Un premier colloque provincial était organisé jeudi et les différents intervenants avaient rendez-vous à Desbiens.

Diversifier l’utilisation du chanvre

La municipalité de Desbiens a été l’hôte du premier colloque provincial sur le chanvre industriel, jeudi, dans l’enceinte de l’hôtel de ville. Une centaine de personnes ont écouté, échangé et partagé leurs connaissances sur un secteur agricole encore méconnu.

L’organisation d’un tel événement était dans l’air depuis environ deux ans, quand le maire de Desbiens, Nicolas Martel, avait fait part de sa volonté d’accueillir un colloque mondial sur le sujet. Jeudi, il avait une portée davantage provinciale, mais des invités internationaux étaient présents, dont quelques Français.

L’occasion était belle pour nos cousins de partager une vision plus industrielle du chanvre, alors que sa fibre est utilisée dans plusieurs secteurs, dont celui des pâtes et papiers, des matériaux de construction, de la plasturgie et des isolants.

« On n’est pas du tout dans le même registre », a mentionné Stéphane Borderieux, président de la Fédération nationale des producteurs de chanvre, en France, un pays producteur de chanvre depuis 1932, étant encadré par une réglementation stricte.

Au Québec, la grande majorité de la production du chanvre est biologique et vise le monde de la consommation. « La graine du chanvre ressemble à une amande, qui est extrêmement riche en protéines », a souligné le président des Producteurs de chanvre du Québec, Jacques Dallaire.

Parmi les invités du colloque, le vice-président de Nature Fibres et président de Matériaux Écologiques pour la Maison, Sébastien Bélec, a fait savoir que les propriétés du chanvre dans le secteur de la construction dépassaient largement celles des matériaux issus de la pétrochimie fréquemment utilisés.

« Si on compare un isolant à base de chanvre à un isolant de fibre de verre, c’est comme comparer une voiture Mercedez à une Honda, a illustré M. Bélec. D’un point de vue économique, le chanvre se situe entre l’isolant le moins cher et le plus cher. »

Les intervenants de jeudi s’entendaient pour dire que la simple commercialisation du grain du chanvre était insuffisante pour être rentable. Le temps est venu de diversifier la filière du chanvre au Québec, à condition d’augmenter sa production.

Selon des données fournies durant le colloque, 55 380 hectares de terre ont servi à la production de chanvre au Canada en 2017.

Un projet toujours dans l’air

Le maire de Desbiens a déjà fait part de son intérêt de produire du chanvre sur le territoire de la municipalité, mais également du cannabis pour fournir les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC). Nicolas Martel a confié qu’un projet est plus qu’avancé.

« On travaille là-dessus avec des intervenants et ça avance drôlement. À un point tel qu’on pense être en mesure de faire des annonces avant l’été », a affirmé le maire.

Le projet viserait à marier la transformation de chanvre et de cannabis dans une même usine. Des sites de production seraient également situés sur le territoire de la municipalité.

« On ne veut pas seulement que des producteurs et gens du milieu s’implantent ici, mais on veut aussi être partenaires dans le projet pour retirer des ristournes. En étant partenaires, une partie des revenus reliés à la culture et à la transformation reviendraient à la municipalité », a prévu Nicolas Martel.

Des hommes d’affaires régionaux ont déjà été approchés afin de connaître leur intérêt.

« Le chanvre peut être un outil de développement économique dans plusieurs sphères », a fait remarquer M. Martel.

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MAIRIE DE SAGUENAY : MARTEL A RENCONTRÉ DOMINIC GAGNON 

(Jonathan Hudon) – La sortie de Nicolas Martel la semaine dernière, concernant son désir de reluquer la mairie de l’une des grandes villes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont Saguenay, a connu une suite au cours des derniers jours. Une rencontre entre lui et le chef du Parti des citoyens de Saguenay, Dominic Gagnon, a eu lieu.

M. Martel a confirmé avoir parlé avec l’urgentologue, peu de temps après sa sortie médiatique. Il n’est pas entré dans les détails des sujets abordés, mais il est convenu que les deux hommes vont se réunir à nouveau.

« C’était une rencontre très satisfaisante de part et d’autre et on a eu une bonne discussion, a mentionné Nicolas Martel. On a discuté du futur et il voulait connaître mon intérêt. »

Maire de la ville extrême, Nicolas Martel ne cache pas que le poste de premier magistrat d’une grande ville faire partie de ses priorités. Employé au ministère de l’Éducation, il est prêt à se concentrer uniquement sur la gestion d’une ville.

« J’adore la politique municipale et je voudrais être maire à temps plein. Ça fait 10 ans que j’ai deux emplois et je suis tanné. Saguenay est mon choix numéro un », a tranché M. Martel.