Des jours difficiles au SagLac: Trudeau demande de ne pas lâcher

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
Le premier ministre Justin Trudeau entrevoit des jours moins difficiles pour les industries forestière et de l’aluminium au Saguenay-Lac-Saint-Jean avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison blanche. Une administration qui restera sans doute protectionniste, mais qui respectera les décisions des organismes de régulation comme l’Organisation mondiale du commerce.

«On se souvient très bien de l’administration Trump et de son approche sur les tarifs, et particulièrement sur l’aluminium. Deux fois ils nous ont mis des taxes injustes et deux fois on s’est tenu debout en imposant des tarifs sur des produits américains et ils ont reculé. On a été très fort pour protéger les travailleurs canadiens et on va continuer, mais je ne m’attends pas à ce qu’on ait les mêmes défis avec la nouvelle administration.

«Sur le bois d’oeuvre, on a eu de bonnes nouvelles le mois passé à l’OMC. Malheureusement, l’administration Trump n’a pas énormément de patience avec les institutions multilatérales et les règles de droit, mais on sait que le gouvernement Biden a beaucoup plus de respect pour ça et on peut espérer avoir de meilleurs résultats. Mais quoiqu’il se passe, on sera là pour défendre les travailleurs», a lancé le premier ministre, en entrevue téléphonique avec Le Progrès vendredi matin.

Ne pas lâcher

Le chef libéral tenait à s’adresser directement à la population régionale à travers ses médias locaux, pour lui dire de ne pas baisser les bras à la veille des Fêtes.

«Je sais que c’est difficile pour vous, que les gens trouvent ça plate, mais il ne faut pas lâcher. Le fédéral est là depuis le début et on va continuer de vous supporter comme on l’a promis. On l’a fait avec la PCU (prestation canadienne d’urgence), on a encore de l’aide pour les travailleurs, pour les petites entreprises avec le compte d’urgence et la subvention salariale, et maintenant on aide avec le loyer commercial qui va directement aux locataires. Nous allons continuer de travailler avec la province. On parle de quelques mois encore. L’hiver va être long, mais les vaccins s’en viennent.»

À ce sujet, M. Trudeau ne peut dire de quelle façon les doses seront réparties, si chaque région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean aura sa part au prorata de sa population. «Nous discutons avec les provinces; c’est un partenariat. C’est pas à nous de dire exactement quelle région aura quoi d’abord, car on travaille avec Québec pour ça. Mais l’impératif, c’est d’assurer que les gens les plus vulnérables y ont accès dès qu’il commence à rentrer et au fur et à mesure, on va pouvoir vacciner tout le monde.»

«Pour ce vaccin, ajoute le premier ministre, on parle d’une mobilisation sans précédent de la population et des ressources logistiques à travers le pays qu’on n’a pas vue depuis la Deuxième Guerre mondiale. Mais on sait qu’on en est capable.»

Envoyer l’armée?

M. Trudeau ne songe pas à envoyer l’armée en renfort ici comme ce fut le cas à Montréal pendant la première vague. Tout en restant à l’écoute des besoins des provinces, il s’en remet au savoir-faire développé par la Croix Rouge, laquelle est mieux adaptée que l’armée appelée en urgence au printemps. «Mais quelles que soient les demandes d’aide, on sera là pour vous.»

Bagotville

Justin Trudeau est conscient que le dossier du remplacement des chasseurs traîne et que les militaires peinent à maintenir la flotte de vieux CF-18 en vol, mais rejette la faute sur le gouvernement de Steven Harper «qui a mal fait les choses, nous forçant à reprendre le processus».

Toutefois, il ajoute que le dossier progresse très bien et que l’annonce, retardée encore en raison de la COVID-19, sera faite sous peu. «Ça s’en vient», promet-il. D’ici là, il plaide que la sécurité des militaires est primordiale et c’est pourquoi on a acquis des F-18 australiens en attendant la livraison des nouveaux avions.

Sur la question des drones militaires, M. Trudeau rejette l’idée d’une joute politique entre les Maritimes et Bagotville. «Ça sera une décision prise au mérite. Je pense que c’est ce à quoi les gens s’attendent et je reconnais le savoir-faire du Centre d’excellence des drones à Alma dans lequel on a investi pas mal d’argent. Il y aurait une certaine logique claire d’avoir des ressources à Bagotville aussi et on va continuer de travailler avec la base pour prendre une bonne décision», a conclu le premier ministre, promettant de revenir dans la région lorsque la crise sera terminée.