L’organisme Destination Lac-Saint-Jean ne répond pas aux attentes trois ans après sa création.

Destination Lac-Saint-Jean: un an pour faire ses preuves

Alors que Destination Lac-Saint-Jean (LSJ) demandait un financement pour cinq ans, l’organisme responsable de la promotion touristique s’est vu octroyer un financement d’une année pour relancer les activités avec un plan de développement stratégique. Trois ans après sa création, les acteurs du territoire soulignent l’importance de travailler ensemble, mais les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.

En 2016, les trois MRC du Lac-Saint-Jean et Mashteuiatsh ont décidé de mettre leurs efforts en commun pour faire la promotion du tourisme au Lac-Saint-Jean. Ils ont alors décidé d’investir un montant total annuel de 173 470 $ dans l’aventure.

Bien que Tourisme Saguenay–Lac-Saint-Jean travaille déjà à la promotion touristique sur tout le territoire, les élus voulaient se doter d’un outil supplémentaire pour en faire la promotion, un peu comme le fait Promotion Saguenay.

Rapport d’activités

Dans un rapport des activités de 2016 à 2019, on peut, par exemple, lire que l’organisme réalise la carte touristique (56 000 exemplaires), le site Web lacsaintjean.com (141 000 pages vues en 2019), la page Facebook (4688 abonnés) et la page Instagram (1267 abonnés). Destination LSJ a également réalisé une vidéo estivale (72 000 vues), une publicité sur Tou.tv ainsi que des publicités sur Google.

Au cours des premières années, Destination LSJ avait mis sur pied un programme de financement des événements, investissant un total de 131 000 $ dans des événements comme la Traversée du lac Saint-Jean à vélo, le Festival du cowboy de Chambord, le Challenge Pink Water et le Grand rassemblement des Premières Nations, lorsqu’ils voulaient développer de nouveaux marchés. Toutefois, ce programme a été mis de côté.

« Les élus ont pris la décision que notre rôle est de faire de la promotion et non pas du développement », remarque le président de Destination LSJ, André Fortin, également maire de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

Des acteurs touristiques sur le territoire, qui préfèrent garder l’anonymat, critiquent toutefois cette décision, tout en ajoutant que l’argent investi jusqu’à maintenant n’a pas apporté les résultats escomptés.

Par exemple, la Traversée du lac Saint-Jean à vélo, un produit phare qui génère d’importantes retombées marketing dans les médias, a failli disparaître cette année. « À quoi bon faire du marketing si nos produits phares disparaissent ? », a-t-on demandé.

Ces derniers estiment qu’une portion du budget pourrait être allouée pour soutenir des événements qui ont une grande portée promotionnelle.

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L'IMPORTANCE DE TRAVAILLER ENSEMBLE FAIT CONSENSUS

Malgré les divergences d’opinions sur les actions à mettre en place, tous les acteurs du milieu ont souligné l’importance de travailler ensemble pour structurer une marque de commerce commune. « Destination Lac-Saint-Jean est un des rares organismes qui regroupent les trois MRC et Mashteuiatsh », note son président, André Fortin. Jeannot Tremblay, directeur au développement touristique à Tourisme Dolbeau-Mistassini, abonde dans le même sens. « On ne peut pas se permettre de travailler en silo, dit-il. On doit se parler pour améliorer le positionnement de l’offre régionale. »

Pour Luc Simard, préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, il est maintenant temps d’élaborer une vision commune. « On a lancé l’organisme avec une vision et des attentes différentes, et on doit maintenant définir quels créneaux on veut promouvoir », dit-il.

La planification stratégique de Destination LSJ, qui emploie une coordonnatrice à plein temps, devra tenir compte de la nouvelle réalité sur le territoire, car en 2016, seule la MRC de Lac-Saint-Jean Est avait une ressource dédiée au tourisme. Aujourd’hui, chaque MRC a désormais une ressource touristique, ainsi que la Ville de Dolbeau-Mistassini.

Selon Yannick Baillargeon, préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, Destination Lac-Saint-Jean doit également démontrer qu’il fait la promotion de tout le Lac-Saint-Jean. « On doit arrimer les ressources pour que tout le monde soit gagnant. En se regroupant, on est plus forts », note-t-il.

Gouvernance à revoir ?

Certains acteurs touristiques estiment que la gouvernance de Destination LSJ devrait aussi être revue. Par exemple, l’assemblée générale annuelle se tient à huis clos, où seuls les membres du conseil d’administration, choisis par les MRC et Mashteuiatsh, peuvent être présents. Pour plus de transparence, l’organisme, qui gère un budget annuel de 173  470 $ de fonds publics, devrait démontrer davantage d’ouverture, dit-on.

André Fortin estime que des modifications à la gouvernance pourraient être faites pour démontrer que « l’argent public est bien dépensé ». Selon ce dernier, Destination Lac-Saint-Jean est à un point tournant de son histoire, alors que le plan de développement stratégique, qui sera dévoilé à l’automne, permettra de positionner les actions de l’organisme, lequel souhaite obtenir du financement pour les cinq prochaines années. Outre la planification stratégique, l’organisme souhaite développer une nouvelle image de marque et travailler à la création de la route touristique  Le tour du lac, pour mieux organiser l’offre sur le territoire.