Le BAPE avait tenu des audiences à Saguenay et à Baie-Comeau en janvier et en février.

Des impacts sur le caribou forestier à minimiser

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) émet plusieurs avis pour minimiser les impacts sur le caribou forestier et les propriétaires de pourvoiries à droits exclusifs qui seraient causés par le projet de ligne à 735 kilovolts entre les postes de Micoua et de Saguenay d’Hydro-Québec, dans son rapport d’enquête rendu public vendredi.

Une commission avait tenu des audiences à Saguenay et à Baie-Comeau en janvier et en février. D’entrée de jeu, elle souligne dans son rapport que son travail pourrait être inutile si la Régie de l’énergie n’autorisait pas le projet de 690,6 M$ finalement, alors qu’il est encore sous analyse. Les conclusions de la Régie auraient pu bénéficier aux commissaires et aux citoyens, note-t-on. Hydro-Québec compte rehausser la fiabilité du réseau de transport d’électricité avec cette ligne de 262 kilomètres dans le corridor Manic-Québec.

Entre autres, des pourvoyeurs s’inquiètent de voir leurs revenus diminuer en raison de nuisances sonores et visuelles durant la construction et l’exploitation de la ligne, ce qui pourrait perturber les activités de chasse et de pêche offertes. La pourvoirie Monts-Valins du Archer serait notamment affectée par la présence d’un pylône derrière ses installations, mais l’emplacement ne peut être changé en raison des plans d’eau dans le secteur. Hydro-Québec devrait dédommager les propriétaires d’entreprise exerçant leurs activités en territoires fauniques structurés, s’il y a la preuve d’un impact économique, estime la commission.

La ligne traverserait également l’aire de répartition de la population Pipmuacan de caribous forestiers, qui est déjà perturbée à près de 80 % selon les estimations. Hydro-Québec a voulu éviter les secteurs d’habitats de bonne qualité, affirme la commission. Un corridor de connectivité de neuf kilomètres est aussi prévu, au nord-ouest de la réserve de biodiversité projetée du brûlis du lac Frégate. Les pylônes seraient surélevés et un couvert forestier pourrait être maintenu. Le BAPE recommande que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs exclue cette zone de sa planification forestière et lui octroie un statut de protection. Cet avis a été salué par le Conseil régional de l’environnement et du développement durable (CREDD) du Saguenay–Lac-Saint-Jean, par voie de communiqué vendredi.

Retombées régionales

«La commission d’enquête constate que les ententes commerciales signées en 2016 et 2017 par les gouvernements du Canada et du Québec ne permettent pas à Hydro-Québec de fractionner ses contrats de sous-traitance pour favoriser la participation des entreprises locales et régionales à ses projets de construction», peut-on lire. Les retombées régionales étaient estimées à 50 M$. La société d’État examine cependant le projet pilote de sous-traitance régionale du projet de ligne Chamouchouane-Bout-de-l’Île et les résultats seront communiqués au comité d’échanges sur la maximisation qui serait mise en place cette année avec des intervenants du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord.

Des discussions avec les communautés innues, dont celle de Mashteuiatsh, ont déjà eu lieu et devraient se poursuivre durant tout le projet et l’exploitation de la ligne, de l’avis de la commission.

Il est possible de lire le rapport complet en ligne sur le site du BAPE.