Gina Gagnon, directrice des Services aux étudiants, et Hassan Soubhi, professeur en physiothérapie, ont été nommés cet automne coresponsable du Comité institutionnel contre le harcèlement et la violence de l'Université du Québec à Chicoutimi.

Des propositions du comité contre le harcèlement et la violence à l'UQAC

Le Comité institutionnel contre le harcèlement et la violence de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) espère déposer à l'automne une série de propositions visant à améliorer la politique de l'établissement, le cheminement des plaintes et à mieux faire connaître les ressources disponibles.
Le comité a à sa tête deux nouveaux coresponsables depuis l'automne, soit Gina Gagnon, directrice des Services aux étudiants, et Hassan Soubhi, professeur en physiothérapie. Ils ont entrepris un vaste chantier de travail, dans la foulée de la médiatisation et de la dénonciation du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles sur les campus universitaires.
Le mandat des nouveaux coresponsables a débuté par l'organisation de consultations publiques à l'université. La ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Hélène David, avait demandé à l'automne à toutes les universités de procéder à un tel exercice.
«Nous avons décidé de procéder par ''focus group'' et non par sondage pour avoir une représentation des différents membres de la communauté universitaire», a expliqué Mme Gagnon, rencontrée avec le professeur Soubhi, à l'UQAC, par Le Quotidien.
Cinq rencontres ont eu lieu au début du mois de décembre, pendant une semaine, sur l'heure du midi. Au total, une quarantaine de personnes ont pris part aux rencontres. Les interventions et suggestions des participants ont été colligées dans un rapport.
«De manière générale, ce qui en est ressorti est l'importance de la responsabilisation collective, a souligné M. Soubhi. La recherche de solutions doit se faire de manière collective. Il faut analyser comment le système marche et aller chercher des ressources.»
Il a par exemple été suggéré par les participants que les liens de l'université avec les organismes communautaires, tels que les Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), soient renforcés pour faire de la prévention. Les participants ont aussi souligné que les ressources disponibles et le processus de gestion des plaintes à l'université devraient être mieux connus.
Plan stratégique
Le comité oeuvre maintenant à l'élaboration de son plan stratégique, qui concerne tous les types de violences et de harcèlement. Il proposera trois orientations qui permettront ensuite de développer des plans d'intervention. «C'est un travail de longue haleine», a souligné Mme Gagnon.
Les deux coresponsables du comité espèrent que des recommandations pourront être déposées auprès du conseil d'administration de l'université cet automne.
La Politique contre le harcèlement et la violence de l'institution sera en ce sens étudiée attentivement, tout comme le cheminement administratif des plaintes. «Pour comprendre la machine, il faut la décortiquer», a noté M. Soubhi.
Ils ne peuvent pour l'instant s'avancer sur la nature des recommandations qui pourraient être formulées, le travail d'analyse étant en cours, mais M. Soubhi rappelle que le mandat du comité est de recommander toute mesure nécessaire pour «prévenir, empêcher et faire cesser le harcèlement et la violence».
Les deux coresponsables peuvent cependant mentionne que la refonte de sa page Web est en cours pour mieux faire connaître les ressources disponibles et le processus administratif du cheminement des plaintes. Une campagne de sensibilisation pourrait aussi être mise sur pied.
Une représentante des Premières Nations
Une représentante des Premières Nations siège maintenant au Comité institutionnel contre le harcèlement et la violence de l'UQAC.
«L'UQAC compte quelques centaines d'étudiants des Premières Nations, et déjà en discutant avec la représentante, nous voyons un apport très intéressant», a mentionné Gina Gagnon, coresponsable du comité.
Elle espère que l'UQAC pourra se démarquer par sa sensibilité à la situation des Premières Nations dans les propositions qui seront faites pour améliorer la prévention et le suivi des situations de harcèlement et de violence.
La Politique contre le harcèlement et la violence
À l'UQAC, une structure de gestion des plaintes, visant tous types de violence et de harcèlement, a vu le jour en 2004.
La Politique contre le harcèlement et la violence a entraîné la création du Comité institutionnel contre le harcèlement et la violence. Une dizaine de personnes, représentants les membres de la communauté universitaire, siègent au comité.
Un Bureau de réception des plaintes et un Comité des plaintes sont aussi encadrés par la politique. Ils ont la charge de recevoir les plaintes et de les traiter. Des personnes-ressources sont aussi mandatées pour supporter les plaignants.