L’équipe organisatrice, composée des intervenants Marie-Hélène Larocque, Magali Stenger, Martine Tremblay, Viviane Masterman, Véronique Tremblay, Dany Grenier, Guillaume Rivard et Jean Morais, sont satisfaits de l’impact du dîner de sensibilisation et aimerait répéter l’activité dans des lieux publics.

Des intervenants dans la peau des patients

Le centre de réadaptation en déficience physique Le Parcours, de l’hôpital de Jonquière, a organisé, jeudi, son tout premier dîner de sensibilisation dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées. Avec du matériel de réadaptation, les membres du service hospitalier ont pu vivre un midi comme les personnes vivant avec un handicap.

Cette activité s’est déroulée dans la cafétéria de l’hôpital. Même les cuisiniers se sont prêtés au jeu et ont essayé l’un des appareils.

L’événement avait aussi lieu à l’hôpital de Roberval. Il s’agit de l’initiative d’un groupe d’intervenants.

« On s’est rencontrés entre intervenants et on savait qu’il y avait la Semaine québécoise des personnes handicapées. On s’est dit qu’on pouvait faire une activité pour faire de la sensibilisation », a partagé Guillaume Rivard, ergothérapeute, en entrevue avec Le Quotidien.

L’ergothérapeute a dû s’occuper d’une station de liquide épaissi, avec des jus, du lait et de l’eau. Ces liquides gélifiés sont habituellement utilisés pour les gens qui ont des difficultés à avaler.

« Les difficultés de dysphagie sont difficiles à comprendre, parce qu’on en voit rarement. Aujourd’hui, je suis capable de faire vivre à mes collègues l’impact de la dysphagie réel. Je ne montre pas seulement le trouble, mais je suis capable de montrer quelle solution on peut avoir pour ces personnes-là », a souligné l’ergothérapeute, qui semblait ravi de sa journée.

L’infirmier Xavier Bergeron a essayé des lunettes obstruantes.

Le personnel touché
Emmy Lachance, une stagiaire en physiothérapie, a semblé apprécier l’activité.

« C’est vraiment particulier. Je demande à mes patients en thérapie de mettre une orthèse tibiale comme ça tous les jours, et c’est vraiment plus difficile que je le pensais. J’ai utilisé mon membre que je n’étais pas censée utiliser. J’ai fait exactement comme je dis à mes patients de ne pas faire. Maintenant, je les comprends plus », a confié l’étudiante.

L’activité a beaucoup fait réfléchir Xavier Bergeron, un nouvel infirmier, qui a essayé des lunettes qui bloquaient la vision.

« Là, on sait que ça dure juste un midi, et on connaît bien l’environnement dans lequel on est. Mais je me mets à la place de quelqu’un qui a un handicap du jour au lendemain, et c’est tellement lourd. Ça doit être l’enfer », a insisté l’infirmier.

Plusieurs intervenants aimeraient maintenant voir l’activité être répétée dans un lieu public. « Je pense que l’activité aurait beaucoup d’impact si c’était dans un magasin, une école, ou avec des jeunes. Ça pourrait vraiment les sensibiliser », a commenté Xavier Bergeron.