Les nouvelles dépenses n’avaient jamais atteint un tel niveau depuis l'élection du Parti libéral en avril 2014.

Des mesures qui touchent la région

Le Plan nord, plus vivant que jamais

Le gouvernement libéral mise encore sur son Plan Nord pour le développement économique du territoire québécois. Pour l’année en cours, 86 millions $ seront versés à la Société du Plan Nord, entité responsable du déploiement de cette stratégie lancée en 2011 par Jean Charest. Une somme qui sera revue à la hausse chaque année jusqu’en 2023, totalisant des investissements de 474 millions $.

Déjà annoncé, le prolongement de la route 138 sur la Côte-Nord et le développement de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire dans la fosse du Labrador seront soutenus par la Société du Plan Nord. Aucune somme n’a été réservée pour des projets touchant de plus près le Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont la voie ferroviaire vers Chibougamau réclamée par les élus. Des sommes sont toutefois prévues pour aider les promoteurs à entretenir et créer des chemins d’accès. 

127 M $ de plus pour la forêt

Le gouvernement débloque 127 millions $ supplémentaires pour la forêt. Ces sommes serviront notamment à bonifier le Programme Innovation Bois qui vise la création de nouveaux produits. Le budget de ce programme est passé de 22,5 millions $ à 70 millions $, en raison de sa grande popularité.

Des mesures plus traditionnelles, dont le reboisement de la forêt publique (14 millions $) et la lutte à la tordeuse d’épinette (40 millions $) seront financés avec ces quelque 127 millions $ additionnels.

D’autres mesures témoignent de l’importance accordée aux nouvelles énergies par le gouvernement libéral.

Les libéraux ajoutent en effet 45 millions $ supplémentaires au programme de biomasse forestière résiduelle. Ce programme a soutenu jusqu’à maintenant 93 projets de conversion à la biomasse.

Le gouvernement met aussi en place un crédit d’impôt pour la production d’huile pyrolytique à base de biomasse forestière résiduelle. Une première au Québec. En vigueur à partir du 1er avril 2018, ce tout nouveau crédit coûtera 6,9 millions $ annuellement.

Le gouvernement poursuit également son partenariat avec FP Innovations avec l’ajout de 6,5 millions $ additionnels. L’argent servira à assurer la formation d’une main-d’œuvre hautement qualifiée dans le secteur forestier et la mise en place de projets pilotes sur la forêt feuillue.

Plusieurs mesures pour le tourisme et la faune

Une myriade de mesures touchent le plein air et la faune dans le budget 2018. Près de 20 millions $ seront injectés pour le développement des zecs. L’argent servira notamment à diversifier l’offre d’activités des zecs et à la rénovation d’infrastructures d’accueil.

Québec prévoit aussi revoir son modèle de vente de permis de chasse et de pêche. Une somme de 14 millions $ est réservée pour la création d’un portail permettant la vente en ligne de permis.

Le gouvernement veut faire de la province une destination privilégiée pour la pêche sportive au saumon. Québec ajoute 4 millions $ au budget initial de 10 millions $ réservé pour développer ce créneau.

Les établissements de la Sepaq obtiendront une aide de 70 millions $ pour les cinq prochaines années. Ces investissements permettront d’améliorer les sites appartenant au gouvernement du Québec. Le projet de 3,5 millions $ visant le réaménagement de la route à Saint-Gédéon pour donner accès aux nouveaux secteurs du parc national de la Pointe-Taillon est confirmé dans le budget 2018.

L’étude sur le deuxième pont au menu

Saguenay a demandé, il y a moins d’un mois, la tenue d’une étude sur la construction d’un deuxième pont reliant ses deux rives. L’étude d’un pont sur la rivière Saguenay figure au budget 2018, mais il se trouve légèrement plus loin. Le gouvernement a confirmé la création d’un bureau pour analyser les impacts et les coûts entourant la construction d’un pont reliant Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. Même si le pont se trouve à l’extérieur des frontières régionales, les entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourraient avoir l’opportunité de démontrer leur savoir-faire. Toutefois, la création d’un bureau de projet est une étape qui se trouve à des années-lumière d’une pelletée de terre.

Le secteur Bioalimentaire parmi les gagnants

Le secteur bioalimentaire fait partie des gagnants de ce budget. Québec investira plus de 349 millions $ sur cinq ans pour favoriser notamment la production et la transformation alimentaire. Cette somme est exclue du budget de base du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, qui a quant à lui augmenté de 14 millions $ en 2018-2019, pour atteindre 899 millions $.

Avec sa nouvelle stratégie bioalimentaire, Québec prévoit aussi promouvoir les aliments d’ici sur les marchés extérieurs, favoriser la reconnaissance et l’attribution d’appellations réservées, encourager le développement de serres, réduire l’impact de la hausse des terres agricoles et soutenir la croissance de la production biologique. La stratégie complète de cette nouvelle politique sera dévoilée dans quelques semaines.

Des bureaux régionaux d’immigration pourraient voir le jour

Le ministère de l’Immigration sera davantage présent dans les régions du Québec. Des bureaux régionaux devraient voir le jour, grâce à des investissements de 70 millions $.

La décentralisation n’est pas confirmée officiellement dans le budget, mais le ministre David Heurtel l’a répété à plusieurs reprises. Une vingtaine de bureaux devraient être créés.