Des médecins privés veulent aider, mais...

« J’ai des médecins, infirmières et inhalothérapeutes qui sont à la maison, disponibles pour le réseau de santé, mais qui ne peuvent pas aider en raison de règles administratives. Aidez-nous à vous aider! »

La propriétaire de la clinique privée Opti-soins, Pascale Lamarche, lance un véritable cri du coeur, un mois après le début de la pandémie. Ses professionnels de la santé, surtout les médecins, ne peuvent prêter main-forte au réseau public, tout en gardant une clientèle privée, car au Québec, on interdit la double pratique privée/publique. Un non-sens en temps de crise, selon Mme Lamarche.

« Tous les professionnels de la santé ont l’appel du devoir. Ils veulent aider. Mes équipes veulent prêter main-forte. Mais ça prendrait de la souplesse administrative pour permettre aux médecins de pratiquer dans le public, temporairement, sans délaisser leurs patients dans le privé, même si nos activités ont beaucoup diminué. Parce que si le médecin va dans le public, la loi prévoit un délai de 30 jours pour un retour dans le privé. Et aussi, nos patients, il ne faudrait pas les délaisser pendant la pandémie et risquer qu’ils se présentent à l’urgence », pointe Mme Lamarche.

Cette dernière ainsi que d’autres intervenants du secteur privé ont multiplié les sorties publiques et les démarches auprès des différentes instances publiques et auprès du Collège des médecins en vue d’un assouplissement de cette règle, et ce, depuis le 14 mars dernier. Un mois plus tard, aucune réponse positive en ce sens n’a été reçue.

« Ce n’est pas une guerre publique/privée qu’on veut faire. On est complémentaires. On veut aider, on lève la main. Que ce soit en location de professionnels ou en autorisant les professionnels à faire les deux pendant cette crise », plaide la femme d’affaires, également propriétaire des cliniques Unimédic.

« Il y a aussi une question d’opinion publique. Certains se posent des questions sur le fait qu’on ne va pas prêter main-forte au réseau. Et pour les professionnels, en ce moment, c’est tout un conflit de valeur. C’est un non-sens pour eux d’être à la maison. »

L’ajout de nouveaux médecins dans le réseau ne semble donc pas nécessaire, contrairement à certains pays qui ont dû innover pour dénicher plus de professionnels de la santé, notamment en délivrant des permis de pratique avant même la fin de leur formation. Mais il ne faut pas attendre d’en avoir réellement besoin avant de régler cette question administrative et légale, croit Pascale Lamarche.

« On le voit que des professionnels sont infectés de la COVID-19 qui doivent être retirés. Il y en aura d’autres et il ne faut pas attendre à la dernière minute pour régler cette question. »

Dans le cas des infirmières et inhalothérapeutes, ces professionnels peuvent travailler autant en privé qu’au public, mais aucune procédure ou entente n’a été conclue avec Opti-soins et Unimédic.