Des travailleurs de Résolu à Kénogami s’interrogent du maintien des activités

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La papetière Résolu a identifié les unités de production mises en arrêt pendant la période de pause au Québec en évaluant de façon rigoureuse les particularités du marché tout en respectant les consignes du gouvernement du Québec qui souhaite un ralentissement des opérations.

Des travailleurs de l’usine Kénogami ont questionné la pertinence de maintenir les opérations dans cette papeterie. Ils soutiennent que l’usine de Kénogami n’est pas dans un segment de papier (impression de journal) que l’on peut considérer comme un produit essentiel.

Un courriel reçu fait même état du malaise d’un travailleur de se rendre à l’usine tous les jours, de crainte de propager lui-même la maladie. Il juge que l’usine n’est pas essentielle et croit que le maintien des opérations n’a qu’une raison économique.

Le porte-parole de l’entreprise, Karl Blackburn, a dit comprendre et respecter les inquiétudes des travailleurs dans les circonstances. Le choix des usines dans le cadre de ce programme de ralentissement des opérations n’a pas été guidé uniquement par des considérations économiques.

Selon Karl Blackburn, Résolu devait, dans un premier temps, maintenir les opérations dans ses usines de pâte Kraft de Thunder Bay et de Saint-Félicien. « La pâte Kraft est utilisée dans différents produits nécessaires pour les centres hospitaliers », insiste le porte-parole.

Résolu devait aussi s’assurer de maintenir de la production de papier en quantité suffisante pour des produits associés à l’information. C’est le cas de l’impression des circulaires distribuées dans tous les foyers avec des hebdomadaires à l’intérieur du Publisac.

« La décision a été prise de fermer Baie-Comeau, une machine à Alma et Dolbeau et de conserver Kénogami. La machine à papier à Kénogami est en mesure de faire du SCA, SCB et d’autres grades. L’analyse a été globale en fonction de toutes les opérations, incluant les usines de sciage qui ont été maintenues en opération pour l’approvisionnement en copeaux. »

Camps forestiers

Il y avait une problématique pour les camps forestiers puisque les travailleurs habitent dans des espaces collectifs. Karl Blackburn explique que les opérations ont été interrompues comme elles le sont chaque année.

Résolu exploitait pendant l’hiver des zones de coupe situées non loin des villes et plusieurs travailleurs préféraient rentrer à la maison tous les jours. Les opérations des prochains jours se résumeront au transport du bois récolté pendant la saison hivernale afin d’assurer l’approvisionnement des scieries.

Dans tous les scénarios, reprend Karl Blackburn, Résolu applique rigoureusement les mesures exigées en matière de santé et sécurité au travail de la part de la CNESST. Il y a aussi des directives précises pour le respect des consignes gouvernementales en matière de santé publique et l’entreprise ne tolère aucun écart.

« Pour nous, l’important est de respecter les consignes gouvernementales. Jamais nous n’allons demander à nos travailleurs de se placer dans une situation où leur santé et sécurité est menacée. Nous sommes très reconnaissants en ce moment de l’effort des travailleurs dans la situation dans laquelle nous nous trouvons », a conclu Karl Blackburn.