Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière, Raynald Plamondon, père d’une fille de 49 ans déficiente intellectuelle, Janie Gauthier, mère d’une enfant autiste, Sonny Gagné, éducateur oeuvrant au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI), Line Lapointe, retraitée du CRDI, et Sylvain Sirois, répondant national de l’APTS, ont dénoncé tour à tour les coupes anticipées du réseau de la santé dans la région.

Des visages sur les coupes en santé

Les coupes anticipées de 10 M $ destinées à équilibrer le budget du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont pris un visage, lundi, alors que l’Alliance du personnel professionnel et technique de la Santé et des Services sociaux (APTS) et le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, ont dénoncé les effets de compressions effectuées.

Lors d’une conférence de presse tenue sur le stationnement de l’église Notre-Dame-de-la-Paix, Sylvain Sirois, répondant national de l’APTS, a rappelé que le CIUSSS a prévu un déficit pour l’exercice 2018-2019 de 959 000 $, ce qui portera à 10 M $ le déficit accumulé sans pouvoir recourir au fonds stratégique, qui est vide. Selon lui, le recours au temps supplémentaire, l’absentéisme et les difficultés de recrutement seraient les causes expliquant les pertes. Il ajoute que l’an dernier, le coût de l’absentéisme a grimpé de six millions $ pour porter la facture de cet item à 25 M $.

Le porte-parole syndical soutient que les coupes exercées, les fermetures de services et les surcharges de travail qu’elles occasionnent créent des problèmes au système de santé.

Sonny Gagné, un éducateur oeuvrant au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) maintenant intégré au CIUSSS, qui dessert 1300 usagers, soutient que le chaos règne dans le réseau. Le nombre de résidences qui accueillaient des usagers est passé de 21 à 10. Certaines offrent les services avec des contractuels ou en sous-traitance, ce qui ne permet pas d’assurer une qualité suffisante des services.

Raynald Plamondon, un père de 74 ans qui prend soin avec son épouse de 71 ans de sa fille de 49 ans, déficiente intellectuelle ayant un âge mental de trois ans, n’en peut plus de voir les services se dégrader.

« Jusqu’en 2010, le CRDI a fait un immense travail pour corriger les défauts de ma fille et avoir une vie meilleure à l’aide de plans d’intervention annuels préparés avec plusieurs intervenants spécialisés. Par exemple, il était impossible d’aller au restaurant avec elle sans qu’elle se jette par terre et qu’elle fasse une crise. On lui a appris à aller au restaurant, mais maintenant il n’y a plus qu’une seule personne pour préparer le plan d’intervention. On nous dit qu’on se contente maintenant de maintenir les avancées. Pour obtenir des services de dépannage, j’ai été obligé de faire des menaces », a décrit M. Plamondon.

En ce qui concerne l’obtention de services de répit-dépannage, M. Plamondon ajoute que des annonces de services pour quinze jours sont faites, mais qu’en dernière minute cette offre a été coupée de six jours.

Janie Gauthier, mère d’un enfant autiste, affirme qu’il est impossible pour elle de travailler tout en ayant la garde de sa fille, mais qu’en plus elle doit composer avec la fermeture de deux maisons de répit au Saguenay. L’une d’elles a vu son financement prolongé jusqu’au début septembre, mais que ce n’est pas suffisant. « La semaine dernière, on nous a annoncé que ma fille passerait de deux bains par semaine à un bain en pleine canicule. »

Sylvain Gaudreault a déclaré que tous les témoignages des travailleurs du réseau et des usagers permettent de dénoncer des réalités quotidiennes. « On est dans un cercle vicieux sans fin qui nous amène à des diminutions de services et qu’en plus, le CIUSSS ne ferme pas la porte à des coupes supplémentaires. »

Il a dénoncé que Québec ait accordé pendant ce temps des hausses de primes aux médecins spécialistes dont la rémunération s’élève à plus de 450 000 $ par année.

Le député de Jonquière a interpellé le premier ministre Philippe Couillard afin qu’il s’engage à ce qu’il n’y ait plus de coupes dans les services et soins de santé. « Aujourd’hui, j’interpelle M. Couillard à l’effet que s’il croit aux soins de qualité et qu’après avoir fait subir trois ans d’austérité, il s’engage à garantir que les soins vont revenir comme avant. »

Selon M. Sirois, la Loi 10 qui a forcé à la fusion des établissements a démontré que les CIUSSS sont devenus d’immenses machines à la solde du ministre de la Santé qui ne parle plus de la qualité des soins offerts, mais plutôt de quantité de soins, de réorganisation et de restructuration.

« Ce n’est pas la première fois qu’on dénonce des pertes de services. Les réponses qu’on obtient lorsqu’on s’adresse aux CIUSSS, c’est que ce sont des décisions imposées par le ministre Barrette, qu’on n’a pas d’écoute d’en haut et qu’il faudrait l’avoir plutôt que de répondre à des demandes ministérielles », conclut-il.