Jean-Eudes Girard est exaspéré de voir autant de pancartes de maison à vendre sur le terrain de son logement.

Des pancartes dérangeantes et illégales

Des citoyens du quartier des Oiseaux, à Chicoutimi, sont exaspérés par la présence de nombreuses pancartes à vendre sur leur terrain. Des propriétaires de condo qui souhaitent vendre leur propriété profitent de l’affluence de la rue des Roitelets pour installer leur pancarte au coin de la rue des Hiboux. Une pratique qui devrait bientôt prendre fin, puisqu’elle est illégale, explique la Ville de Saguenay.

Jean-Eudes Girard, un ancien conseiller municipal de Jonquière, habite à cette intersection. Il déplore que les agents immobiliers et les propriétaires de condo installent leur affiche sur un terrain qui n’est pas le leur.

«En plus, ce sont pour les condos d’en arrière. Les propriétés à vendre ne sont même pas sur ce terrain. Il y a des pancartes qui sont là depuis l’hiver», dénonce-t-il.

Le propriétaire de l’immeuble, Jean-Charles Lavoie, qui possède d’autres bâtiments dans le secteur, n’a jamais fait de plainte à ce sujet, mais il dénonce cette situation. «Je trouve ça tannant parce que ça porte à confusion. On dirait que ce sont mes bâtisses qui sont à vendre. C’est très ordinaire», déplore M. Lavoie.

La locataire du rez-de-chaussée, Astride Verreault, suggère aux propriétaires d’utiliser le rond-point, sur la rue des Hiboux, pour installer les pancartes.

«L’année passée, j’ai compté jusqu’à huit pancartes sur le terrain. Ce n’est pas très beau. Je suis locataire, mais si c’était ma maison, je ne les laisserais pas faire!», a-t-elle dit lors d’une discussion avec Le Progrès.

Pratique illégale

Le directeur du service des communications à la Ville de Saguenay, Jeannot Allard, confirme que cette pratique est illégale.

Selon le règlement municipal, un propriétaire peut mettre une pancarte à vendre sur sa propriété, et non sur d’autres terrains.

Les citoyens avec lesquels Le Progrès s’est entretenu se questionnaient sur l’emprise de la ville, qui concerne la portion de terrain située en bordure de la route ou du trottoir.

«L’emprise de la ville existe, mais elle n’est pas publique. Ça le dit, elle appartient à la ville uniquement. Si la pancarte d’une maison à vendre est sur un terrain plus loin, ce n’est pas légal», a expliqué M. Allard, ajoutant que les citoyens peuvent appeler à la division des permis et des programmes pour dénoncer ce genre de situation.

Selon un agent immobilier interrogé à ce sujet, il existe une certaine tolérance pour les pancartes de maisons à vendre. Ce dernier n’a pas l’intention de les enlever, malgré le règlement, s’il n’y a pas de plainte.

«Si mon client me demande de mettre une pancarte là, c’est embêtant de lui dire non», a-t-il dit.