Nicolas Riverain-Turcotte, de la Ferme du Ruisseau de Saint-Fulgence, affirme que de nombreux plants malades ont dû être détruits ces deux dernières années.

Des milliers de fraisières détruites

Le dépérissement des fraisières causé par des virus pose de sérieux problèmes à bon nombre de producteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
La faible quantité du succulent fruit rouge actuellement disponible est attribuable à ce problème d'infestation qui inquiète passablement l'Association des producteurs de fraises et framboises du Québec (APFFQ).
La situation est observée depuis quelques années. Elle touche tout le Québec, mais aussi d'autres provinces du Canada. "Ça fait deux ans que l'on plante des plants malades. Ils ne progressent pas et ne produisent pas beaucoup de fraises. Nous avons dû détruire une partie de notre fraisière», affirme Nicolas Riverain-Turcotte, de la Ferme du Ruisseau de Saint-Fulgence.
À Roberval, des plants du producteur maraîcher André Lévesque sont sous haute surveillance. Des chercheurs de l'Université Laval ont installé de petites plaquettes dans les champs afin de tenter de capturer des pucerons du fraisier pour tenter d'élucider la situation. Cette espèce est à l'origine de la transmission des virus.
«Le phénomène a d'abord été observé aux États-Unis, il y a quelques années, et il touche maintenant tout le Québec, indique André Lévesque, qui a été contraint de détruire la moitié des 40 000 pieds qu'il a plantés en 2013. Je prétends que ça part de pépinières où nous nous sommes procuré des plants. Les études nous permettront sûrement d'en savoir davantage», ajoute le producteur de Roberval. Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, des agriculteurs auraient l'intention d'entreprendre des recours contre des fournisseurs.
Au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, la situation n'est pas prise à la légère. Sur le terrain, le dépérissement des fraisières fait l'objet d'une investigation. Des tests de dépistage sont aussi offerts aux producteurs.
La directrice de l'APFFQ, Yourianne Plante, se veut rassurante quant à la qualité du fruit. «Bien que des plants soient affectés, la fraise est de très bonne qualité et cela ne comporte aucun danger pour la santé des consommateurs. Des régions sont plus attaquées que d'autres, alors que certaines sont épargnées, comme celle de Québec.»
André Lévesque et Nicolas Riverain-Turcotte fondent de l'espoir sur leurs plantations du printemps dernier. Les deux hommes sont d'avis que la situation sera chose du passé d'ici deux ans.
«Les nouveaux plants sont sains et en bonne santé. La situation devrait s'améliorer, affirme M. Lévesque. Nous avons changé de fournisseur et les nouvelles plantations qui nous donneront des fruits en 2015 sont très belles», ajoute M. Riverain-Turcotte.
Au Canada, le Québec est le plus important producteur de fraises.
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