Des travaux de remplissage soulèvent des questions environnementales et de sécurité dans le quartier Murdock, près des rues Père-Champagnat et des Augustines.

Des travaux dans le quartier Murdock qui dérangent

Des citoyens veulent révoquer le permis de remblai accordé à l’entreprise J & R Savard dans une coulée d’un terrain derrière la rue Père-Champagnat, près de la rue des Augustines, dans le quartier Murdock, à Chicoutimi. Les débris liés aux travaux d’aménagement du projet Écomobilité de la Société de transport du Saguenay (STS) sont déposés à cet endroit, provoquant de nombreux déplacements de camions lourds.

Une pétition de quelque 70 noms a été déposée au cabinet de la mairesse de Saguenay, Josée Néron. Depuis mardi, des camions 10 roues effectuent des voyages pour déposer des débris de sable et de terre. Une route temporaire a été aménagée derrière la résidence du 890, des Augustines pour permettre l’accès des véhicules lourds.

Plusieurs points soulèvent l’inquiétude des résidants du secteur, dont la question environnementale. L’endroit où sont déposés les débris fait partie d’une zone à glissement de sols, ce qui n’aurait pas été considéré par l’entrepreneur. De plus, les citoyens doutent que des analyses environnementales aient été effectuées.

Le conseiller municipal du secteur, dans le district 11, Marc Bouchard, a cependant précisé que tout le monde avait respecté les règles, à commencer par l’entreprise J & R Savard et la Ville de Saguenay. Les travaux sont réalisés a la suite d’une demande de remblai de la part d’un propriétaire, qui a été accordée. M. Bouchard a assuré que tout était fait selon les normes, ajoutant que le transport des débris devrait être terminé vendredi.

« Quand il est question de remblai, le matériel utilisé ne doit pas être contaminé, donc c’est certain qu’un responsable de chantier est sur place pour confirmer que tout est conforme », a expliqué le conseiller.

Pour ce qui est de la zone de glissement de sols soulignée dans la pétition, Marc Bouchard s’est de nouveau montré rassurant en expliquant qu’une analyse géotechnique avait été faite à l’endroit où sont déposés les matériaux. Il a fait savoir que dans une zone de contrainte, une partie ne doit pas être perturbée, ce qui est le cas dans le dossier qui nous intéresse.

« La zone de remblai se fait dans le bas du talus, et tout est correct, a-t-il indiqué. Des spécialistes ont traité le dossier. Le travail a été bien fait. Ce n’est pas parce qu’on est à la Ville qu’on ne sait pas ce qu’on fait. On a fait nos devoirs. »

Le permis de remblai accordé à l’entreprise J & R Savard permet un maximum de 200 voyages de terre. La pétition soulève que jusqu’a 800 voyages pourraient être nécessaires pour compléter le travail. Encore une fois, Marc Bouchard a réfuté ce point de la pétition. « Il y a un ingénieur du Service génie de la Ville de Saguenay qui s’assure que le nombre de voyages ne soit pas dépassé, a-t-il soutenu. Il n’y a donc aucune raison que ce soit le cas, et l’entrepreneur est au courant de la situation. »

Or, Le Quotidien a mis la main sur ledit permis octroyé par la Ville de Saguenay, qui fait état d’une capacité totale de 2000 mètres cubes permise par l’entrepreneur. Considérant qu’un camion 10 roues a une capacité de chargement d’environ 19 mètres cubes, selon le site Volumeaire, la limite serait plutôt atteinte après un peu plus de 105 voyages.

On y précise également que la terre est le matériau de remblayage autorisé, en plus du roc, mais à condition qu’il soit situé à au moins 0,6 mètre du niveau du sol fini, et chaque morceau ne doit pas dépasser 0,6 mètre de diamètre.

Parmi les autres points écrits dans la pétition, la sécurité des enfants, la quiétude des résidants et la longue durée des travaux font partie de l’argumentaire.