Vivian Krause a présenté, à l’invitation d’Alliance forêt boréale, le résultat de ses recherches entourant les sources de financement de groupes environnementaux canadiens.

Des milliards derrière l’activisme environnemental

Certains groupes environnementaux et certaines campagnes de désinformation continuent de faire mal paraître de nombreux projets et même l’industrie forestière, croit l’éditorialiste canadienne Vivian Krause. Force est d’admettre que le financement derrière ces mouvements est à la fois « gargantuesque et complexe ».

Élus municipaux, acteurs de l’industrie forestière ainsi que représentants des travailleurs s’étaient donné rendez-vous, mercredi, à Québec, afin de prendre connaissance des recherches de Vivian Krause. Cette dernière s’intéresse, depuis près d’une décennie, aux sources de financement de groupes environnementaux canadiens. Plus de 80 personnes ont répondu à l’invitation d’Alliance forêt boréale afin d’en apprendre davantage sur ces regroupements « qui luttent contre l’exploitation de la forêt boréale et l’impact sur l’industrie forestière canadienne ».

Le travail de Vivian Krause l’a amenée à éplucher divers documents d’impôts de fondations et de groupes environnementaux. Ceci lui a permis de constater que le salaire de certains activistes dépasse la barre des 100 000 $ américains alors que plus de 600 millions $ provenant des fondations américaines auraient été remis à des organisations canadiennes au cours des 15 dernières années.

La chercheuse canadienne a présenté quelques groupes et fondations qui sont motivés par le désir de « créer suffisamment d’incertitudes financières, réglementaires et politiques ». Ces façons de faire sont, selon elle, une explication au fait que des entreprises sont plus frileuses à investir au Canada. « Le problème que j’ai avec ces campagnes, c’est le manque d’intégrité et de vérité. On a besoin de l’activisme, mais il faut être honnête », a exprimé Vivian Krause.

Ses recherches lui ont également permis d’identifier des joueurs importants de l’activisme électoral. Vivian Krause raconte que des groupes américains se sont même invités en politique fédérale canadienne. Un mouvement qui milite actuellement contre Andrew Scheer s’est affiché, par le passé, comme un acteur de la défaite de Stephen Harper.

« Le message que je veux lancer, c’est qu’il faut travailler tous ensemble. Je vous invite à élever le ton. Si vous ne parlez pas, rien ne va se passer. Pourquoi ces activistes-là ont du succès ? Parce qu’ils s’ouvrent la trappe. Un mensonge répété plusieurs fois devient une vérité. Je m’en suis rendu compte avec des clients de Résolu, a mentionné l’ancien PDG de PFR, Richard Garneau, maintenant retraité. Je continue de vous encourager. Vous ne me voyez pas, mais je suis encore là. Je ne vous oublie pas et je n’oublie pas les travailleurs. Faites vous voir et faites vous entendre. Supportez votre industrie et continuez. »

Questionnée quant à des pistes de solutions face à ce débalancement entre l’industrie et ces campagnes, Vivian Krause rappelle l’importance de continuer à travailler, de mieux s’organiser et d’être plus stratégiques.

La région présente à Québec

Le début du congrès annuel de la Fédération québécoise des municipalités, jeudi, à Québec, n’est certainement pas étranger à la forte participation à l’événement. Cela n’enlève en rien à la présence de plusieurs élus jeannois et saguenéens. « Le timing est excellent, c’est le moment de faire de la sensibilisation et de faire front commun. La démonstration du Saguenay–Lac-Saint-Jean exprime, hors de tout doute, la solidarité. Il faut faire pression. Nous ne sommes pas des spectateurs, nous sommes des acteurs », a confié au Quotidien le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, Lucien Boivin.

Forte d’une restructuration faite au cours des derniers mois, Alliance forêt boréale est de plus en plus active. « On augmentera les interventions et les collaborations. Contrairement à ces groupes, on travaille avec des faits et des spécialistes pour protéger nos communautés forestières. Ce qu’on veut, c’est que le gouvernement reconnaisse l’industrie forestière comme un pilier du développement économique québécois », a mentionné le maire de Dolbeau-Mistassini et président d’Alliance forêt boréale, Pascal Cloutier.