La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a convié les membres du conseil à une séance plénière, lundi matin, avant la séance extraordinaire portant sur la deuxième mouture du budget, sur l’heure du midi.
La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a convié les membres du conseil à une séance plénière, lundi matin, avant la séance extraordinaire portant sur la deuxième mouture du budget, sur l’heure du midi.

Deuxième mouture du budget de Saguenay: un terrain d’entente en vue

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
La nouvelle mouture du budget 2020 de Saguenay, qui sera soumise au vote du conseil municipal lundi, récolte l’appui de différents élus, qui souhaitent en arriver à un terrain d’entente après le rejet du budget par 11 conseillers indépendants. Deux résolutions portant sur le redressement des finances de la municipalité doivent également être déposées.

Le vote sur la deuxième version du budget aura lieu lundi midi, lors d’une séance extraordinaire du conseil municipal à l’hôtel de ville de Saguenay. Les 15 élus du conseil ont auparavant été conviés à 9 h à une séance plénière afin de discuter des modifications proposées au budget et au Plan triennal d’immobilisations.

Le conseiller Kevin Armstrong

Les élus consultés par Le Progrès vendredi comptaient prendre part à l’exercice initié par la mairesse de Saguenay, Josée Néron, qui a eu des échanges avec différents membres du conseil au cours de la dernière semaine.

La majorité des conseillers municipaux auraient également déjà consulté les documents de la dernière version du budget, rendus accessibles aux élus vendredi dernier, en marge d’une séance extraordinaire du conseil, deux jours après le rejet de la première mouture du budget présentée le 18 décembre.

La présidente de l’arrondissement de Jonquière, Julie Dufour

Lors du premier exercice, seuls les conseillers Kevin Armstrong, Julie Dufour et Simon Olivier-Côté avaient pris connaissance des documents déposés en consultation. Les conseillers indépendants ne s’étaient également pas présentés à la séance plénière prévue au cabinet de la mairesse et s’étaient plutôt rassemblés au restaurant Mike’s de la rue Racine pour discuter du budget. Ils avaient ensuite voté contre le budget déposé, plusieurs invoquant l’augmentation, jugée trop élevée, de la dette de la Ville, de 40 M $ en un an.

Des appuis

Le président de l’arrondissement de Chicoutimi, Michel Tremblay, compte voter en faveur de la deuxième version du budget qu’il a consultée. « À date, le budget me plaît », a-t-il indiqué.

Michel Potvin, président de la Commission des finances, a bon espoir que la deuxième mouture du budget sera adoptée lundi.

Les élus lui semblent satisfaits en général des modifications apportées. « On a eu une bonne réunion dans l’après-midi [vendredi le 20 décembre], puis je pense que le monde se comprend mieux et que ça va aller mieux », a-t-il avancé.

Éric Simard, président de l’arrondissement de La Baie, a pour sa part mentionné que la décision des trois élus baieriverains était fixée, après qu’ils aient pris connaissance du nouveau budget. « On s’est réuni les trois et on est pour le budget », a-t-il affirmé, en ajoutant qu’il s’attendait à ce que la majorité des élus appuient le document.

Les conseillers municipaux de La Baie, Raynald Simard, Éric Simard, qui est également président de l’arrondissement, et Martin Harvey

La présidente de l’arrondissement de Jonquière, Julie Dufour, a préféré de son côté s’abstenir de se prononcer sur le dossier et sur l’accueil de la nouvelle mouture par les collègues de son arrondissement. « J’ai encore quelques questions, mais il y a tout de même des changements qui sont significatifs », a-t-elle commenté.

Selon les informations publiées dans la dernière édition du Progrès, la hausse de taxe proposée dans la nouvelle version du budget se rapprocherait de l’Indice des prix à la consommation, qui atteignait 2,2 % en novembre dernier selon la Banque du Canada, alors qu’une hausse de 1,9 % avait tout d’abord été soumise. Les projets structurants seraient également retirés du plan triennal.

La première version du budget de Saguenay a été rejetée le 18 décembre.

Deux résolutions

Michel Potvin, président de la Commission des finances, a partagé avoir bon espoir que le budget soit adopté lundi, après avoir eu plusieurs discussions avec des conseillers et la mairesse cette semaine.

« Il faut retomber sur nos pattes, a-t-il soutenu. Là, on a deux choix : on fait la guerre rangée ou on collabore tous ensemble. Je pars du principe qu’on a des bons conseillers, qui ont des bonnes idées, et il faut construire avec ce monde-là. »

Michel Potvin, président de la Commission des finances, a bon espoir que la deuxième mouture du budget sera adoptée lundi.

Deux résolutions portant sur le redressement des finances de la municipalité doivent être déposées lundi, l’une travaillée par M. Potvin et Josée Néron, et l’autre par le conseiller jonquiérois Kevin Armstrong, a indiqué le grand argentier de Saguenay. « Elles vont toutes les deux dans le même sens », s’est-il contenté de commenter, sans vouloir aller dans les détails.

Celle du conseiller Armstrong proposerait des mesures détaillées sur un horizon de dix ans. Kevin Armstrong, qui est également membre de la Commission des finances, avait présenté un document de 54 pages sur le redressement financier de la Ville lors du rejet du budget. Le conseiller n’a pas rendu l’appel du Progrès vendredi.

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ET SI LE BUDGET N'EST PAS ADOPTÉ LUNDI?

Si le budget 2020 de Saguenay n’est pas adopté au plus tard le 31 décembre, soit mardi prochain, le 1/12 de chacun des crédits prévus au budget de l’exercice précédent est alors réputé comme adopté à partir du 1er janvier, selon ce que prévoit la Loi sur les cités et villes, la loi québécoise qui encadre les municipalités de la province.

La même logique est ensuite appliquée au début de chaque mois qui suit, jusqu’à ce que le budget soit adopté. Une telle situation causerait un casse-tête administratif pour la Ville de Saguenay, alors que chaque contribuable reçoit habituellement au mois de janvier son compte de taxes, lequel peut être payé en deux versements, en février et en juin.

Selon la Loi sur les cités et villes, les municipalités sont tenues de préparer et d’adopter le prochain exercice financier chaque année dans la période du 15 novembre au 31 décembre.

Lors d’une année d’élection générale, la période est cependant prolongée jusqu’au 31 janvier de l’année suivante. 

La loi prévoit également que le ministre responsable – la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation Andrée Laforest, dans le cas présent – a la possibilité de prolonger les délais prévus.

Le programme des immobilisations de la municipalité, communément appelé plan triennal, doit également être adopté au plus tard le 31 décembre.