'une peine minimale de 90 jours de prison.
Ses jeunes victimes n'ont jamais osé le dénoncer, car elles avaient peur de lui et il les menaçait et les manipulait. « Je suis une victime d'un silence obligé. Je pense que les séquelles psychologiques sont plus importantes du fait d'avoir été manipulé. Il disait ''si tu parles y va t'arriver du mal''. Quand tu es jeune, ça fait peur», a témoigné l'une des victimes.
Importantes séquelles
La grande majorité de ces femmes abusées ont dit dans leur témoignage fait à la police qu'elles avaient eu des séquelles importantes à la suite des agressions. « J'ai commencé à faire toute jeune de l'anxiété. J'avais de la misère à dormir. Je faisais d'horribles cauchemars. J'ai vécu avec un sentiment de culpabilité. J'ai fait une dépression au secondaire. J'ai sombré dans l'alcool et la drogue. Je n'ai jamais réussi à imposer mes limites. J'ai eu des pensées suicidaires. Et j'ai dû subir des thérapies, a énuméré une victime qui a subi des dizaines d'agressions. La parole est plus importante que la sentence», a-t-elle lancé vers son bourreau pour qu'il se sente coupable d'avoir volé l'enfance de plusieurs gamines.
«On demeure des coupables jusqu'à tant qu'on se retrouve devant vous», a lancé au juge une autre victime.
C'est le 4 avril que le juge Guimond fera connaître sa décision s'il se range derrière la suggestion du procureur d'imposer un emprisonnement en société de deux ans moins un jour ou s'il imposera une peine de prison à Lawrence Guillemette.