Annie Hubert (à gauche) et Julie Saint-Arnaud, de l’Alliance des intervenants en milieu familial (ADIM) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, se réjouissent du chemin parcouru par les éducatrices, dix ans après leur syndicalisation.

Des meilleures conditions pour les éducatrices en milieu familial

Le 31 octobre marquera le 10e anniversaire de la syndicalisation des éducatrices en milieu familial. Affiliées à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), les quelque 550 responsables d’un service éducatif à l’enfance du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Chibougamau sont fières du chemin parcouru en une décennie. Toutefois, elles estiment que du travail reste à faire pour changer la perception populaire de leur rôle et pour conserver leurs acquis.

« Il n’y a pas si longtemps, les gens nous voyaient encore comme des gardiennes d’enfants et non comme des éducatrices. On est des éducatrices à part entière, même que 75 pour cent de nos membres ont un diplôme en éducation à l’enfance », explique Annie Hubert, responsable d’un service de garde installé au sous-sol de sa résidence de Jonquière. Elle agit également comme vice-présidente régionale de l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Annie Hubert est convaincue que l’adhésion des travailleuses au syndicat a eu un impact positif sur leurs conditions de travail. Leurs salaires ont augmenté, elles ont plus d’avantages sociaux, peuvent bénéficier de vacances et de congés payés. Plus encore, leur présence dans l’espace public et dans l’œil médiatique a contribué à valoriser leur travail et à le faire connaître.

« La population commence enfin à nous voir comme des professionnelles. Avant, ont était chacune chez nous et on ne se connaissait pas. On n’avait pas de filet social. Les bureaux coordonnateurs de la garde en milieu familial avaient la mainmise sur nous et nous imposaient leurs propres règles. Maintenant, on profite de la force d’un réseau. Il y a encore du travail à faire parce que le gouvernement nous en demande toujours plus, mais il y a eu beaucoup de progrès », remarque Annie Hubert, qui a six enfants sous son aile.

Une option de choix

Julie Saint-Arnaud, qui a tenu un service de garde en milieu familial pendant une quinzaine d’années, préside l’ADIM en région. Elle aussi se réjouit de voir à quel point les conditions de travail des éducatrices se sont améliorées. Malgré le fait que certains parents préfèrent encore opter pour un Centre de la petite enfance (CPE), les familles sont nombreuses à privilégier les milieux familiaux, jugés par certains plus intimistes et propices aux échanges.

« Il y a une proximité dans la relation entre l’éducatrice et les parents que l’on ne retrouve pas dans un CPE. C’est plus chaleureux et la communication est plus facile et plus personnelle avec le parent. En plus, les éducatrices ont les enfants pendant cinq ans. Il y a un beau lien d’attachement qui se crée », note la présidente du syndicat.

Très encadrées, les éducatrices en milieu familial doivent répondre à une kyrielle de normes. Ce n’est pas le cas pour les services de garde privés qui, souvent, sont avantagés par des mesures fiscales déployées par le gouvernement. Les remboursements anticipés offerts aux parents dont la progéniture fréquente une garderie privée, couplés à la majoration des tarifs dans le réseau public, ont fait mal aux CPE et aux milieux familiaux, pourtant régis par un cadre très rigoureux.

Cela dit, Annie Hubert constate que de nombreux parents reviennent au public après avoir fait une incursion au privé.