Marie-Josée Tremblay a raconté comment les relations avec Chantale Cyr se sont détériorées au fil du temps.

Des relations en dents de scie à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay

Les audiences dans le dossier du congédiement de Chantale Cyr, ex-directrice générale de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, et de harcèlement psychologique en son endroit, se sont poursuivies pour une 17e journée, mardi, devant le Tribunal administratif du travail, alors que les tensions avec les cadres ont de nouveau été longuement abordées.

Me Éric Le Bel, avocat de Mme Cyr, a contre-interrogé Marie-Josée Tremblay, ex-directrice générale adjointe, qui avait témoigné lors d’audiences précédentes, sur le comportement de la directrice générale.

Lors de son interrogatoire devant le juge Guy Roy, Me Le Bel a tenté de faire ressortir que Mme Tremblay avait basé ce témoignage sur des ouï-dire concernant Mme Cyr en tentant d’étaler les bonnes relations entre les deux cadres depuis la nomination de cette dernière jusqu’à sa démission le 13 mars 2017.

Selon le témoignage rendu, le vent aurait tourné entre les deux cadres à la suite d’une rencontre tenue en octobre 2016 où Mme Cyr aurait demandé à Mme Tremblay d’améliorer son rendement en rapport avec la planification de son travail, l’anticipation des réactions des gens lors de décisions, les difficultés de communication et d’écriture et les allégations d’avoir été surprise à jouer au jeu Candy Crush pendant ou avant des rencontres de direction. S’en sont suivies des rencontres avec Martin Deschênes et Carl Duchesne afin de corriger ces lacunes.

Mme Tremblay a indiqué que, depuis, elle a cessé d’avoir des relations cordiales avec Mme Cyr. C’est par la suite que Mme Tremblay a décidé de démissionner en affirmant avoir été poussée à bout et avoir fait l’objet de manœuvres de la part de la direction.

Me Éric Le Bel représente Chantale Cyr.

Me Le Bel a interrogé Mme Tremblay pour faire ressortir que les relations étaient demeurées tout de même cordiales, par la suite, puisque Mme Cyr avait présenté Mme Tremblay comme étant l’une des meilleures enseignantes lors d’un événement scolaire. Elles se seraient aussi fréquentées lors d’événements mondains comme le Salon des vins et elle aurait fait préparer une tourtière lors de la visite de Mme Cyr dans une école. Les relations serrées auraient incité Mme Tremblay à demander à Mme Cyr de suivre des cours de peinture avec elle et même de partager la fête de Noël en famille.

Mme Tremblay a mentionné que si les relations ont été cordiales à une certaine époque, ce n’était plus le cas à la fin. Elle a affirmé qu’elle devait « se piler sur le cœur » pour aller au travail en raison d’informations ayant circulé à propos de Josée Boudreault, des cris, des allégations « d’enquêtes inutiles » touchant le CFER et l’administration de tests psychométriques, ce qui a fait dire à Me Le Bel qu’il s’agissait d’affirmations gratuites, puisque Mme Tremblay n’a pas été témoin directe.

En après-midi, Me Jean-Claude Girard, avocat de la commission scolaire, a fait entendre Chantale Fortin, coordonnatrice aux ressources humaines, qui a témoigné d’un incident où Mme Cyr se serait présentée en colère au bureau d’une adjointe administrative au sujet du dépôt des plans d’effectifs. Mme Cyr aurait apostrophé Mme Fortin en la pointant du doigt devant ses employés, l’avisant que lorsqu’une employée demande quelque chose, c’est comme si c’était elle qui le demandait.

« Je ne me suis pas sentie tellement bien de me faire parler de façon inappropriée par la directrice générale, a commenté Chantale Fortin. Je venais de me faire ramasser devant tous mes collègues. Ce n’était jamais arrivé auparavant dans ma carrière de me faire parler comme ça. »

Elle affirme avoir rencontré son supérieur dans l’après-midi même pour discuter de l’incident. Ce dernier aurait affirmé qu’il ne pouvait rien faire avec ça.

Selon elle, l’événement a laissé des traces puisqu’elle affirme avoir développé une crainte à l’endroit de Mme Cyr, allant même jusqu’à avoir peur de répondre au téléphone en lisant le nom de Mme Cyr sur son afficheur.