Le directeur général du CREDD du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Tommy Tremblay, le président de la Fédération régionale de l’UPA du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mario Théberge, et la coordonnatrice du projet chez Agriclimat, Sarah Delisle.

Des solutions régionales aux changements climatiques

Les producteurs agricoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean porteront une attention particulière, au cours des 18 prochains mois, aux changements climatiques et leurs conséquences. Le programme Agriclimat permettra d’anticiper les changements potentiels jusqu’en 2050 en plus de cibler des pistes de solutions propres aux régions du Québec.

L’initiative est possible grâce à une contribution financière du programme Prime-Vert du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), de la collaboration du Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ) et du Conseil régional pour l’environnement et le développement durable (CREDD). Le CDAQ coordonne ce projet provincial qui se déploie dans une dizaine de régions du Québec.

Grâce à une collaboration d’Ouranos, le projet permettra de documenter les changements climatiques anticipés au cours des 30 prochaines années et leur influence sur l’agriculture québécoise.

« Les plus récentes données sur le sujet affirment que les hausses de température sont plus élevées dans les régions nordiques. Notre situation géographique devrait nous inciter à nous en préoccuper davantage. L’agriculture au Saguenay-Lac-Saint-Jean comme ailleurs sur la planète doit se préparer à vivre ces changements climatiques. En tant qu’agriculteurs, nous sommes constamment sollicités pour adapter nos pratiques et nos marchés aux exigences du climat », explique le président de la Fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mario Théberge. Celui-ci cite en exemple la sécheresse de l’an dernier qui a obligé l’UPA à décréter l’Urgence foin.

Les impacts des changements climatiques se feront sentir sur la gestion de l’eau et des sols, de la gestion des ennemis des cultures et la régie des troupeaux d’élevage. « Ça va permettre de produire un plan d’adaptation sur les fermes aux changements climatiques spécifique au Saguenay-Lac-Saint-Jean afin de garantir la sécurité alimentaire, la santé financière et la qualité de l’environnement », ajoute M. Théberge.

Le projet qualifié d’audacieux vise à rendre les fermes québécoises plus résilientes. Ce sera l’occasion pour le CDAQ de fournir de l’information aux agriculteurs et, en retour, d’obtenir leur collaboration quant à la recherche de solutions. M. Théberge se réjouit de la portée locale de ce projet rappelant les nombreuses différences qui existent entre les régions du Québec.

Le projet comprend notamment un groupe de travail formé d’agriculteurs et d’intervenants. En plus des rencontres ouvertes à tous, un forum régional prévu au début de l’année prochaine permettra aux agriculteurs et intervenants du milieu d’échanger sur le plan d’adaptation aux changements climatiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui devrait être dévoilé en avril 2020.

« Nous sommes convaincus qu’Agriclimat sera un outil formidable pour avancer la réflexion, le dialogue et la mobilisation régionale et même interrégionale. Agriclimat sera un véhicule qui permettra de sensibiliser les acteurs des milieux, notamment le monde agricole, aux impacts des changements climatiques », explique le directeur général du CREDD du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Tommy Tremblay.