Des citoyens de Saint-Bruno sont incommodés par des odeurs nauséabondes émanant du lieu d'enfouissement technique situé à Hébertville-Station.

Des mesures pour contrer les mauvaises odeurs

Malgré une deuxième plainte d'un citoyen concernant des odeurs nauséabondes dans le rang 8 à Saint-Bruno provenant du lieu d'enfouissement technique (LET) d'Hébertville-Station, le ministère de l'Environnement relève seulement pour l'instant les nombreux efforts de la Régie des matières résiduelles (RMR) du Lac-Saint-Jean pour régler le problème.
Cet été, des résidants se sont plaints d'une « puanteur » émanant du LET, plus précisément du bassin de lixiviat. Ce liquide est composé principalement de l'eau de pluie et de la fonte des neiges qui passe à travers les déchets jeannois. Il est recueilli puis traité pour atteindre les normes de l'eau de baignade, avant d'être rejeté dans l'environnement. Les odeurs étaient accrues en raison des techniques de brassage dans le bassin qui ont, depuis, été modifiées. Certains citoyens n'ouvraient plus leurs fenêtres, tant les senteurs étaient intenses.
Une première plainte a été déposée le 28 août au ministère du Développement durable, l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC).
Lors des inspections du bureau régional du Centre de contrôle environnemental du Québec (CCEQ) le 31 août et le 6 septembre, aucune odeur particulière n'a été constatée, mais le plan d'action de la RMR et son changement de pratiques ont été notés. Une firme spécialisée a aussi été engagée pour réaliser une étude de caractérisation, afin de vérifier si d'autres mesures peuvent être mises en place. Le ministère a tout de même reçu une deuxième plainte le 13 septembre par le même citoyen, Richard Thériault.
« Des vérifications supplémentaires sont en cours par un inspecteur du CCEQ dans le but de s'assurer que tout soit mis en place, dans les meilleurs délais, pour régler de façon définitive cette problématique d'odeurs. [...] Le Ministère s'assurera de donner les suites appropriées », explique par courriel la conseillère en communication du MDDELCC, Sophie Gauthier.
En plus de brasser le lixiviat à faible intensité, la régie a aussi injecté des bactéries qui détruisent les odorants et a installé un système pour neutraliser et masquer les odeurs. M. Thériault a pu visiter le site et a apprécié la transparence de la Régie.
« Ça se résorbe tranquillement. Ça ne peut pas se régler tout d'un coup, nuance en entrevue téléphonique la porte-parole de la RMR, Stéphanie Fortin. L'étude de caractérisation va nous permettre d'identifier d'autres sources d'odeurs s'il y en a, de trouver d'autres mesures si possible et de voir comment on peut améliorer nos opérations, selon la météo par exemple. On va avoir le coeur net. »
Le ministère, les résidants du secteur et la RMR tentent donc de travailler en étroite collaboration. « C'est important que les citoyens nous éclairent sur la situation. Nous avons des patrouilleurs, mais ils ne sont pas là 24 heures sur 24 », ajoute Mme Fortin.
Capacité du site 
Le citoyen Richard Thériault croit que les odeurs ne sont pas le véritable problème et que les municipalités de la région devraient songer à améliorer leur gestion des matières résiduelles. 
« On est en campagne électorale justement, et on n'en entend pas parler », se désole-t-il. Le résidant de Saint-Bruno désire s'entretenir avec le ministre de l'Environnement David Heurtel pour demander des audiences publiques sur le projet d'agrandissement du lieu d'enfouissement technique.
Le LET fait l'objet d'une demande au ministère pour pouvoir augmenter à 200 000 tonnes sa capacité annuelle de déchets, qui est de 70 000 tonnes actuellement, afin de pouvoir prendre en charge les poubelles du Saguenay selon l'entente intermunicipale conclue avec la RMR il y a près de deux ans. Même si le processus d'évaluation n'est pas terminé, les déchets saguenéens pourront tout de même être enfouis pendant un moment sans excéder la capacité maximale. Le site de Matrec utilisé actuellement aura atteint son échéance en décembre prochain. 
La municipalité de Saint-Bruno espère pouvoir empêcher la venue des poubelles du Saguenay. Un projet d'injonction a été déposé à RMR. « Il prendra effet si les contraintes de la certification d'autorisation actuelle ne sont pas respectées et que la Régie ne répond pas favorablement à nos questions. On s'interroge sur le rejet des eaux usées dans un ruisseau qui pourrait avoir un lien avec les odeurs, de l'impact des camions de transport supplémentaires et sur l'objectif de valorisation des matières résiduelles », indique l'urbaniste Philippe Lusinchi.
Budget 2018 de la RMR : pas de hausse de prix pour les déchets
(Laura Lévesque) - Les Jeannois ne payeront pas plus cher pour la gestion de leurs matières résiduelles en 2018. Pour une huitième année consécutive, il en coûtera 180 $ la porte.
Réuni mardi à Roberval, le conseil d'administration de la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean a adopté son budget de l'année 2018. 
« On peut confirmer qu'il n'y aura pas d'augmentation et on en est très fiers. Il faut savoir que nos revenus proviennent des citoyens, mais aussi de la vente de matières. Et nous avons été en mesure d'avoir un budget équilibré sans avoir à piger dans les poches des citoyens », exprime la porte-parole de la RMR, Stéphanie Fortin. 
L'organisation responsable se prépare également à la collecte des matières organiques qui entrera en vigueur en 2020. La RMR a mis en place une réserve financière pour réduire le fardeau fiscal des citoyens. Elle vient également de déposer une demande d'aide financière au gouvernement pour le déploiement de ce service qui deviendra obligatoire dans toutes les municipalités du Québec.
Avant de mettre sur pied cette collecte des matières organiques, la RMR veut se pratiquer. Elle recherche actuellement un restaurant et une épicerie pour faire partie d'un projet-pilote. « On veut peaufiner notre expertise. On veut évaluer quels sont les freins aussi à cette collecte pour les commerces », détaille Mme Fortin, invitant les commerces intéressés à communiquer avec la RMR.