Gabriel Lavoie, Patrick Singher et Patrice Lavoie ont fait une belle récolte de dorés à l’embouchure de la rivière Métabetchouane à Desbiens pour la journée d’ouverture.

Des pêcheurs responsables

Le printemps tardif a fait coïncider l’ouverture de la pêche au doré au lac Saint-Jean directement avec la période du frai. De gros géniteurs se retrouvent donc à l’embouchure des rivières en même temps que des centaines de pêcheurs, un scénario qui n’est pas souhaitable pour la conservation et le développement de l’espèce.

Tôt vendredi matin, les pêcheurs n’ont cependant pas assisté à une pêche abusive de géniteurs comme cela s’était produit en 2014. La recommandation de la Corporation LACtivité pêche (CLAP) d’inviter les pêcheurs à remettre à l’eau volontairement les dorés de plus de 47 centimètres a eu son effet. Plusieurs prises de deux à quatre kilogrammes ont été remises à l’eau.

«C’est certain que lorsque tu as un gros doré géniteur au bout de ta ligne et qu’il y a une vingtaine de pêcheurs autour qui te regardent, ça met de la pression pour le remettre à l’eau», a commenté un agent de la CLAP, qui était posté à la rampe de mise à l’eau de la Belle-Rivière à Saint-Gédéon.

«Nous sommes sur le lac depuis 5h ce matin et nous avons conservé une vingtaine de dorés de moins de 47 cm. Nous avons remis un gros géniteur à l’eau. Ça fait des années que je pêche le doré au lac, et nous avons toujours remis les gros géniteurs à l’eau. On prend une photo du trophée et hop, on le retourne dans le lac. De toute façon, ils sont moins bons à manger que les dorés de taille moyenne», a commenté Patrick Singher, en sortant de la rivière Métabetchouane à Desbiens.

Un pêcheur a raconté qu’en remettant un doré femelle de grande taille à l’eau, une grande quantité d’oeufs lui a coulé entre les mains, ce qui démontre que la fraie est encore au début de son activité.

Pour cette journée d’ouverture de pêche au doré, on estime qu’environ une cinquantaine d’embarcations étaient à l’eau à Desbiens et que près d’une centaine d’autres sillonnaient les eaux du lac dans le secteur de Belle-Rivière, ce qui représente plus de 300 pêcheurs en action.

De façon générale, les pêcheurs ont respecté la recommandation de la CLAP pour protéger la ressource. De nombreux témoignages ont été entendus voulant que plusieurs gros géniteurs aient été remis à l’eau.

Pour cette journée d’ouverture de pêche au doré, on estime qu’environ une cinquantaine d’embarcations étaient à l’eau à Desbiens et que près d’une centaine d’autres sillonnaient les eaux du lac dans le secteur de Belle-Rivière, ce qui représente plus de 300 pêcheurs en action.

«Cette année, le printemps tardif a fait en sorte que la fraie du doré à Desbiens et à Saint-Gédéon est environ une semaine plus tard qu’à l’habitude. Et ça correspond à une année où l’ouverture de la pêche est relativement hâtive; c’est-à-dire que la date est fixée au quatrième vendredi de mai chaque année, et ça peut varier de sept jours, du 22 au 28 mai. Cette année, le 24, c’est relativement tôt», a fait part la biologiste du bureau régional du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Karine Gagnon.

«Il faut rappeler que la majorité des indicateurs biologiques et démographiques du doré sont très bons au lac Saint-Jean. Toutefois, la biomasse des femelles matures est suivie avec attention. La présence de beaucoup de femelles matures n’est pas une garantie en cas de mauvaises conditions climatiques durant la reproduction», fait savoir la biologiste.

Une forte crue printanière peut en effet mener la vie dure aux oeufs de doré et lessiver les sites de fraie.

«On ne connaît pas de façon certaine la biomasse minimale de femelles matures nécessaire au maintien d’une population saine, de même que les facteurs qui affectent le recrutement», a ajouté la biologiste.

«Dans une perspective préventive et soutenue par un comité scientifique, le ministère analyse la pertinence de protéger les plus gros dorés de la population, soit les reproducteurs, à l’aide d’une mesure réglementaire. Le processus de modification réglementaire suit son cours», a fait part la spécialiste régionale du doré.

Les pêcheurs doivent donc continuer de respecter la recommandation de la CLAP au cours des prochains jours.

Dès que l’eau aura atteint la température de huit à neuf degrés, les géniteurs se mettront en mode reproduction.

Ce trio de jeunes pêcheurs a récolté cinq belles ouananiches pendant que la majorité des adeptes recherchait le doré.

La vigilance reste donc de mise.