Les candidats Pierre Dostie (QS), Benoit Rochefort (CAQ), Mireille Jean (PQ) et Marie-Josée Morency (PLQ) se sont affrontés dans un premier débat organisé dans le cadre du Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin.

Des premiers échanges musclés

Le premier débat entre des candidats de Saguenay à la prochaine élection provinciale a donné lieu à de premiers échanges corsés dans cette campagne. La députée sortante de Chicoutimi, la péquiste Mireille Jean, et le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), Benoit Rochefort, ont notamment eu plusieurs prises de bec à propos du développement économique régional.

Outre Mme Jean, les candidats au siège de député de Chicoutimi, Marie-Josée Morency, du Parti libéral du Québec (PLQ), et Pierre Dostie, de Québec solidaire (QS), ont aussi pris part à ce débat organisé dans le cadre du Cercle de presse du Saguenay. Benoit Rochefort se présente pour sa part dans le comté de Jonquière.

LE TON GRIMPE
Appelés à tour de rôle à répondre à des questions des journalistes, les candidats du Parti québécois (PQ) et de la CAQ ont fini par lever le ton une trentaine de minutes après le début de l’exercice sur l’enjeu de l’implantation de nouvelles entreprises en région. « Est-ce que je peux finir sans me faire interrompre ? », a répondu sèchement Mireille Jean, froissée d’être coupée par M. Rochefort.

« Je trouve ça très réducteur de voir un [candidat] qui veut devenir représentant de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui mentionne qu’on n’aurait pas les infrastructures pour accueillir des entreprises de haut calibre. Je m’excuse, mais on a ce qu’il faut. Je m’excuse, mais des infrastructures pour accueillir des entreprises au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on en a des belles et des grosses », a ensuite lancé Mme Jean, qui se retrouve derrière la CAQ dans son comté, selon le plus récent sondage réalisé le 3 septembre dernier par Mainstreet Research.

Le candidat Rochefort a tenté de jouer sur les mots à propos du plan du PQ pour amener des employeurs à Saguenay. « Qu’on les “amène” ou qu’on les “fasse émerger”, c’est la même chose ! », a d’abord lancé Mme Jean. « Non, ce n’est pas la même chose ! », a rétorqué le caquiste.

INDÉPENDANCE
Le sujet de l’indépendance du Québec a aussi refait surface quand Pierre Dostie a piqué au vif Mireille Jean en disant que son parti était le seul à proposer un Québec indépendant dès 2022.

« Permettez-moi d’avoir des doutes sur les intentions réelles du parti dans son intention de mettre en marche un processus souverainiste de manière inclusive, de compter tout le monde là-dedans et non pas seulement pour une petite gang », a-t-elle lancé à l’intention de M. Dostie. En guise de réponse, ce dernier a accusé le chef du PQ, Jean-François Lisée, de ne pas être à la hauteur de la tâche.

« Il veut faire une alliance pour juste gérer la business provinciale en attendant les conditions gagnantes. Nous, ça ne nous intéresse pas », a répondu le candidat qui se présente pour une quatrième fois sous les couleurs solidaires dans Chicoutimi.

La candidate libérale Marie-Josée Morency a été épargnée par les attaques des autres candidats durant l’heure qu’ont duré les échanges.

IMMIGRATION
L’immigration et la pénurie de main-d’œuvre ont également retenu l’attention des candidats, qui ont tous proposé leur approche pour tenter de limiter les impacts négatifs sur l’économie régionale.

Mireille Jean a notamment promis des incitatifs à l’immigration en plus de faire un tri des nouveaux arrivants pour cibler les compétences qui sont les plus demandées dans la région.

Benoît Rochefort a plutôt prévu de miser sur les ressources déjà en place. « Il faut faire attention à la fausse association entre régler la pénurie de main-d’œuvre et l’immigration. Actuellement, 58 % des immigrants qui arrivent ne parlent pas français. On s’entend qu’ici, 98 % des gens parlent français. »

De son côté, Marie-Josée Morency compte sur la diversification de l’économie locale, le développement du numérique et les réalisations du PLQ pour convaincre les électeurs de lui faire confiance. « On l’a prouvé qu’on était là sur le terrain. »

Benoit Rochefort

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UNE «JAMBETTE POLITIQUE», PLAIDE LE CANDIDAT

Renvoyé de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) pour avoir échoué son examen doctoral pour plagiat, le candidat de la CAQ dans Jonquière, Benoit Rochefort, est convaincu que ses adversaires tentent ainsi de le discréditer. 

« Ça a été pistonné. Je ne veux pas jeter la pierre sur aucun parti, mais c’est sûr et certain que c’est une jambette politique. Dans ma vie quotidienne, ça n’aurait jamais sorti. Il fallait que quelqu’un dise quelque chose. À l’université, il y a un niveau de confidentialité très élevé », a assuré M. Rochefort en marge du Cercle de presse, mercredi matin. 

Le candidat caquiste a reconnu dans un article publié dans l’édition de mercredi du Quotidien que l’UQAC avait conclu qu’il avait plagié à sa deuxième tentative de passer son examen doctoral en management de projet. 

Les nouvelles fonctions de l’ex-député péquiste Alexandre Cloutier, devenu vice-recteur aux partenariats et secrétaire général de l’UQAC, n’y sont toutefois pour rien, croit fermement Benoit Rochefort. 

« Honnêtement, je crois en l’intégrité d’Alexandre Cloutier. Je n’y ai même pas pensé. Honnêtement, je pense qu’Alexandre est un gars au-dessus de ça. » 

La candidate du PQ dans Chicoutimi, Mireille Jean, abonde dans le même sens, et juge plutôt que c’est au chef de la CAQ François Legault que revient le blâme. 

« Je ne suis pas au courant de ça, s’il y a [eu du coulage d’informations], mais M. Rochefort en avait parlé à son chef M. Legault. Moi, je me pose juste la question s’il en a parlé à son chef, comment se fait-il qu’il n’en a pas parlé à la population à qui il offre ses services ? », a dit Mme Jean durant le Cercle de presse.

Legault soutient Rochefort 

Dans un point de presse tenu mercredi, le chef de la CAQ, François Legault, a réitéré sa confiance envers M. Rochefort, ajoutant avoir été informé dès le début de la campagne de cette histoire.