Des maîtres indomptables

La Ville de Saguenay tente de trouver des moyens pour encourager les propriétaires de chiens à payer leurs licences. Cette contribution permet de maintenir ses services de fourrière, dont la gestion des animaux errants.

Selon les chiffres de la SPCA Saguenay, qui offre le service de fourrière dans le secteur de Jonquière, il y aurait 4000 payeurs de licences de chiens sur 59 785 habitants. Au Refuge des animaux de Chicoutimi, qui dessert le secteur de Chicoutimi et La Baie, on recense 7500 licences sur 85 580 habitants. L’an passé, 1000 personnes n’ont pas payé leurs licences à la SPCA et tout autant ne l’ont pas fait pour le Refuge.

Les gens sont ratoureux pour éviter cette dépense de 25 $ qui peut pourtant sauver la vie de leur animal. Selon une étude commandée par l’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux, en 2016, un chien sur six qui se perd ne pourrait être identifié de quelque manière que ce soit.

Cette étude révèle aussi qu’il y a maintenant 1,02 million de chiens au Québec, soit une augmentation de 15 % en vingt ans. Ces chiens sont répartis dans 836 000 ménages québécois. On retrouve des chiens dans 24 % des ménages québécois. Saguenay compte 145 365 habitants répartis dans 65 982 ménages, ce qui laisse supposer que nous avons environ 15 800 chiens sur notre territoire. Les chiffres pourraient être plus grands puisque 30 % des foyers, en dehors des grands centres urbains, ont au moins un chien. 

Quant aux chats, ils seraient présents dans 32 % des foyers québécois, donc près de 1,52 million au Québec ! Il y aurait donc 21 114 chats à Saguenay. Même s’ils occupent une grande partie du travail des fourrières, il n’existe pas de licences pour eux. Aucun revenu issu des propriétaires de félins n’amène d’eau au moulin. Quand ils ne veulent plus de leur animal, les irresponsables propriétaires de chats laissent simplement errer leur animal à l’extérieur. Ce comportement douteux est aussi présent, mais moins fréquent, chez les propriétaires de chiens. 

Au bout du compte, un maigre 30 % des propriétaires d’animaux contribuent au service de fourrière. La gestion des animaux ne devrait-elle pas être une responsabilité de société ? 

« Pour offrir un bon service, on a besoin de près de 100 000 $ par année. Avec les mauvais payeurs, on est privé d’un revenu de 20 000 $ », constate Marypier Hudon-Thériault, directrice de la SPCA Saguenay. La SPCA n’a pas de solution précise pour le futur. « À part un bénévole à temps partiel, on n’a personne sur le terrain et on n’a pas les moyens de payer quelqu’un à temps plein pour faire le recensement des licences de porte en porte. Mais l’an prochain, on voudrait peut-être revoir les tâches d’un poste de préposée aux animaux », projette Mme Hudon-Thériault qui compte huit personnes dans son équipe d’employés, dont trois à temps plein. 

Du côté du Refuge des animaux de Chicoutimi, trois employés sont présentement sur le terrain pour collecter les licences en faisant du porte-à-porte. « Faire jusqu’à cinq voyages pour se faire payer une médaille à 25 $, on voit ça toutes les semaines », remarque le propriétaire du Refuge, Marc Villeneuve. « Mais quant à moi, la médaille est le moyen le plus rapide pour contacter les propriétaires d’un chien retrouvé errant », poursuit-il.

Le 9 avril dernier, la SPCA hébergeait 30 chats et moins d’une dizaine de chiens. Au Refuge de Chicoutimi, il n’y avait aucun chien et une douzaine de chats. Le service de fourrière a changé depuis les vingt dernières années. Souvent, les animaux qui y entrent ont davantage besoin d’évaluation, d’éducation et de soin, notamment au niveau de la stérilisation et de la vaccination. Tous ces services visent à mieux encadrer l’adoptant, freiner la reproduction, réduire les maladies et éviter l’abandon. 

CSRM

Malgré la situation financière précaire de la SPCA, la directrice songe à de nouvelles stratégies pour gérer la population de chats errants. Pour éviter l’euthanasie des chats sauvages, elle explore la possibilité de capturer-stériliser-relâcher-maintenir (CSRM) ces bêtes dans différents secteurs de Saguenay. 

Le 7 avril dernier, elle s’est rendue à Montréal pour assister à une journée d’information à ce sujet. « Le fardeau revient principalement au citoyen, car c’est lui qui doit capturer l’animal, prendre en charge les coûts et maintenir le chat dans son environnement », souligne Mme Hudon-Thériault. Le dispendieux concept de CSRM est une intervention controversée, autant du côté des vétérinaires que du côté des citoyens. 

CONCOURS

Un concours, en collaboration avec Mondou, sera bientôt lancé à Saguenay pour encourager les propriétaires de chiens à payer leurs licences pour maintenir et améliorer les deux points de services de fourrières qui viennent en aide aux animaux perdus et abandonnés. Deux paniers cadeaux d’une valeur de 400 $ seront offerts parmi ceux qui paieront leur licence avant le 30 mai prochain à la SPCA Saguenay et au Refuge des animaux de Chicoutimi.