Le juge Jean Hudon de la Cour du Québec

Deux ans de prison pour un père abuseur

Un père de famille de Saguenay prend le chemin du pénitencier pour deux ans pour avoir commis des attouchements sexuels sur sa propre fille durant près de quatre ans.
L'individu de 50 ans, dont nous taisons l'identité pour protéger celle de la victime, a mis ses mains sur les seins de l'enfant, a touché sa vulve et a même entré ses doigts dans la vulve de l'adolescente.
Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, a accepté la suggestion commune de Me Nicole Ouellet, de la Couronne, et de Me Claude Beaulieu, de la défense. 
L'abuseur sera soumis à une probation et à un suivi de trois années.
Les gestes se sont répétés à de multiples reprises lorsqu'il avait la garde de ses enfants, une fin de semaine sur deux. 
La victime était âgée de 10 ans et 9 mois, en janvier 2012, lorsque les premières agressions ont débuté et elle avait 14 ans et demi en septembre 2015 lorsque les derniers gestes ont été posés.
Il profitait du fait qu'ils étaient au salon pour se coller sur son enfant et par le fait même abuser d'elle. 
Il lui arrivait même d'aller la retrouver la nuit dans son lit.
L'individu a plaidé coupable le 2 octobre 2016. Il a participé à plusieurs rencontres afin de régler ses problèmes, notamment des lacunes en consommation d'alcool et sexuelles.
Si le pédophile semble repentant aujourd'hui, ce n'était pas tout à fait le cas au moment de son arrestation.
Lors des représentations sur la sentence, Me Beaulieu a fait valoir que son client avait des regrets et ne pouvait en vouloir à son enfant.
«Il est fier que sa fille ait eu le courage de le dénoncer. Elle a fait le bon choix. Il ne lui fait aucun blâme. Il dit ne pas être fier de lui et veut s'en sortir, car il ne veut plus faire de mal à sa fille», d'indiquer Me Beaulieu.
«Il sait qu'il est le seul responsable et qu'il va assumer ce qu'il a fait. Il ne sait pas si sa fille pourra lui pardonner un jour», a poursuivi le procureur de la défense.
Pour le moment, la victime de cette malheureuse affaire ne veut plus avoir de contact avec son père.
«Il est fier que sa fille ait eu le courage de le dénoncer.»
Me Claude Beaulieu
Mais les choses n'étaient pas analysées de la même manière par l'accusé lorsqu'il a été dénoncé par son enfant.
«Il a déclaré aux policiers que sa fille s'habillait de façon aguichante, qu'elle était une jeune femme et lui un homme. Si elle refusait qu'il la touche, il la traitait de sainte ni touche», note Me Ouellet.
«En fait, c'était de la faute de l'enfant si cela était arrivé. Un homme ne peut tenir ce discours à l'endroit d'un enfant et encore moins de son enfant», ajoute-t-elle.
L'individu n'a pas abusé de son autre fillette. Celle-ci se demandait bien pourquoi sa soeur aînée recevait autant d'attention du papa alors que ce n'était pas le cas pour elle.
Du pénitencier
Au cours de leur exposé au tribunal, les deux procureurs ont convenu que les gestes commis par l'individu méritaient une peine au pénitencier.
La fourchette des sentences varie de deux ans moins un jour de prison à six années de pénitencier.
Mais Mes Ouellet et Beaulieu ont convenu que deux années derrière les barreaux et la probation la plus longue, selon le Code criminel canadien, pourraient permettre de protéger la victime sur une certaine période de temps et de donner l'occasion à l'accusé de travailler sur ses problématiques.
Le juge Hudon a d'entrée de jeu indiqué qu'il n'avait aucun problème avec la suggestion commune et qu'il la trouvait sage étant donné que les procureurs avaient prévu une probation et un suivi de trois années.
«Les gestes sont graves et intrusifs. Vous étiez en plus en relation de confiance avec votre enfant. Vous avez aussi compris que ce qui est arrivé n'était pas la faute d'un enfant de 11 ans», a précisé le magistrat.
À sa sortie du pénitencier, l'homme s'installera dans une petite localité du Lac-Saint-Jean.
Il devra fournir un échantillon d'ADN, ne pourra avoir d'armes à feu et sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour le restant de ses jours.
Le juge laisse aussi voir que l'accusé devra se plier aux recommandations de l'agent de probation.
Cela vaut autant pour le suivi sexologique que psychologique.
Il est même suggéré que le client de Me Beaulieu poursuive ses rencontres à la Clinique alternative.
Il a déjà eu 17 rencontres avec une spécialiste, entre janvier 2016 et février 2017.
L'homme ne pourra avoir un ordinateur et Internet et ne pourra se trouver à proximité d'un parc.