Plusieurs camions de Denis Lavoie et fils ont été dépêchés sur le terrain pour venir en aide aux pompiers.
Plusieurs camions de Denis Lavoie et fils ont été dépêchés sur le terrain pour venir en aide aux pompiers.

Des travailleurs de Saint-Ludger-de-Milot contribuent à combattre le feu maintenant contenu à Chute-des-Passes

Thomas Dufour
Le Quotidien
Depuis quelques jours, des travailleurs de Saint-Ludger-de-Milot, au Lac-Saint-Jean, font des pieds et des mains pour venir en aide aux pompiers qui combattent le feu qui est contenu depuis mardi en fin de journée dans le secteur de Chutes-des-Passes. 

«Les gens du coin sont attachés à leur forêt, c’est leur gagne-pain, leur terrain de jeu», explique Jocelyn Lavoie, directeur chez Denis Lavoie et fils.

Jocelyn Lavoie, directeur chez Denis Lavoie et fils.

Les employés de l’entreprise n’ont donc pas hésité une seconde lorsque la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) a demandé leur aide, vendredi. Ils ont sauté dans leurs camions afin d’aller abattre des arbres en forêt pour aider à stopper le feu.

Ils sont une dizaine d’employés à travailler douze heures par jour depuis samedi. Ils ont notamment aidé à protéger le barrage Péribonka IV qui était menacé par les flammes. L’entreprise a aussi dégagé certains secteurs pour permettre aux hélicoptères des pompiers d’atterrir.

Lorsqu’ils ont reçu l’appel de la SOPFEU vendredi, les employés se sont dépêchés de mettre leur équipement en ordre. Samedi matin, ils étaient sur le terrain pour aider.

L’entreprise a aussi prêté son camp forestier à la SOPFEU pour loger les pompiers et permettre le ravitaillement.

Beaucoup de monde à Saint-Ludger-de-Milot voulait mettre l’épaule à la roue. L’entreprise a reçu l’aide de plusieurs compagnies, depuis samedi.

Contenu
Les efforts des pompiers et des combattants auxiliaires ont porté leurs fruits, mardi. Le feu est passé du statut de non maîtrisé à celui de contenu. L’incendie touchait 62 014 hectares, mardi, près de 10 000 de moins que lundi.

Malgré cette bonne nouvelle, la situation est encore très précaire, rappelait la porte-parole de la SOPFEU, Josée Poitras plus tôt dans la journée. «Le vent et quelques heures d’ensoleillement pourraient faire changer les choses. Les possibilités d’averses et d’orages localisés pourraient faire changer la direction du vent et le comportement du feu», a-t-elle mentionné.

Une quarantaine de pompiers en provenance de l’Ontario arrivés lundi se sont mis au travail mardi matin. Une soixantaine de pompiers supplémentaires en provenance de l’Alberta sont également arrivés mardi. Ils pourront être sur le terrain dès mercredi.

Des pertes
Même si le brasier perd en force, l’impact de l’incendie se fait toujours ressentir à Saint-Ludger-de-Milot. Depuis la semaine dernière, les camions des entreprises de transport de bois Alain Michaud sont cloués dans le stationnement.

Pour l’entreprise, les pertes s’élèvent à 100 000 $. Une dizaine d’employés sont toujours chez eux en attente de la reprise des activités. « Puisque les employés ont travaillé pendant les deux dernières semaines, ils ne sont plus éligibles à la PCU», se désole Alain Michaud, propriétaire de la compagnie.

D’autres ont plus de chance et peuvent toujours travailler. Mardi matin, Bruno Perron prenait un repas au restaurant du Parc avant de prendre la route vers le nord. Il passera quatre jours au kilomètre 309 de Chutes-des-Passes à couper du bois pour l’entreprise Remabec.

Dans les deniers jours, la canicule a diminué de moitié la coupe de bois dans ces secteurs. Pour éviter les risques d’incendie, les activités étaient interrompues entre 8 h et 20 h.

«On garde espoir»
Au restaurant et motel du Parc, à quelques pas de la Chute-des-Passes, on constate le désarroi des propriétaires de chalets. «Les gens sont attristés, on a logé une personne au motel, la semaine dernière, parce qu’elle ne pouvait plus aller à son chalet», explique Sylvie, une employée.

L’un de ses cousins a perdu son chalet dans les flammes. «Il venait juste de finir de le bâtir», explique-t-elle.

Sa collègue renchérit: «Hier, on a servi une famille qui a été expulsée de son chalet par la Sûreté du Québec.»

Quand Hélène Ouellet a appris qu’un feu s’était déclenché près de son chalet, elle a eu un «serrement au coeur». Elle venait de passer deux semaines à tout rénover. La facture s’élevait à 50 000 $.

«Notre chalet est en plein centre du feu, mais on garde espoir», dit Mme Ouellet. Depuis la semaine dernière, elle est dans l’attente. Pour l’instant, elle n’a pas réussi à obtenir davantage d’informations de la MRC Maria Chapdelaine.

La semaine dernière, plusieurs personnes inquiètes se sont dépêchées de se rendre à leur chalet avant de devoir évacuer sous les directives du gouvernement provincial. Au poste d’accueil de la ZEC, on a vu passer plusieurs véhicules.

«Je suis allée aider un ami à déménager son chalet, explique Janylie Grenier, employée au poste d’accueil. Il pleuvait de la cendre.»

«Les gens qui passent au poste sont souvent stressés, dit Mme Grenier. Ces chalets sont souvent associés à des souvenirs, les gens y allaient avec leurs parents et leurs grands-parents.»

Les employés de la ZEC tiennent un registre quotidien des gens toujours présents sur le territoire et le transmettent à la SOPFEU et à la SQ.