La mairesse Josée Néron a fait l’annonce entourée du conseiller Jean-Marc Crevier, du directeur général de la STS Jean-Louis Roberge, et du président de la STS, le conseiller Marc Pettersen.
La mairesse Josée Néron a fait l’annonce entourée du conseiller Jean-Marc Crevier, du directeur général de la STS Jean-Louis Roberge, et du président de la STS, le conseiller Marc Pettersen.

Deux mois de gratuité à la STS

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, croit que la gratuité du transport en commun pendant les deux prochains mois pourra permettre aux citoyens de Saguenay de découvrir ce service tout en contribuant à la relance économique dans la région, qui fait face aux plus importants défis de la COVID-19.

Les administrateurs de la Société de transport de Saguenay et la mairesse ont tenu un point de presse, mercredi matin, afin de confirmer la gratuité pendant les deux prochains mois. Josée Néron avait proposé au conseil d’administration de la STS d’offrir la gratuité pour les mois de juillet d’août, et cette proposition a été acceptée lors de la séance de lundi soir.

« On invite les citoyens à utiliser le transport en commun pour faire une visite de la ville. Il est possible de réaliser des circuits avec des haltes au centre commercial et au centre-ville. On peut aussi profiter du transport en commun pour se rendre à des spectacles qui auront lieu ou d’autres activités », a expliqué la mairesse.

Selon les évaluations préliminaires, le manque à gagner de la STS découlant des différentes mesures mises en place en raison de la pandémie est de deux millions $. Les évaluations n’ont pas été chiffrées sur les coûts additionnels de la gratuité. Pour le président du conseil d’administration de la STS, le conseiller municipal Marc Pettersen, cette initiative permettra de démontrer l’apport du transport en commun dans le scénario de reprise économique.

Son collègue Jean-Marc Crevier propose de son côté aux parents de sensibiliser les adolescents au transport en commun. Il a lui-même convaincu son neveu qu’il devrait utiliser le transport en commun pendant l’été pour se rendre au travail au lieu d’obliger sa mère à le transporter matin et soir. Il soutient qu’il s’agit d’un bon moyen de faire connaître ce service.

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RIO TINTO INQUIÈTE

Le point de presse de mercredi a permis à la mairesse Josée Néron de revenir sur les nouvelles en provenance de la multinationale Rio Tinto, qui abandonne les cuves précuites petit à petit en plus de la disparition de postes de cadres, dont un certain nombre ont été confirmées au cours des dernières heures.

Pour Mme Néron, il est important de soutenir la relance économique sur le territoire de Saguenay puisque les nouvelles en provenance de la grande entreprise ne sont pas très positives.

« J’ai contacté le président du syndicat afin de lui demander s’il était justifié de mobiliser les gens et d’organiser des rencontres avec le gouvernement. Il m’a expliqué que ce n’était pas nécessaire pour le moment, mais ce n’est pas exclu », rappelle la mairesse de Saguenay.

La ville n’a d’autre choix que de s’adresser au gouvernement du Québec pour tout ce qui concerne Rio Tinto. Les différentes ententes sur les investissements et l’exploitation des usines ont été conclues avec le gouvernement et dans l’esprit de la mairesse, il appartient au premier ministre de les faire respecter.

Josée Néron s’est entretenue avec la ministre responsable de la région Andrée Laforest. Elle n’écarte pas la possibilité de réclamer une intervention du premier ministre.

Comme plusieurs, elle s’interroge sur l’avenir des cuves précuites à Jonquière puisque d’ici la fin de l’année, l’entreprise aura mis fin à la production d’une ligne de cuves en tonnage. Le conseiller Jean-Marc Crevier aimerait bien se tromper, mais se rappelle avoir déjà assisté à ce genre de scénario.

« À l’époque des Söderberg, nous avions alerté la population. Les gens nous critiquaient, Alain Proulx et moi, on nous faisait des reproches en raison de notre stratégie. Elle était juste puisque l’entreprise a fermé les Söderberg immédiatement après. Je serais le premier à être content de me tromper cette fois, mais j’ai de sérieux doutes sur les véritables intentions de l’entreprise. »

Jean-Marc Crevier comprend le syndicat de réagir de la sorte puisque cette diminution de production n’a pas d’impact sur les emplois. Mais en fin de compte, poursuit le conseiller municipal, il y aura des conséquences pour tout le domaine de la sous-traitance avec une diminution des contrats associés aux opérations de cette technologie.

L’inquiétude des élus de Saguenay est amplifiée par le mutisme de Rio Tinto sur la reprise de son programme d’investissements dans la région qui comprend le complément du complexe AP60 et la phase 2 de l’aluminerie d’Alma.