La directrice adjointe du programme jeunesse et continuum jeunes du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Danielle Delisle, et la sage-femme Alizée Brisebois.

Des sages-femmes au Lac?

Le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean songe à ouvrir un point de service au Lac-Saint-Jean pour permettre aux femmes enceintes qui le souhaitent d’être suivies par une sage-femme.

« On y a déjà pensé, mais on n’a pas pu le faire parce qu’on n’avait pas suffisamment de sages-femmes pour être en mesure d’offrir le service. Le monde des sages-femmes, c’est un très petit réseau. Actuellement, il n’y en a pas assez pour combler tous les besoins dans la province », explique la directrice adjointe du programme jeunesse et continuum jeunes du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Danielle Delisle. 

Elle ajoute par ailleurs que la direction de la maison doit d’abord s’entendre avec les gynécologues du secteur où le point de service serait établi. « Ça demande des arrimages et des ententes. Ce n’est pas chose simple », admet Mme Delisle. 

À l’heure actuelle, seules quelques femmes enceintes du Lac-Saint-Jean se rendent dans l’arrondissement de Chicoutimi, où se trouve la seule maison de naissance de la région, pour leur suivi de grossesse et leur accouchement. 

« C’est arrivé à quelques reprises où des femmes décidaient de louer un appartement ou une maison pour pouvoir accoucher à domicile dans le territoire à Saguenay », précise Mme Delisle. 

Accompagnement personnalisé

Pour Alizée Brisebois, sage femme à la maison de naissance de Chicoutimi depuis juin 2017, il n’y a pas de doute que les avantages pour une future maman d’être accompagnée par une sage femme sont grands. 

« Nous offrons vraiment un suivi personnalisé et différent de celui à l’hôpital. Nos rendez-vous sont plus longs. Nous sommes deux ou trois sages femmes de garde pour un groupe de femmes et c’est l’une de nous qui sera présente à l’accouchement donc ça permet de la continuité et d’établir un lien de confiance », fait-elle valoir. 

Elle se réjouirait d’apprendre l’ouverture d’un point de service au Lac-Saint-Jean, mais il faut qu’il y ait des ressources disponibles pour assurer la qualité des services. 

« C’est quelque chose de progressif donc au début, on ferait les rendez-vous et les prélèvements sanguins par exemple dans le secteur du Lac-Saint-Jean et pour l’accouchement, ça se passerait à Chicoutimi. Ce sont des grosses étapes donc il faut y aller une par une. On sait cependant que les familles aimeraient beaucoup ça. Même dans l’implantation de la maison de naissance, il y avait beaucoup de demandes pour qu’elle soit plus proche du Lac », soutient Alizée Brisebois. 

Scénario actuel

Actuellement, les femmes de la région qui habitent loin de la maison de naissance sont invitées à passer les 24 heures suivant leur accouchement à Chicoutimi, ce qui permet la première rencontre de bébé avec la sage-femme. Ensuite, une infirmière du CLSC, près de chez elles, effectue les autres visites à la maison pour les jours trois et cinq. Si tout se passe bien, la famille revient à la maison de naissance après deux et six semaines pour un suivi. 

« On couvre un territoire qui peut aller jusqu’à deux heures de route. Je comprends que ça fait loin. Par contre, il n’y a pas d’autres services de ce type-là offerts au Lac alors si c’est ce qu’elles veulent, c’est de voir les pour et les contre », croit la jeune sage-femme. 

L’établissement accueille une centaine de femmes annuellement, mais son objectif est d’en recevoir 200. 

« On est sur une bonne lancée, on pense qu’on pourra atteindre nos cibles d’ici quelques années d’autant plus que cette année, on a une équipe complète de six sages femmes », lance Danielle Delisle. 

Depuis le début de l’année, déjà 88 suivis de grossesse ont été effectués. 

La seule maison de naissance de la région est située à Chicoutimi. Ce sont surtout des Saguenéennes qui utilisent ses services pour le moment.