Voilà à quoi ressemblait le site après l'avalanche survenu lundi. On aperçoit Sylvain Rheault quelques instants après l'événement..

Deux randonneurs ont frôlé la mort

Fabrice Tremblay et Sylvain Rheault, deux amateurs de « split board » du Saguenay, ont frôlé la mort lundi dernier alors qu'ils ont affronté une avalanche sur la Montagne blanche à L'Anse-Saint-Jean, au moment où ils en faisaient l'ascension.
Cette montagne qui constitue l'un des plus hauts sommets du Bas-Saguenay a déjà tué une personne en 1985 à la suite d'un décrochage de neige.
MM. Tremblay et Rheault, âgés de 40 et 38 ans respectivement, se décrivent comme deux amateurs de plein air depuis une trentaine d'années, fréquentant plusieurs massifs montagneux comme les Chics-Chocs en Gaspésie. Ils ont quitté Saint-Honoré lundi dernier pour pratiquer le « split board » en faisant l'ascension de la montagne Blanche dans le Parc du Saguenay.
« Cet endroit comprend une zone alpine sans arbres. Lors de notre ascension, on a constaté la présence de mottons de neige. Au fur et à mesure qu'on grimpait, on entendait un bruit sourd dans la neige. Sur la paroi de gauche, plus bas, on avait constaté la présence d'arbres d'environ quatre pouces qui avaient été cassés et une couche de neige d'environ deux pouces. J'ai dit à mon ami qu'il fallait se méfier puisque c'étaient des signes qu'il y avait eu une première avalanche environ une semaine plus tôt », raconte M. Tremblay.
Le sportif a décidé de se diriger vers un escarpement plus bas pour attendre son compagnon. À environ un mètre devant lui, il a vu apparaître une fracture dans la neige qui a eu pour effet de l'entraîner vers le bas. « J'ai réussi à sauter par dessus et j'ai vu une seconde fracture apparaître. Je me suis rendu compte que mon copain s'était déplacé latéralement, ce qui lui a permis d'éviter le pire ».
En faisant un portrait de la situation, MM. Tremblay et Rheault évaluent que l'avalanche sur la montagne Blanche s'est produite à la suite d'une fracture d'environ 150 pieds de largeur par cinq pieds d'épaisseur sur une distance d'environ 300 pieds. « On est passés par toute une gamme d'émotions avec beaucoup d'adrénaline dans le sang. C'est après qu'on a réalisé la situation. Ce n'est pas garanti qu'il n'y en aura pas d'autres. On a passé la journée sur le flottant ».
Le skieur avoue après les faits avoir reçu beaucoup de signes annonciateurs de l'avalanche et que le duo aurait dû se méfier davantage sur ce sommet d'environ 800 à 900 mètres d'altitude.
L'hypothèse à l'origine de l'avalanche, selon lui, serait que des plaques de neige se sont formées au sommet de la montagne sans couverture forestière à la suite des vents d'Est qui ont soufflé la semaine dernière. Le passage des skieurs plus bas aurait contribué au déclenchement avalancheux.