L'avion qui s'est écrasé à 10 kilomètres au nord de Schefferville est un Piper Navajo de la compagnie Exact Air, ici photographié lors d'un atterrissage à Val-d'Or.

Deux pilotes d'Exact Air meurent à Schefferville

Deux pilotes de la compagnie Exact Air de Saint-Honoré ont perdu la vie dimanche soir vers 20h lorsque leur appareil Piper Navajo s'est écrasé à une dizaine de kilomètres au nord de Schefferville.
C'est ce qu'a confirmé le coroner Bernard Lefrançois à la Presse canadienne tard lundi soir. Auparavant, ni la Sûreté du Québec (SQ) ni le Bureau de la sécurité des transports (BST) n'étaient en mesure de confirmer quoi que ce soit.
Une visite du Quotidien en soirée dans les bureaux d'Exact Air, situés près de l'aéroport de Saint-Honoré, a permis d'apprendre que les deux victimes étaient originaires de la région. Toutefois, les appels logés auprès d'un responsable de l'entreprise, qui s'est rendu sur place, n'ont pas été retournés.
«Les pilotes n'effectuaient pas de manoeuvre d'atterrissage», a précisé Me Lefrançois à la PC, ajoutant que l'enquête était au tout début.
Depuis quelques années, Exact Air a développé une expertise en levée géophysique aéroportée, un exercice au cours duquel un avion survole le territoire pour relever des données sur le sol avec des appareils spécialisés à bord. C'est une opération qui constitue la première phase d'exploitation minière. Ce type de vol se ferait à très basse altitude, soit de 50 à 100 pieds au-dessus du sol.
L'appareil était un bimoteur et peut accueillir entre cinq et sept passagers.
Le BST sur place
Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a dépêché deux enquêteurs, qui devaient se trouver sur le lieu de l'incident lundi soir. En entrevue avec Le Quotidien, le porte-parole Alexandre Fournier a indiqué qu'il n'avait pas eu de retour de la part des deux enquêteurs. Il a mentionné qu'ils devaient se rendre sur le site de l'écrasement. Il a ajouté que plus de détails seraient fournis mardi.
Selon les informations transmises par la SQ, l'avion qui s'est écrasé était un des deux appareils en vol. Le premier s'est posé sans problème à l'aéroport de Schefferville, dimanche soir. Un équipage de recherche a décollé à bord d'un hélicoptère et, peu après, a repéré au sol une carcasse d'avion, sans toutefois pouvoir se poser. C'est donc à l'aide de motoneiges que les secouristes ont pu s'approcher de l'appareil.
Lundi matin, les secouristes des Forces canadiennes et de la SQ, qui ont pu accéder au site de l'accident grâce à des motoneiges, avaient trouvé une personne inconsciente alors que l'autre occupant de l'avion demeurait introuvable.
La personne introuvable aurait été éjectée de l'appareil, selon Me Lefrançois. Avec La Presse canadienne
Un second écrasement
Il s'agirait du deuxième accident mortel à survenir chez Exact Air. Le 9 décembre 2009, un Beech King Air 100 était entré en contact contre la cime des arbres à moins de cinq kilomètres de la piste de l'aéroport de Saint-Honoré. Selon le rapport du BST publié en 2012, l'accident avait peut-être été causé par la confusion venant des lumières de la mine Niobec que les pilotes ont prises pour celles de la station-service de Saint-Honoré. La situation avait pu faire en sorte que les pilotes d'Exact Air, Vincent Bradette et Jean-Yves Boutin, étaient descendus sous l'altitude minimale d'approche aux instruments. 
Une autre compagnie alors propriété de l'homme d'affaires saguenéen Benoît Allard, Héli-Excel, avait été impliquée dans un écrasement mortel en 2010 à Sept-Îles. Trois monteurs de ligne avaient péri, tout comme le pilote, lorsque leur hélicoptère AS-350 s'était écrasé à la jonction des rivières Moisie et Nipissis. Selon le rapport du BST rendu public en mars 2013, un excédent de bagages aurait pu être en cause. Le BST avait indiqué que le pilote avait réduit la quantité de carburant pour compenser le poids supplémentaire des bagages.