Le maire d’Alma, Marc Asselin, estime qu’une coopérative de service aérien permettrait au Lac-Saint-Jean d’être plus compétitif et plus attrayant pour les entreprises.

Desserte aérienne Alma-Roberval-Montréal: une demande d’aide déposée

Les Jeannois pourraient bien profiter d’un service aérien à prix raisonnable dans un avenir rapproché alors que les villes d’Alma et de Roberval poursuivent leurs démarches afin de mettre en place un service de desserte aérienne Alma-Roberval-Montréal. Une demande d’aide financière sera déposée par la MRC de Lac-Saint-Jean-Est au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) afin de rédiger le plan de démarrage et le projet pilote.

Selon le projet de résolution, qui a été soumis lors de la séance ordinaire du conseil municipal d’Alma, lundi soir, « l’étude de faisabilité s’est avérée positive et l’étude de marché confirme qu’il existe un volume suffisant de passagers pour la mise en place d’un service de desserte aérienne Alma-Roberval-Montréal ».

La MRC de Lac-Saint-Jean-Est, à titre de responsable du projet, se chargera de réaliser le plan de démarrage pour une coopérative de service aérien.

Une demande d’aide financière sera ainsi déposée dans le cadre du programme pour la mise en commun d’équipements, d’infrastructures, de services ou d’activités en milieu municipal.

Le maire d’Alma, Marc Asselin, rappelle qu’il s’agit d’un service qui a déjà été offert dans sa ville. L’ancien président du comité de gestion de l’aéroport d’Alma rappelle l’historique et les nombreuses problématiques reliées à ce dossier.

« On a eu des entreprises qui venaient faire des runs. Elles étaient soutenues par la Ville et des programmes du gouvernement du Québec pour avoir des coûts raisonnables sur la billetterie. Cela fonctionnait le temps que ces programmes existaient et par la suite, on perdait nos lignes aériennes », exprime-t-il, en faisant référence aux tentatives de Pascan Aviation et de Starlink Aviation.

Marc Asselin est d’avis que la nouvelle coopérative régionale pourrait réussir là où les entreprises de l’extérieur ont échoué. Il cite en exemple Air Alma, qui a maintenu ses lignes aériennes pendant des années.

Le maire d’Alma mise également sur le transport aérien afin de permettre à la région d’être compétitive. La coopérative de service aérien permettrait aux gens d’affaires de faire des aller-retour, dans une même journée, dans les grands centres. Il s’agirait également d’un argument pour attirer des entreprises de l’extérieur au Lac-Saint-Jean.

« L’aviation n’est plus un luxe. Les lignes aériennes vont rendre la région dynamique, en plus de la rendre compétitive face aux grands centres et au reste de l’Amérique du Nord », ajoute M. Asselin.

Celui qui est également président de la Corporation d’innovation et développement Alma–Lac-Saint-Jean-Est (CIDAL) ne cache pas son enthousiasme. La création d’un tel service de transport permettrait, selon lui, de développer le tourisme d’aventure dans la région.

Les prochains mois pourraient permettre de recruter l’un des partenaires, soit une compagnie locale ou régionale souhaitant devenir membre de la coopérative. Les partenaires gouvernementaux permettront de garantir un nombre minimum de transports hebdomadaires.

Explorer Solutions afin de valider les besoins de vols commerciaux réguliers à partir du Lac-Saint-Jean, soit des aéroports d’Alma et de Roberval. En photo, l'aéroport d'Alma.

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LE VOLUME DE PASSAGERS SUFFISANT DANS LES DEUX VILLES

Les résultats de l’étude de faisabilité d’un service de desserte aérienne Alma-Roberval-Montréal se sont avérés concluants. Le volume d’utilisateurs serait suffisant pour aller de l’avant avec le projet de coopérative. Le mandat de 20 000 $ a permis de dévoiler que Montréal serait la destination la plus populaire auprès des 2300 passagers annuels. 

En mars, les villes d’Alma et de Roberval ont confié un mandat d’un peu plus de 20 000 $ à Explorer Solutions afin de valider les besoins de vols commerciaux réguliers à partir du Lac-Saint-Jean, soit des aéroports d’Alma et de Roberval. 

Selon les résultats, Montréal compte pour le quart des déplacements, alors que le volume annuel de passagers est estimé à 2367 personnes. 

Entre six et onze vols seraient nécessaires selon le type d’appareils utilisés, soit un King Air 100 ou un Pilatus PC-12. La projection réalisée ne tient pas compte des vols menant à une destination du Sud.

Une analyse du prix des billets a également été faite. Le sondage a permis de conclure que la tolérance de prix pour un vol aller-retour à destination de Montréal se situe autour de 500 $. 

À travers le sondage, la population jeannoise et la communauté d’affaires ont été questionnées quant à leurs habitudes et besoins en matière de transports aériens. 

Lors de cette démarche, 345 entreprises, 462 personnes et cinq agences de voyages des MRC du Lac-Saint-Jean ont été sondées quant aux demandes, aux destinations, aux horaires et à la fréquence des vols. 

Le sondage a été réalisé au coût de 20 885 $, dont 9000 $ ont été assumés par Roberval et 11 885 $ par la Corporation d’innovation et développement Alma-Lac-Saint-Jean-Est (CIDAL).