Denis Lemieux

D’ex-employés se vident le coeur

Les changements promis au sein de Promotion Saguenay ne se font pas sans heurts. La mise à pied, jeudi dernier, du directeur du Service d’immigration d’affaires de l’organisation, Sereyrath Srin, a fait délier les langues parmi d’ex-employés qui soutiennent avoir fait l’objet d’un traitement plutôt « cavalier » avant qu’on mette fin à leur emploi ces dernières semaines. Ces personnes ont décidé de témoigner à visière levée.

Le premier cas est celui de Sami Emmanuel Schroeder-Tabah qui, jusqu’au 6 août dernier, occupait un poste d’agent aux communications et marketing à Promotion Saguenay. M. Schroeder-Tabah était en emploi à ce poste depuis octobre 2016.

Au retour de ses vacances, ce lundi-là, M. Schroeder-Tabah a été convoqué au bureau de sa supérieure, Isabelle Gagnon, qui l’informe que son poste est supprimé pour des motifs budgétaires et qu’il ne dispose que de quelques heures pour quitter son lieu de travail.

En entrevue, l’ex-agent aux communications soutient avoir toujours eu de bonnes relations avec l’équipe de Promotion Saguenay, qu’il qualifie de formidable, mais ajoute qu’il y a présentement « de la malhonnêteté » de la part de la mairesse Josée Néron dans la façon dont on procède à la réorganisation de Promotion Saguenay.

Selon lui, Mme Néron tient un double discours en laissant croire aux employés de Promotion Saguenay et aux citoyens que personne n’avait à s’inquiéter et que nul ne perdrait son emploi, ce qui est totalement faux, selon lui. Ces propos ont également été tenus lors de la dernière séance du conseil municipal par le conseiller Michel Potvin, lorsqu’interrogé par un citoyen

Retraite précipitée
Une autre personne qui se plaint du traitement dont elle a été l’objet est Michèle McLean qui, jusqu’à vendredi dernier, occupait le poste d’adjointe à la direction générale de Promotion Saguenay. Mme McLean compte 32 ans d’expérience au sein de l’appareil municipal. Avant la fusion municipale, elle occupait un poste à la Société touristique du fjord de La Baie.

Le 20 août dernier, à son retour d’un congé-maladie de quatre mois, Mme McLean a vite décelé que quelque chose n’allait pas en raison « de l’attitude » du nouveau directeur général, Denis Lemieux. « Il m’a ignorée et ne m’a pas remis dans les fonctions que j’occupais auparavant. »

Elle constate alors que Hélène Tremblay, une ex-candidate du Parti des citoyens de Saguenay, a hérité des tâches dédiées à la vice-présidence exécutive. Par le biais de la vice-présidente exécutive, Priscilla Nemey, Mme McLean s’est vue offrir une mutation à une autre fonction ou la possibilité de prendre sa retraite.

Elle affirme qu’elle a été tassée en n’étant pas informée des rencontres auxquelles elle devait participer. Elle a notamment été écartée pour la préparation de la dernière réunion du conseil d’administration tenue lundi dernier, ce qui confirme, selon elle, l’intention de son employeur de la « tasser ».

En cours de route, l’offre initiale a été modifiée pour se limiter à la retraite. Devant ces faits, Mme McLean a décidé de rencontrer M. Lemieux, tôt mardi matin, pour l’informer de son départ à la retraite anticipée. « Lors de la rencontre, je lui ai dit des choses pour me vider le cœur. Il n’a rien dit et m’a remerciée de ma franchise », rapporte-t-elle.

Une copie de sa lettre de départ a été remise à la mairesse Néron, à Mme Nemey ainsi qu’à Martine Racine, directrice aux finances. Mme McLean estime qu’à 66 ans, elle n’a plus rien à perdre. « Ce n’est pas une belle fin pour moi. J’ai préféré choisir ma santé plutôt que mon travail. Denis Lemieux est un corps sans âme. J’ai toujours travaillé avec des personnes qui me respectaient. Je n’ai jamais vécu de telles situations », signe-t-elle.

Face à la situation, elle n’exclut pas de recourir à la voie juridique pour faire reconnaître ses droits en vertu des lois du travail. Sur le plan technique, Mme McLean est encore à l’emploi de Promotion Saguenay puisqu’elle doit écouler sept semaines de vacances accumulées.

Du côté du cabinet de la mairesse, la porte-parole Cindy Girard a mentionné que Mme Néron ne commenterait pas les dossiers d’ordre administratif relevant de Promotion Saguenay.

À Promotion Saguenay, la directrice des communications et du marketing Ruth Vandal a fait savoir, par courriel, que le statut d’Hélène Tremblay est celui d’employée temporaire, soit le même qu’à son arrivée.

Elle y ajoute que si un jour cette dernière devient employée permanente, elle aura d’abord franchi le processus en vigueur, soit un affichage interne et externe, l’analyse des candidatures et des entrevues, une recommandation du comité des ressources humaines et l’approbation par le conseil d’administration.