Discussion sur la relance économique avec la ministre Mélanie Joly

La crise affecte les entreprises, municipalités et organisations de partout sur le territoire régional. Avec le début du déconfinement, la relance économique est sur toutes les lèvres. Une cinquantaine de membres de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF) étaient réunis virtuellement vendredi afin de participer à un échange avec la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, dans le but de faire part de leurs préoccupations et d’obtenir réponse à certains questionnements relatifs à la crise et à son impact.

L’activité-causerie a été offerte dans le cadre des RDV Politiques de la CCISF à la demande du gouvernement canadien qui tente de dresser un portrait de la situation par l’entremise des différents intervenants de son territoire.

L’impact sur l’industrie touristique, l’achat local, l’adaptation des programmes gouvernementaux aux entreprises issues des petites municipalités, les grands projets et l’aide qui sera apportée pour supporter les entreprises petites, moyennes et grandes, préoccupent particulièrement les intervenants qui étaient réunis.

Beaucoup de questions

La ministre a amorcé la rencontre en dressant un bref portrait des nouvelles mesures mises en place, puis s’est rapidement concentrée sur les questions.

Le maire de Petit-Saguenay, Philôme Lafrance, a notamment interpellé la ministre sur des questions qui touchent directement sa municipalité. « Dans le cadre d’une relance, avez-vous une ouverture pour moduler davantage les programmes de Développement économique Canada qui sont réservés aux projets d’innovation pour qu’éventuellement, nous aussi on puisse aller en 2e ou 3e transformation ? »

Un projet important qui doit bénéficier d’un fonds moyennant un investissement de l’entreprise en cause inquiète également le maire. « Cette entreprise ne pourra pas investir le montant qu’elle devait en raison de la crise si on ne modifie pas les règles, » a-t-il affirmé à la ministre qui a promis d’étudier la question dans les prochaines semaines.

Le PDG de Charl-Pol, Richard Tremblay, a interrogé la ministre Joly sur l’intention du gouvernement de simplifier le processus d’approbation des grands projets et de leur accorder un appui financier afin de relancer l’économie. « On a l’opportunité d’avoir ces projets qui s’installent chez nous. Si on les laisse passer, ils iront dans des pays où ce sera pire pour l’environnement. En plus, on va être perdant en nombre d’emplois. »

« Notre objectif est de faciliter l’investissement au Canada et d’arriver à un bon équilibre entre la question environnementale et la question économique. Présentement, on est beaucoup dans la stabilisation de l’économie », a répondu la ministre Joly.

Le sort des travailleurs saisonniers, de l’industrie touristique, l’achat local et le commerce international ont également été abordés par les intervenants.

Pouls des régions

La ministre Joly a insisté sur l’importance des chambres de commerce pour prendre le pouls dans les différentes régions.

« Les chambres de commerce sont devenues extrêmement importantes. Au départ, les subventions salariales étaient de 10 % et elles sont passées à 75 % avec les discussions. Sans tout ce ‘‘feedback’’, je ne suis pas sûre que ça aurait bougé. On veut votre point de vue puisque c’est sur cette base-là qu’on prend des décisions », a-t-elle dit.

« Les marchés fonctionnent sur la confiance. Plus on est capables de regarder l’avenir de façon positive, plus on est capables de relancer. Comme gouvernement, on essaie de vous apporter le plus de certitudes possible », a-t-elle conclu avant d’inviter les intervenants à poursuivre la conversation dans quelques semaines.