Le directeur des études du Cégep de Chicoutimi, Christian Tremblay, et l’enseignante et coordonnatrice du programme de Techniques en soins infirmiers, Julie Lavoie.

Deux fois plus d’infirmières seront formées au Cégep de Chicoutimi

Le Cégep de Chicoutimi fait d’une pierre deux coups en ajoutant une nouvelle cohorte d’étudiantes en soins infirmiers à partir de l’hiver prochain. En plus d’accélérer le parcours scolaire des aspirantes, l’ajout d’une deuxième vague d’étudiantes chaque année viendra pallier en partie la pénurie de main-d’œuvre qui touche le secteur de la santé, espère l’établissement d’enseignement.

À partir de la prochaine session, le cégep devrait donc accueillir une vingtaine de nouvelles candidates qui sortiront avec leur diplôme en 2023. Actuellement, les cohortes d’étudiantes doivent commencer leurs études à l’automne et certains cours obligatoires ne sont offerts qu’une fois l’an, à l’automne, ce qui entraîne parfois des délais pour les étudiantes qui souhaitent commencer leurs études en janvier.

« C’est nouveau pour la région. C’est aussi quelque chose qui vise à aider à régler le problème de pénurie de main-d’œuvre, lequel se fait sentir dans le domaine des soins encore plus. C’est aussi dans le but de maintenir l’intérêt de nos étudiants. Les étudiants de première année qui souhaitent faire un changement de programme, par exemple pour se diriger vers les soins infirmiers, n’auront pas besoin d’attendre l’automne suivant pour s’inscrire », explique le directeur des études du Cégep de Chicoutimi, Christian Tremblay.

Cinquante étudiants

En doublant le nombre de cours donnés chaque année, le nombre de finissants devrait atteindre la cinquantaine annuellement en 2023, contrairement à la vingtaine qui quitte les bancs d’école en ce moment.

Les aspirantes infirmières pourront commencer leur parcours scolaire à l’automne ou à l’hiver, puisque tous les cours de Techniques en soins infirmiers seront dispensés aux six mois au Cégep de Chicoutimi.

« Il y aura toutes les spécialités, toutes les sessions. C’est sûr que ça va augmenter notre clientèle et amener un minimum de cent étudiantes en soins infirmiers sur trois ans », ajoute Julie Lavoie, enseignante et coordonnatrice du programme de Techniques en soins infirmiers au cégep.

En ce qui concerne la pénurie de main-d’œuvre, cette dernière note que les étudiants qui complètent leur première session peuvent déjà travailler à temps partiel comme préposés aux bénéficiaires pendant leurs études. En ajoutant une cohorte supplémentaire, on donne ainsi une possibilité de combler des heures dans ce domaine qui manque lui aussi cruellement de personnel qualifié.

Le Cégep de Chicoutimi prévoit également avoir recours à un plus grand nombre d’enseignants pour remplir ses cases horaires, une situation qui permettra aussi d’amener une spécialisation accrue pour ceux déjà en place.

« C’est déjà difficile de trouver des enseignants en soins infirmiers. C’est sûr qu’en augmentant la clientèle, on va avoir plus d’enseignants, mais ça va aussi donner des enseignants qui vont devenir des experts dans leur spécialité. Le professeur va donner sa spécialité à l’année tandis que – par exemple – en périnatalité, il la donnait juste pendant une session. L’autre session, il allait donner des cours de médecine-chirurgie », explique Mme Lavoie.

Les inscriptions pour la première session d’hiver 2020 débutent dès jeudi sur le site du Service régional de l’admission des cégeps au www.srasl.qc.ca.

ATTIRER PLUS D'ÉTUDIANTS ÉTRANGERS

L’autre intérêt d’ajouter une cohorte de plus au programme de Technique en soins infirmiers, c’est d’offrir plus de flexibilité aux étudiants étrangers, une manne de plus en plus recherchée, autant au Cégep de Chicoutimi que dans les autres établissements d’enseignement de la province. 

« Ceux qui arriveront en janvier pourront compléter le programme en trois ans au lieu de trois ans et demi », explique Julie Lavoie. 

« Le cheminement pour les inscriptions des étudiants internationaux au Canada est parfois long. Il faut être plus souple parce qu’avec les démarches administratives, ils n’arrivent pas toujours dans les délais, au 21 août par exemple, pour le début des cours. Avec la nouvelle cohorte, ça va nous permettre de dire “continue tes démarches et on va pouvoir t’accueillir en janvier et ça va te prendre quand même juste trois ans pour compléter ton diplôme” », ajoute Christian Tremblay, qui rappelle qu’une dizaine d’étudiants étrangers destinés à travailler au Québec s’inscrivent actuellement. Il espère faire grimper ce chiffre avec la mise en place de la nouvelle cohorte hivernale. Notons que le Cégep de Chicoutimi est – avec celui de Sainte-Foy à Québec – l’établissement qui offre le plus grand nombre de formations dans le domaine de la santé dans la province.