Des précautions prises à Saint-Honoré

La présence d’étudiants chinois à l’aéroport de Saint-Honoré, formés par Cargair et dont la langue d’origine n’est ni le français ni l’anglais, incite les utilisateurs des pistes à multiplier les rencontres opérationnelles afin d’éviter tout incident grave.

Invité à commenter le rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) publié mercredi et portant sur la collision survenue en mars 2017 entre deux avions de l’école de pilotage Cargair au-dessus des Promenades Saint-Bruno, à Saint-Bruno-de-Montarville, le directeur du Centre québécois de formation aéronautique (CQFA), Steeve Noreau, a mentionné que toutes les précautions sont prises afin de s’assurer que tout le monde puisse bien se comprendre.

L’enquête du BST a permis d’établir que les deux pilotes, qui effectuaient des vols en solo selon les règles de vol à vue dans un espace aérien contrôlé, ont dévié des restrictions d’altitude transmises par le contrôle de la circulation aérienne juste avant d’entrer en collision. Leur langue maternelle n’était ni le français ni l’anglais, mais leurs compétences en anglais avaient été jugées fonctionnelles. Cela signifie que leur maîtrise de l’anglais était conforme au niveau fonctionnel minimal de compétences linguistiques acceptable, et reconnu à l’international, pour les communications aéronautiques par radiotéléphonie.

L’enquête a aussi permis de déterminer que le nombre d’activités menées à l’aéroport de Saint-Hubert et leur diversité accroissent la complexité du contrôle de la circulation aérienne. Les divers niveaux de compétences de vol et linguistiques des élèves-pilotes des quatre écoles de pilotage locales complexifient davantage le travail des contrôleurs. Durant son enquête, le BST a constaté que la surveillance réglementaire du test de compétences linguistiques pour l’aviation (TCLA) exercée par Transports Canada se limite à des vérifications administratives. Par conséquent, il est impossible de déterminer si, et dans quelle mesure, les examinateurs désignés gèrent le TCLA de manière à en assurer la validité, la fiabilité et la normalisation à l’échelle nationale.

Après l’événement, Transports Canada a émis une Alerte à la sécurité de l’Aviation civile. Cette alerte recommande aux unités de formation au pilotage de s’assurer que les élèves-pilotes maîtrisent les compétences linguistiques de niveau fonctionnel en vertu de l’échelle de compétence linguistique qui est donnée dans les normes de délivrance des licences, et ce, avant de les autoriser à effectuer des vols d’entraînement en solo.

« Pas critique à l’extrême »
En ce qui a trait à la situation vécue à Saint-Honoré, M. Noreau affirme que la situation linguistique des étudiants en aéronautique chinois est relativement bonne. « L’anglais ou le français, ce n’est pas leur langue première. Les contrôleurs sont obligés souvent de leur demander de répéter les instructions. Il y a une barrière de langue, mais ce n’est pas critique à l’extrême », affirme-t-il.

Malgré tout, les rencontres opérationnelles sont fréquentes, selon M. Noreau, entre les gens de NAV Canada, le ministère des Transports, gestionnaire de l’aéroport, Cargair, Exactair et le CQFA pour coordonner tout le monde et s’assurer que tous respectent les aires et horaires de vol. « Lorsqu’on fait du vol de nuit, on informe Cargair pour éviter d’être tous ensemble. »

La communication entre utilisateurs représente un des grands avantages, mais il y a aussi le fait qu’avec ses trois pistes, Saint-Honoré est limitée à la présence d’un maximum de six appareils dans le même circuit.