La hausse salariale variant de 5,5 % à 7,5 % pour les cadres de la MRC Lac-Saint-Jean-Est ne fait pas l'unanimité

Des salaires qui font rager les maires

L'augmentation du salaire des cadres supérieurs de la MRC Lac-Saint-Jean-Est suscite de vives réactions au sein du conseil des maires.
Des élus sont en profond désaccord avec la résolution adoptée lors d'une assemblée spéciale, le 20 décembre dernier. Ils craignent que les hausses accordées (entre 5,5 % et 7,5 %) au personnel d'encadrement supérieur aient des incidences au sein de leur administration municipale.
Quatre des magistrats qui étaient présents à la rencontre de décembre se sont prononcés contre la résolution, qui fut toutefois adoptée majoritairement.
Il s'agit des maires de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Lawrence Potvin, de Saint-Bruno, Réjean Bouchard, de L'Ascension, Louis Ouellet, et de Sainte-Monique, Dolorès Boily.
« Quand on fait une comparaison des salaires, il faut aussi examiner la quantité de personnel sous la supervision de la personne-cadre. À la MRC-du-Fjord, la direction générale a 50 personnes sous son aile alors qu'on en dénombre une quinzaine pour le secteur Lac-Saint-Jean-Est », constate Lawrence Potvin.
Bien qu'il soit en profond désaccord avec la hausse salariale, l'élu entend respecter le choix fait par ses pairs. Il ajoute que « dans le contexte économique actuel, rien ne peut justifier une augmentation de rattrapage salarial. À partir du moment où on le vote, il est clair que ça aura des impacts sur nos directions générales respectives dans chacune de nos municipalités ».
À Sainte-Monique, les propos de la mairesse Dolorès Boily abondent dans le même sens. « Préalablement, on nous avait soumis cette augmentation et le conseil était majoritairement en désaccord. Le conseil d'administration de la MRC est revenu à la charge. Je ne suis pas d'accord puisque ça aura une incidence sur toutes nos directions générales, mais je n'ai rien contre le personnel en place. »
« J'ai voté contre puisque la municipalité que je représente considère que nous n'avons pas la capacité financière d'aller de l'avant. L'économie est à son plus bas et tout le monde est en mode survie. Ça n'a rien à voir avec les compétences des gens en place, mais j'estime qu'il faut être solidaires avec ce que la région vit actuellement », commente Réjean Bouchard, maire de Saint-Bruno.
D'autres maires qui n'étaient pas présents à la rencontre spéciale étaient aussi contre la résolution. C'est le cas du maire de Labrecque, Éric Simard. « Nous avons également des cadres au sein de nos municipalités et si on y va avec ces mêmes modèles, on pourrait avoir des problèmes, ça c'est sûr. On peut avoir un peu de rattrapage, mais les augmentations qui ont été accordées sont peut-être exagérées selon moi. »
Sabin Larouche
Un contrat de cinq ans
Dans une résolution adoptée avant la période des Fêtes, le directeur général, le directeur des finances et le directeur de l'aménagement de la MRC Lac-Saint-Jean-Est ont vu leur salaire augmenter de 5,5 % à 7,5 % en 2016, lors du nouvellement de leur contrat de travail. Celui-ci sera valide pour une période de cinq ans.
L'année dernière, le salaire du directeur général de la municipalité régionale de comté est passé de 118 161 $ à 127 000 $. Il s'agit d'une hausse de 7,5 %, incluant une augmentation de salaire de 2,5 % et un ajustement de 5 % qui vise à rétablir un équilibre entre la MRC Lac-Saint-Jean-Est et d'autres MRC comparables du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
« Le développement économique, le schéma d'incendie, les matières résiduelles et les programmes d'amélioration de l'habitat ne sont qu'une partie des nouvelles responsabilités dévolues aux MRC. »
Sabin Larouche
« La MRC est la plus populeuse de la région et compte 14 municipalités. Malgré l'augmentation importante des responsabilités transférées aux MRC ces dernières années, le nombre d'employés s'est maintenu autour de 15, même si un nouveau service de génie a été créé il y a quatre ans, avec deux employés à temps plein. Le développement économique, le schéma d'incendie, les matières résiduelles et les programmes d'amélioration de l'habitat ne sont qu'une partie des nouvelles responsabilités dévolues aux MRC », précise le directeur général Sabin Larouche.
Quant à eux, les directeurs des finances et de l'aménagement voient leur salaire augmenter de 5,5 %, dont 3 % à titre d'ajustement comparatif aux autres MRC similaires. Il passe de 86 884 $ à 91 663 $ pour le directeur des finances et de 83 344 $ à 85 784 $ pour le directeur de l'aménagement. Pour les années 2017 à 2020, le salaire du personnel-cadre sera indexé suivant l'Indice de prix à la consommation (IPC).
Sabin Larouche ajoute que les clauses concernant leur rémunération étaient échues au 31 décembre 2015.
Salaire des directeurs généraux des quatre MRC de la région
Lac-Saint-Jean-Est : 127 000$
Fjord-du-Saguenay : 132 749$
Maria-Chapdelaine : 117 300$
Domaine-du-Roy : 113 524$