Béton Multi surfaces voulaient offrir une nouvelle option aux clients, en fabriquant des monuments en béton blanc. Le problème, c'est que les corporations des cimetières catholiques de Jonquière et d'Alma refusent leur produit.

Des pierres tombales en béton refusées

N'entre pas dans le marché de la mort qui veut. L'entreprise Béton Multi Surfaces, qui s'est lancée dans la fabrication de pierres tombales il y a un an, se rive maintenant le nez au portail des cimetières de Jonquière et d'Alma, qui refusent l'installation de ses monuments sur leur terrain. Pourtant, plusieurs pierres tombales de l'entreprise saguenéenne sont aujourd'hui vendues et installées dans les cimetières de Chicoutimi, La Baie, Saint-Honoré, Chibougamau et Montréal.
Il y a un an, Béton Multi Surfaces lançait sa nouvelle gamme de pierres tombales, fabriquées en béton blanc. L'entreprise voulait offrir une nouvelle gamme de produits dans ce marché, détenu majoritairement par les compagnies travaillant le granit, le marbre et le bronze. 
Si les produits de Béton Multi Surfaces connaissent une certaine popularité chez les clients et chez les thanatologues, quelques corporations de cimetières catholiques se montrent plutôt réfractaires. 
« Ce sont les corporations qui décident quels monuments sont acceptés ou non. Ce n'est pas le client. Nous avons donc invité les différentes corporations à venir voir nos produits pour que nous leur expliquions notre démarche. Nous avons été très bien accueillis à Chicoutimi et à La Baie, mais les corporations de Jonquière et Alma ont refusé de venir nous voir. Et cette semaine, nous avons su que nos monuments n'étaient finalement pas acceptés. On ne nous a pas donné de raison, prétextant que nos monuments n'étaient pas assez solides. Pourtant, on installe nos pierres tombales dans plusieurs autres cimetières, qui nous ont accueillis à bras ouverts », a expliqué Martine Chateauneuf, responsable du développement des affaires chez Béton Multi Surfaces.
« Nous savons que nos produits sont aussi fiables que le granit. Si tous les cimetières nous disaient non, on se remettrait en question, mais là, c'est simplement deux endroits dans la région.
Martine Chateauneuf déplore que les produits de Béton Multi Surfaces soient refusés à Jonquière et Alma, alors qu'ils sont installés à Chicoutimi, Saint-Honoré, La Baie, Chibougamau et Montréal.
«C'est vraiment dommage, car nous vendons des pierres tombales jusqu'à Montréal et on nous freine dans notre propre région », a ajouté la directrice de Béton Multi Surfaces, Sylvie Girard. 
La dame a d'ailleurs dû informer un client il y a quelques jours, après que ce dernier ait commandé son monument. « Il ne pouvait pas l'installer à Jonquière alors nous avons dû annuler la commande. Il était déçu, puisqu'il voulait quelque chose de différent et de plus abordable », a indiqué Mme Girard. 
Jointe par Le Quotidien, la Corporation des cimetières catholiques de Jonquière a refusé d'expliquer pour quelle raison les monuments de béton étaient refusés.
« C'est une résolution du conseil d'administration », a indiqué la directrice générale de la corporation, Sonia Fortin. Questionnée à savoir sur quoi avait été basée la résolution, Mme Fortin ne s'est pas montrée plus loquace. 
« Ça ne regarde que le conseil d'administration », a-t-elle affirmé. 
Du côté de la Corporation des cimetières catholiques d'Alma, Le Quotidien s'est rivé à une boîte vocale, informant que les bureaux étaient fermés jusqu'au 21 août. 
« Nous voulions offrir quelque chose de nouveau dans le domaine du deuil. Des pierres tombales de béton blanc répondaient à la demande de plusieurs personnes et ce sont des ingénieurs qui ont mis sur pied le procédé pour que le produit soit durable et écologique. Tout est dans les règles et aussi durable que d'autres produits. À titre comparatif, le béton de nos pierres a une résistance à la compression de 75 MPa, alors que le solage d'une maison est de 25 MPa », a expliqué Martine Chateauneuf. 
Outre les corporations de Jonquière et d'Alma, l'entreprise située sur le boulevard du Royaume n'a pas été refusée nulle part, que ce soit au Saguenay ou ailleurs au Québec.
Selon les dirigeants, la réponse est particulièrement positive dans la métropole.