Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette.

Des syndicats exigent la rétractation du ministre Blanchette

Les présidents des syndicats des sections locales 85 et 1495 affiliées à Unifor de la papeterie Dolbeau et la scierie Mistassini de Résolu exigent une rétractation du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette. Ce dernier a mentionné la semaine dernière que le film L'Erreur boréale de
Richard Desjardins avait apporté un éclairage sur les problèmes de la foresterie québécoise.
« Richard Desjardins a dit qu'on faisait une surcoupe à l'époque et il avait raison », a déclaré le ministre à l'hebdomadaire La Frontière. Une telle déclaration, invoquent unanimement Daniel Leblond et Pascal Cloutier, traduit bien l'esprit du ministre Blanchette qui va tout simplement « donner du gaz » aux environnementalistes qui tentent par tous les moyens, selon leurs propos, de nuire à l'industrie québécoise.
« C'est un non-sens qu'un ministre québécois responsable des forêts agisse de la sorte. Même à l'époque de L'Erreur boréale, il n'y avait pas de surcoupe. On récoltait 1 % par année de la forêt et il faut 100 ans pour qu'un arbre arrive à maturité pour la récolte. Il n'y avait pas de surcoupe. C'était l'époque des coupes en mosaïque », insiste Daniel Leblond.
Le syndicaliste ne comprend pas pourquoi le ministre a fait cette déclaration, laquelle, a-t-il répété, va se retourner contre les travailleurs et l'industrie comme si les acteurs du secteur forestier agissaient de façon inconsidérée à l'époque.
« C'est vrai qu'il y a eu des changements importants. Mais le Forestier en chef nous a dit encore l'autre jour que la forêt québécoise n'était pas mal exploitée, qu'elle était en bonne santé. »
L'autre déclaration du ministre qui irrite au plus haut point les représentants des travailleurs est celle concernant la création de parcs et d'aires protégées. Pour les travailleurs, la création d'aires protégées, de réserves administratives ou autre entité signifie tout simplement une réduction de la possibilité forestière et donc une diminution potentielle de l'activité économique dans les usines de transformation, comme ce fut le cas avec les fermetures de scieries qui ont découlé de la baisse de possibilité forestière au Québec.
Les syndiqués ont déjà dénoncé la réserve administrative créée dans le nord de la région, non loin des Montagnes blanches. La réserve administrative fait en sorte qu'il n'y a plus d'opération forestière dans cette zone.
L'attachée de presse du ministre Luc Blanchette, Gabrielle Fallu, a indiqué que cette déclaration devait être prise dans son contexte. Elle a mentionné que le ministre faisait état d'une « situation de surcoupe » qui aurait pu survenir sur le territoire de l'Abitibi, mais qui n'a finalement pas eu lieu puisque le gouvernement a pris des mesures pour éviter cette situation. Le ministre a reçu la lettre officielle des syndicats qui sont en désaccord avec ses positions.