Le sismologue Maurice Lamontagne prédit que les jeunes âgés aujourd’hui de 20 ans ont des chances de connaître un tremblement de terre, d’où l’importance de s’informer sur le sujet.

Des technologies plus précises pour analyser les séismes

Si un prochain tremblement de terre touche le Saguenay-Lac-Saint-Jean ou le Québec, la population devrait bénéficier des dernières avancées technologiques en matière d’information qui lui permettra de savoir comment se comporter.

De passage devant le Cercle de presse du Saguenay mercredi, Maurice Lamontagne, sismologue à la Commission géologique du Canada, a effectué un retour sur le tremblement de terre du Saguenay qui avait atteint 5,9 sur l’échelle de Richter et marqué les esprits, le 25 novembre 1988, à 18 h 46.

Lors de son exposé, M. Lamontagne a rappelé qu’il avait été précédé le mercredi d’un premier mouvement de 4,7 sur la même échelle. Trente ans plus tard, le mystère demeure pour expliquer d’un point de vue sismologique le phénomène survenu à 28 km de profondeur près du lac des Islets, dans la Réserve faunique des Laurentides.

Reprenant quelques premières pages du Quotidien de l’époque qui faisaient état de la hausse des ventes de tranquillisants ainsi que la tenue d’une rencontre d’information dans une cathédrale pleine à craquer, M. Lamontagne affirme que le tremblement de terre a permis de s’interroger sur le rôle des sismologues dans la société. « Ce qui a changé depuis 1988, c’est que les sismographes sont beaucoup plus précis que dans le passé. Les analyses sont plus rapides et des équipes internationales s’offriraient rapidement pour analyser le tremblement de terre », explique-t-il.

Selon lui, le Canada, à l’exemple de la Californie et du Japon, devrait se doter d’un système d’alerte aux tremblements de terre fiable. Ce dernier permettrait d’informer la population dans les minutes suivantes, à l’aide des téléphones intelligents et d’Internet, notamment, sur la façon de se comporter à la suite de l’événement. « Le tremblement est l’instant zéro. Il n’y a aucun moyen pour le prévenir », explique-t-il.

Toutefois, un tremblement produit deux types d’ondes sismiques, les ondes primaires qui se propagent à 6 km/sec et les ondes secondaires, plus lentes, qui voyagent à 3 km/sec. Les systèmes d’alerte en place au Japon et en Californie permettent des communications rapides pour faire arrêter des trains en marche ou des centrales productrices d’énergie et éviter ainsi des catastrophes supplémentaires.

Au-delà de ces avancées, M. Lamontagne croit qu’il demeure pertinent d’informer et de préparer la population en général sur la possibilité de tremblements de terre. Citant des données provenant de sondages préparés pour le Bureau d’assurances du Canada, M. Lamontagne affirme que 75 % des gens croient que leur maison ne serait pas endommagée par un tremblement de terre.

« Peu de gens savent comment réagir pendant un séisme. Encore 35 % croient qu’il faut se placer sous un cadre de porte alors qu’une protection sous une table ou un meuble solide demeure un moyen plus sûr. »