L’objectif de la coopérative est d’offrir un minimum de trois vols aller-retour chaque semaine. Les départs devraient se faire en début de journée à Alma et à Roberval, alors que le retour au Lac-Saint-Jean est prévu en fin de journée.
L’objectif de la coopérative est d’offrir un minimum de trois vols aller-retour chaque semaine. Les départs devraient se faire en début de journée à Alma et à Roberval, alors que le retour au Lac-Saint-Jean est prévu en fin de journée.

Des turbulences pour la coop Air du Lac-Saint-Jean

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Des turbulences, dont les ralentissements causés par la pandémie de COVID-19, se sont invitées dans la mise sur pied de la coopérative de solidarité Air du Lac-Saint-Jean. Le projet de desserte aérienne, qui vise à relier les villes d’Alma et de Roberval à Montréal, continue de cheminer, et ce, malgré plusieurs mois de retard au calendrier initial. Une aide financière de près d’un million de dollars provenant des gouvernements est espérée par les acteurs impliqués au dossier.

Le projet de transport aérien reliant le Lac-Saint-Jean à la région de Montréal prévoyait, lors de son dévoilement en novembre dernier, offrir des vols aussi rapidement qu’en février 2020. Pour y parvenir, le financement devait être bouclé avant la fin de l’année. L’assemblée générale d’organisation, qui devait permettre de dévoiler le transporteur aérien retenu par la coopérative, devait se tenir au début de l’année 2020. La coopérative a fait le choix de ne pas être propriétaire de la flotte d’avions.

Après un décollage maintenant reporté de plusieurs mois, le maire d’Alma, Marc Asselin, aussi porte-parole du projet, se montre plutôt prudent quant au lancement attendu du service de transport aérien.

« Le projet, comme beaucoup d’autres, a été mis en suspens en raison de la COVID-19. On n’a jamais perdu de vue l’objectif. Le projet est loin d’être mort. Il n’y a pas que du mauvais avec la COVID-19. Cette crise permet de se prendre en main et de faire valoir l’économie sociale. On sent également une motivation pour la relance économique », a-t-il confié dans une entrevue accordée plus tôt cette semaine au Progrès.

Les prochaines semaines permettront au comité de développement, qui est appuyé par la firme Explorer Solutions, de reprendre le travail afin de recruter de nouveaux membres pour la coopérative de solidarité, lesquels se déclinent en trois catégories : producteur, de soutien et utilisateur.

M. Asselin est plus que jamais convaincu que cette formule est la plus adéquate pour concrétiser le projet de desserte aérienne. Il ajoute que le Saguenay–Lac-Saint-Jean compte d’ailleurs plusieurs coopératives qui sont synonymes de succès.

Le porte-parole au dossier est d’avis que les erreurs du passé ne doivent plus être répétées. Il cite en exemple les projets privés qui bénéficiaient de divers programmes d’aide financière et qui ont déserté l’aéroport d’Alma au terme de ceux-ci. Selon le maire d’Alma, contrairement à une initiative privée, le profit n’est pas un absolu dans un plan d’affaires coopératif.

Boucler le financement

Celui qui est également président du conseil d’administration de la CIDAL (Corporation d’innovation et développement Alma–Lac-Saint-Jean-Est) a bon espoir que le comité de recrutement sera en mesure de récolter les 250 000 $ nécessaires à la réalisation du projet. Une aide gouvernementale serait également bénéfique. Le représentant du conseil municipal almatois estime celle-ci à environ un million de dollars, une somme raisonnable, ajoute-t-il.

Le maire d’Alma rappelle, une fois de plus, que tout le Québec est derrière le soutien financier offert au métro de Montréal. « Tous les gens des régions doivent, à travers les impôts, subventionner le transport en commun des grandes villes », indique-t-il.

En plus de la communauté d’affaires et des Jeannois intéressés par ce service, qui relierait le Lac-Saint-Jean à Montréal en moins d’une heure, Marc Asselin continue de souligner le potentiel de la clientèle issue du tourisme d’aventure.

Treq

Les prochaines semaines devraient permettre aux représentants de la coopérative de solidarité Air du Lac-Saint-Jean de s’entretenir avec des membres du groupe d’investisseurs derrière Treq. La Coopérative de transport régional dévoilée au cours des derniers jours compte combler les besoins en transport aérien, et ce, dans plusieurs régions de la province.

Marc Asselin, qui gravite, à travers ses implications politiques, dans l’univers de l’aviation depuis une quinzaine d’années, avoue avoir été surpris en prenant connaissance de ce projet totalisant près de 100 millions de dollars.

« Pour l’instant, j’ai des doutes. On va laisser la chance aux coureurs. C’est une grosse business. On a le droit de rêver et d’aller de l’avant avec nos projets », confie celui qui devrait bientôt rencontrer l’un des acteurs du projet, l’homme d’affaires saguenéen Éric Larouche.