Les maires Luc Chiasson (Chambord), André Fortin (Métabetchouan-Lac-à-la-Croix), Lucien Boivin (Saint-Prime) et André Paradis (Saint-Henri-de-Taillon) font partie de ceux qui étaient présents à la rencontre.

Des maires veulent plus de temps

Des élus représentant sept municipalités du Lac-Saint-Jean, qui refusent d’investir 11,5 millions $ dans leur système d’épuration des eaux, poursuivent leurs efforts pour exprimer leur mécontentement. Les maires, accompagnés de leurs directeurs généraux et directeurs des travaux publics, se sont rendus à Québec, jeudi, afin de proposer des solutions moins coûteuses pour réduire la quantité de phosphore rejetée dans le Piékouagami.

« Nous pensons qu’un surdosage ou l’ajout d’alum dans les eaux traitées par exemple permettraient de diminuer la quantité de phosphate et redonner une qualité à l’eau », croit le maire de Saint-Prime et préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, Lucien Boivin. 

Québec s’est donné pour mission de lutter contre les algues bleu-vert présentes dans le lac Saint-Jean. Ainsi, il oblige les municipalités dont le système de traitement des eaux s’y déverse à se doter d’équipements de déphosphatation. Le gouvernement donne jusqu’au 25 mai aux municipalités pour qu’elles adoptent des échéanciers et prévoient un budget visant à mettre en place ces améliorations. 

« On veut que la date butoir soit repoussée, le temps de trouver d’autres options. On considère qu’il s’agit d’une dépense non justifiable. C’est pourquoi on a voulu se placer ensemble, les côtés politique et technique, dans le but de ne pas hypothéquer nos concitoyens de surtaxes », explique M. Boivin. 

Les élus et de leurs directeurs étaient accompagnés de deux consultants lors de leur rencontre avec des représentants du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. 

Une étude plus récente

Les maires ont par ailleurs demandé à Québec de commander une étude plus récente pour quantifier le phosphate présent dans le lac Saint-Jean. Celle sur laquelle la province se baserait pour obliger les municipalités à investir dans leur système d’épuration des eaux daterait de près de 40 ans, selon M. Boivin. 

« On veut savoir ce qui se passe présentement dans le lac Saint-Jean et pendant ce temps, les municipalités pourraient faire des tests dans leurs bassins de décantation pour mettre à l’essai la surdose et l’alum ou encore d’autres types de produits qui seraient écologiques et qui réduiraient la facture à payer », souligne Lucien Boivin, joint par téléphone après sa rencontre. 

Ce dernier assure que la délégation s’est sentie bien écoutée par les sous-ministres et autres représentants du ministère au cours de cette rencontre qui a duré près de deux heures. Les maires espèrent maintenant que leurs efforts de revendication porteront leurs fruits. Ils attendent une réponse de Québec dans les plus brefs délais considérant que le 25 mai arrive à grands pas et que des décisions importantes devront être prises. 

Les municipalités de Saint-Prime, Roberval, Chambord, Desbiens, Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Saint-Gédéon et Saint-Henri-de-Taillon sont touchées par les nouvelles normes provinciales en termes de rejet de phosphore.