Institut Saint-Georges
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Des tablettes pour les enfants et les adolescents des centres jeunesse

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Ils sont, eux aussi, confinés entre quatre murs. Ils ne peuvent pas voir leurs parents, les sorties sont interdites et ils n’ont pas toujours les outils technologiques pour communiquer avec leurs proches. Le quotidien des enfants et des adolescents vivant en centres jeunesse a lui aussi été chamboulé par la crise de la COVID-19. La Fondation pour l’enfance et la jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean essaie de mettre un peu de soleil dans la vie de ces jeunes, bien que les contacts ne soient plus permis et que le financement se fasse de plus en plus rare.

Mardi soir, la Fondation pour l’enfance et la jeunesse a pris la décision d’acheter des tablettes pour chacune des unités des centres de Chicoutimi et de Roberval. Chaque jeune n’aura pas sa propre tablette, mais ils pourront se les partager, afin de communiquer avec le monde extérieur, notamment avec leurs parents, qu’ils ne peuvent plus fréquenter depuis le début de la pandémie de la COVID-19. Les jeunes de chaque unité vivent ensemble et ne fréquentent plus ceux des autres unités, afin de limiter les risques de propagation du virus. Ils sont environ 12 dans chaque unité.

« Nous voulions offrir quelque chose qui leur donnerait un peu de bonheur immédiat », a expliqué la directrice générale de la fondation, Karine Brassard.

La directrice reçoit des demandes personnalisées, venant de jeunes qui vivent très mal le confinement et l’isolement.

« Nous avons reçu récemment une demande pour un jeune en centre de réadaptation qui vit difficilement le confinement. Il ne pouvait plus voir sa mère, qui est sa principale source de sécurité. Il a fait des attaques de panique et vit de l’anxiété quotidienne, ce qui se traduit en opposition et en symptômes d’anxiété assez importants. Les intervenants ont fait le constat que le jeune pourrait utiliser la musique pour se détendre, mais il n’avait aucun lecteur MP3. Nous lui en avons offert un. Il était vraiment super heureux et nous voyons déjà une différence sur son humeur et l’anxiété qui baisse lors des temps en chambre », a expliqué Karine Brassard, donnant également en exemple l’achat d’un téléviseur et de DVD à un jeune de 17 ans qui avait besoin d’intimité, à l’aube de son départ du centre.

Voyant que ces petits gestes faisaient une énorme différence dans la vie des jeunes, la fondation achètera et remettra des tablettes électroniques aux directions des centres jeunesse, afin que les enfants et les ados puissent communiquer plus facilement avec leurs proches et se désennuyer.

« Toutes les activités ont été annulées, comme les cours de conduite, les cours de musique et les entraînements sportifs à l’extérieur des murs du centre. Ces jeunes ont besoin de se tenir occupés », a souligné Karine Brassard, qui admet que les dons se font de plus en plus rares, étant donné que toutes les activités de financement ont dû être annulées.

On a qu’à penser à la Course pour l’enfance et la jeunesse, qui permet d’amasser environ 25 000 $ chaque année. Cette course, qui a habituellement lieu en mai, est précédée d’activités sportives que les jeunes de centre peuvent découvrir, comme la boxe, l’escalade ou le karaté, entre autres.

Ces sorties sont tombées à l’eau.

« Nous travaillons fort présentement sur un autre projet ! », a noté Mme Brassard, qui préfère ne pas trop s’avancer sur le sujet, puisque rien n’est encore confirmé.

Il est toutefois possible de faire des dons en ligne, au www.jedonneenligne.org/fondationenfancejeunesse02. Les dons récoltés permettent l’achat de matériel sportif, l’organisation d’activités, le paiement des cours de conduite et l’achat d’objets de trousseaux, utiles aux jeunes qui quittent les centres pour un appartement, entre autres.