Des millions disponibles pour les producteurs canadiens

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Marie-Claude Bibeau, exhorte les producteurs canadiens à se prévaloir des programmes d’aides existants. La députée fédérale de Compton-Stanstead est d’avis qu’ils doivent dès maintenant manifester leurs besoins financiers alors que des millions de dollars sont disponibles. L’élue fédérale n’écarte pas la possibilité de bonifier les programmes et les sommes déjà annoncés.

Cet appel de la ministre survient quelques jours après qu’une aide financière de 252 millions de dollars ait été annoncée par le gouvernement fédéral pour le secteur agroalimentaire. Une mesure qui fut jugée insuffisante par plusieurs alors que la Fédération canadienne de l’Agriculture réclamait un fonds d’urgence de 2,6 milliards de dollars pour faire face aux conséquences de la COVID-19.

« Je continue à inviter les producteurs à utiliser les programmes d’aide. Ils semblent tourner le dos alors qu’il y a de l’argent pour eux. Utilisez ce qui existe, on va continuer à bonifier avec des programmes d’urgence », indiquait la ministre dans un entretien avec Le Quotidien, mercredi, soit quelques heures avant la présentation d’un projet de loi visant à augmenter la capacité d’emprunt de la Commission canadienne du lait pour lequel elle ne s’attendait pas à ce qu’il y ait opposition à la Chambre des communes.

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire est consciente des limites de certains programmes de gestion des risques, dont Agri-stabilité. Elle assure entendre les critiques formulées par ceux qui consacrent leur vie à leurs productions et rappelle que des ajustements ont déjà été apportés. Mme Bibeau ajoute que les modifications et améliorations doivent se faire avec la collaboration de l’ensemble des provinces.

« Allez chercher ce qu’il y a de disponible. Utilisez la calculatrice associée au programme et jugez par vous-même », mentionne-t-elle, ajoutant que les agriculteurs ne peuvent tourner le dos à de tels programmes.

La ministre Bibeau cite en exemple le fonds de réserve Agri-investissement. Le programme basé sur l’épargne permet de déposer, chaque année, une somme maximale de 10 000 $ à laquelle s’ajoute une contribution gouvernementale équivalente. À ce jour, environ 2,3 milliards de dollars se sont accumulés dans ce fonds de réserve.

« Ça n’envoie pas le message qu’ils ont réellement besoin d’argent. Il n’y a pas de retrait dans ce compte d’épargne », dit-elle.

La moitié de la somme annoncée pour le secteur agroalimentaire pour faire face à la pandémie se retrouve au sein du programme Agri-relance qui aide, en temps normal, les producteurs lors de catastrophes naturelles. La mécanique habituelle veut que la province concernée interpelle le gouvernement fédéral afin de lancer une évaluation des coûts engendrés par une catastrophe naturelle. Le palier fédéral se charge ensuite de 60 % de la facture et le solde est refilé à la province. En raison du contexte actuel, le gouvernement versera sa part jusqu’à concurrence de 125 millions de dollars, et ce, sans attendre l’apport provincial. La somme provenant du palier fédéral pourra couvrir jusqu’à 90 % de la facture des producteurs.

Autonomie alimentaire

L’actuelle crise de la COVID-19 et ses nombreux impacts ont amplifié les discussions entourant la provenance des produits et l’autonomie alimentaire. La ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire est convaincue que des pans du secteur agroalimentaire canadien peuvent être améliorés.

« Notre capacité de transformation pourrait en faire partie. On ne transforme pas assez de produits. On se prive d’une valeur ajoutée », affirme celle qui a perçu cela dès le début de son mandat il y a un peu plus d’un an.

L’équation est tout de même complexe alors que les particularités régionales doivent être prises en considération et que l’importation et l’exportation de produits restent inévitables dans certains cas.

« Ça me fait plaisir d’entendre qu’il y a des producteurs qui ont déjà des cahiers de commandes complets pour les paniers de légumes », affirme-t-elle, tout en soulignant que le secteur agroalimentaire ne peut se limiter qu’à ce type de productions.