Difficile de trouver des préposés aux bénéficiaires en temps de pandémie

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
S’ils sont essentiels en temps de pandémie, les préposés aux bénéficiaires (PAB) sont toujours difficiles à trouver et la situation actuelle ne semble qu’empirer la situation. Malgré les bonifications de salaire annoncées par le gouvernement, Isabelle Tremblay, propriétaire de deux résidences intermédiaires au Saguenay, a perdu deux employés depuis le début de la crise.

Dans un sondage réalisé par l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ), on démontre que le réseau québécois des ressources intermédiaires (RI) a perdu quelque 1800 employés dans les dernières semaines. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il manque une cinquantaine de personnes.

Mme Tremblay est propriétaire de deux résidences intermédiaires (La Maison d’Éloise de Jonquière et La Maison d’Éloise de Chicoutimi). Sur ses 26 PAB, deux ont donné leur démission par peur d’attraper le virus.

« Les deux PAB qui sont partis travaillaient dans la résidence où les usagers sont des personnes âgées qui souffrent de démence ou d’Azheimer et de déficience physique. Ça prend des gens qui sont formés pour prendre soin de cette clientèle et, en pleine crise, quand les formations sont quasiment inaccessibles, c’est très difficile de trouver du personnel », a indiqué la propriétaire.

Elle avouait que si elle perdait un autre employé, elle serait vraiment mal prise. De nombreux changements ont été apportés aux horaires et aux tâches à cause de ces départs. Mais la chance a souri à Mme Tremblay qui a tout de même réussi à trouver une nouvelle employée qualifiée malgré la crise.

Bonus de 4 $ de l’heure

Les bonus annoncés par le gouvernement sont bienvenus, mais toujours insuffisants pour combler le manque de main-d’œuvre. Si le gouvernement donne 4 $ supplémentaire en temps de crise, la propriétaire a elle aussi augmenté les salaires d’un dollar de l’heure, afin de garder ses employés motivés et de se démarquer des autres résidences.

Elle espère que le fait que les projecteurs soient de plus en plus sur la profession aide les employés à avoir de meilleures conditions de travail. « Ça fait longtemps qu’on dit que le métier de PAB est un métier important et qu’il devrait être davantage reconnu. Sans eux, il n’y a personne pour s’occuper de nos résidents, des gens qui en ont besoin », a-t-elle rappelé.

Elle voit dans la pandémie une opportunité de dire au monde entier que les PAB sont essentiels et qu’ils font la différence auprès de ceux qui en ont besoin. Elle espère que la prime grandement méritée annoncée par le gouvernement restera même après la crise.