Discovery Air signe pour 10 ans

C’était jour de fête mardi à l’entreprise Discovery Air qui emploie une quarantaine de personnes au Saguenay. La compagnie vient de signer, avec le gouvernement canadien, le plus important contrat de son histoire.

L’entente de 10 ans, renouvelable pour deux ans en plus d’une option supplémentaire de 17 mois, permettra aux Alphajet de continuer de participer à l’entraînement des pilotes de CF-18 dans le ciel saguenéen et ailleurs au Canada en leur servant d’ennemis.

Le contrat de plusieurs centaines de millions de dollars génère des économies importantes pour la Défense nationale puisque les Alphajet de DA Defence permettent d’économiser des heures de vol de CF-18, ceux-ci n’étant pas obligés de servir d’ennemis aux pilotes à l’entraînement.

Cette entente survient à la suite d’une longue période d’incertitude, car les Alphajet sont d’anciens avions militaires européens qu’il fallait convertir en avions civils pour voler au Canada. Or, si les avions militaires ne sont pas soumis aux normes de Transport Canada pour obtenir un certificat de navigabilité leur donnant droit de voler, il en va autrement pour les aéronefs civils et la certification fut longue et difficile.

À la conquête du monde

Le contrat signé avec la Défense nationale mardi consolide ses activités jusqu’en 2031 et lui ouvre la porte d’autres pays pour des contrats de service destinés à l’entraînement des pilotes militaires. En effet, indique son président fondateur Didier Toussaint, Discovery Air est la seule compagnie privée au monde possédant une flotte d’avions militaires décommissionnés (civils) disposant d’un certificat de navigabilité commercial. En d’autres termes, cela veut dire que ses avions, qui répondent aux normes de sécurité canadiennes – les plus sévères au monde – peuvent êtres exploités commercialement dans n’importe quel pays.

« Ils vont devenir le leader mondial dans leur domaine », s’est réjoui le député de Chicoutimi-Le Fjord, Denis Lemieux. Lui-même pilote professionnel, le député Lemieux connaît bien les enjeux reliés à la certification des aéronefs. D’ailleurs, le processus fut extrêmement long pour Discovery Air qui exploite sa flotte d’Alphajet depuis 2005. Transport Canada avait adopté à l’époque une politique de « tolérance » à l’égard de DA pour lui permettre d’exploiter ses avions. Mais cette politique fut abolie en 2016, amenant une période d’incertitude, le temps de rédiger une nouvelle réglementation mieux adaptée aux appareils militaires devenus civils. De son côté, explique M. Toussaint, Discovery Air a dû s’engager à faire certains investissements sur ses avions pour rencontrer la nouvelle norme dictée en mai 2017.

« Tout ça est maintenant derrière nous », se réjouit M. Toussaint, qui attendait depuis huit ans l’aboutissement de ce processus d’attribution de ce contrat à très long terme.

Le patron de Discovery Air Defence ne dévoile pas le montant du contrat ni les emplois qui y sont rattachés, laissant au gouvernement fédéral le soin d’en faire l’annonce. Mais il admet qu’il lui faudra maintenant réfléchir aux plans d’avenir de sa compagnie à l’aéroport de Bagotville qui loue actuellement le hangar de Promotion Saguenay situé à côté du terminal civil.

DA Defence avait signé son premier contrat de trois ans avec le gouvernement canadien en 2005, avec une possibilité de prolongation de deux ans. Celui-ci avait été renouvelé d’année en année à titre intérimaire, en attendant d’aller en appel d’offres pour le contrat à long terme que l’entreprise a décroché cette semaine. Selon certaines informations, le fabricant de simulateurs de vol CAE, qui est déjà sous contrat avec la Défense nationale, était également sur les rangs.

Le député fédéral de Chicoutimi Le Fjord, Denis Lemieux, le gestionnaire de Discovery Air Defence au Saguenay, Réjean Boulianne, et les employés se réjouissent du contrat de plus de 10 ans que vient de décrocher l’entreprise établie au Saguenay avec le gouvernement canadien.

66 000 heures de vol sans incident

Discovery Air Defence est le fournisseur des services d’entraînement aéroportés clés en main le plus expérimenté au monde avec 66 000 heures de vol sans incident.

Elle dessert quatre bases au Canada et avec sa filiale américaine Top Aces, elle est le fournisseur exclusif des forces allemandes et australienne. Au Canada, elle participe à l’entraînement des pilotes de CF-18 aux deux bases de Bagotville et Cold Lake, et à celui de la Marine canadienne (pour la détection et l’interception d’avions ennemis) à partir des bases de Victoria et Halifax.

Sa flotte compte 20 Alphajet répartis à travers le monde auxquels vont s’ajouter 29 F-16 de General Dynamics, des appareils de plus haute performance. « Nous avons passé une entente avec un pays pour l’acquisition de ces avions », explique Didier Toussaint. Ce dernier ne peut prédire si on pourra voir des F-16 Fighting Falcon combattre les CF-18 Hornet à Bagotville, puisque la demande devra venir de la Défense nationale. « La flotte de F-16 sera liée à tous les marchés où on nous demandera des avions de quatrième génération (de la même classe que le F-18, le F-15 et autre MiG 29) », explique M. Toussaint.

Discovery Air Defence a été fondée par d’anciens pilotes de CF-18 et emploie des pilotes de chasse à la retraite. M. Toussaint fut pilote de CF-18 pour l’Escadron 425 de 1993 à 1999.