Des pertes au profit de la Capitale-Nationale

La saignée se poursuit dans le bilan démographique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La région affiche un solde migratoire interrégional négatif de 710 personnes pour l’année 2016-2017, selon le dernier rapport de l’Institut de la statistique du Québec, dévoilé mardi. Un lourd déficit qui continue de se faire au profit de la Capitale-Nationale.

Selon les plus récentes données, 3421 citoyens ont choisi de s’installer en sol jeannois ou saguenéen, mais quelque 4131 ont décidé de déménager dans un autre territoire, principalement dans la grande région de Québec. Il s’agit du deuxième plus lourd bilan des 10 dernières années pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Au même moment, la Capitale-Nationale attirait plus de 1300 nouveaux citoyens provenant d’une autre région. Un résultat toutefois deux fois moins élevé qu’en 2000. 

La Côte-Nord et le Nord-du-Québec enregistrent des soldes plus dramatiques. Mais c’est Montréal qui obtient la palme du plus bilan le plus négatif avec des pertes de quelque 20 000 personnes. 

Le bilan migratoire interrégional, précisons-le, est l’une des composantes du bilan démographique, mais d’autres facteurs font varier la taille de la population, dont le nombre de naissances et l’immigration. Donc, malgré son taux le plus élevé de déménagements vers d’autres régions, la métropole connaît tout de même une hausse démographique.

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, seule la MRC du Fjord-du-Saguenay enregistre un solde migratoire positif avec une hausse de 52 habitants en 2016-2017. 

Dans les MRC de Saguenay et Lac-Saint-Jean-Est, le taux net se situe autour de – 0,20 %, le déficit étant dans les deux cas moins importants qu’en 2015-2016. 

Les pertes les plus importantes se trouvent dans les MRC Domaine-du-Roy et Maria-Chapdelaine.

Le député Alexandre Cloutier

+ «Le statu quo est intenable», dit Cloutier

Des mesures plus draconiennes sont nécessaires pour faire inverser le déficit démographique, plaide Alexandre Cloutier. Réagissant aux dernières statistiques sur le solde migratoire interrégional négatif, le député sonne pour une énième fois l’alarme. 

« Ce que ça dénote, c’est que plus que jamais, ont doit prendre des décisions pour changer l’ordre des choses. Parce que la région perd des travailleurs, des jeunes et au final, c’est son poids politique qu’elle perd. Le statu quo est intenable. Ça va prendre des mesures fortes pour inverser rapidement cette tendance », insiste le député.

À 24 heures du lancement du Colloque Action économique, qui porte sur les enjeux démographiques de la région, Alexandre Cloutier dresse une liste de mesures qui à son avis auraient un impact positif au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des mesures discriminatoires au profit des régions. 

Après avoir proposé de favoriser l’immigration en région en facilitant l’entrée des gens qui choisissent ces territoires, le député réclame aussi la gratuité dans les universités régionales. 

« Cette mesure encouragerait nos jeunes à étudier en région. Ça serait dans le réseau des Universités du Québec, à l’exception de celle de Montréal. Oui, ça a un coût. Mais l’impact sur les finances ne serait pas aussi majeur que l’impact global pour les régions », croit le député de Lac-Saint-Jean, qui a cependant annoncé qu’il ne se présentera pas aux prochaines élections provinciales. Rembourser les frais de scolarité des étudiants étrangers qui décident de demeurer au Québec pour travailler fait aussi partie des solutions privilégiées par Alexandre Cloutier. 

« Les étudiants qui viennent d’un autre pays payent pour le moment des frais de scolarité plus élevés que les Québécois. Mais s’ils décident de rester, de payer leurs impôts au Québec, ça serait tout à fait normal qu’on rembourse une partie de leurs frais », ajoute le député. 

Des programmes de mobilité pour les étudiants de cégep existent au Québec. Mais Alexandre Cloutier croit qu’il faut les bonifier pour encourager les jeunes à étudier dans d’autres régions. 

« Il faut également arrêter de construire de nouveaux pavillons pour des cégeps à Montréal, alors que nos installations ne sont pas utilisées à pleine capacité. Avant de construire, on devrait accompagner les jeunes pour qu’ils se déplacent plus sur le territoire. Quand il n’y a plus de place dans un cégep, les gens devront aller ailleurs. Mais il faudra bien sûr ajouter des incitatifs avec cette mobilité. »

D’autres solutions seront proposées par le député et divers intervenants, jeudi, dans le cadre du Colloque Action économique qui se tient à Alma. L’événement, qui accueillera également la ministre Dominique Anglade, des entrepreneurs et des experts en éducation, affiche plus de 300 inscriptions.