Des immigrants pour sauver la formation professionnelle

Les commissions scolaires du Pays-des-Bleuets et du Lac-Saint-Jean investissent 100 000 $ dans le but de recruter de la clientèle internationale pour les formations professionnelles. L’objectif : attirer 80 étudiants d’ici quatre ans pour combler les besoins de main-d’œuvre dans la région et pour augmenter la clientèle, qui a chuté de 43 % depuis cinq ans.

« Avec la baisse de clientèle que l’on a vécue, la capacité d’accueil est là, soutient Frédéric Morin, coordonnateur des services aux entreprises à la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean (CSLSJ). Sur le plan des statistiques, on veut surtout regarnir des programmes qui ne partent pas. »

Par exemple, le centre de formation professionnelle d’Alma n’a pas pu démarrer une cohorte de préposés aux bénéficiaires à l’automne, car il n’y avait pas les 12 étudiants requis pour lancer la formation. La formation débutera en janvier, ce qui aura une incidence sur l’ensemble des services à la population, ajoute ce dernier. « L’ajout d’étudiants étrangers permettra de maintenir notre offre de formation professionnelle et de former une main-d’œuvre qualifiée pour les entreprises régionales », dit-il.

« Les entreprises nous demandent énormément de professionnels », renchérit Sylvain Ouellet, le directeur général de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets. Avec la baisse démographique, le nombre d’étudiants à temps plein, qui suivent des formations de 900 heures ou plus, a diminué de 43 % depuis cinq ans dans les deux commissions scolaires, ce qui explique en partie la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.

Les deux commissions scolaires, qui n’entrent pas en compétition pour les formations, ont donc décidé de s’allier pour recruter un agent de développement, un poste affiché depuis le 13 septembre dernier, qui fera deux missions internationales en France, pour attirer des étudiants. « On vise d’abord la France, parce qu’il y a des ententes Québec-France au niveau des frais de scolarité », explique le directeur général. Autrement dit, l’étudiant n’a rien à débourser pour ses cours, car ce sont les gouvernements qui paient la note.

Les deux organisations comptent recruter des étudiants dans les domaines où les besoins les plus importants existent. La Commission scolaire du Pays-des-Bleuets compte donc attirer des étudiants en foresterie, alors que la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean souhaite garnir les formations en santé et en agriculture. « Mais toute notre offre de service de formation professionnelle sera présentée aux étudiants étrangers », ajoute Frédéric Morin.

Au départ, les quatre commissions scolaires préparaient un plan conjoint de recrutement international, mais seulement deux d’entre elles ont paraphé l’entente finale. Malgré tout, des collaborations pourraient être faites pour faire la promotion de l’ensemble de l’offre régionale, note Frédéric Morin. « L’objectif est de former de la main-d’œuvre qualifiée qui va pouvoir travailler ici par la suite », dit-il.

Pour favoriser l’accueil et la rétention de ces étudiants après leur formation, les commissions scolaires travailleront notamment avec l’organisme Portes ouvertes sur le lac et avec les différentes stratégies de rétention de la main-d’œuvre.

Cette initiative de recrutement international ajoute à différentes solutions mises en place pour combler la baisse importante de clientèle. Par exemple, les CFP ont mis en place un service d’individualisation de plusieurs formations qui permettent d’accueillir des élèves à n’importe quel moment de l’année, ou encore aux programmes dual, développé en soudage-montage, où les étudiants sont rémunérés en passant une bonne partie de la formation en entreprise.

En plus de recruter des élèves internationaux, la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets songe également à délocaliser des formations à l’international, tout comme l’ont fait le Cégep de Saint-Félicien et l’UQAC.

Selon la présidente de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, Brigitte Gagné, ce projet de recrutement international démontre l’importance du travail des commissions scolaires, qui sont bien ancrées sur les besoins de leur communauté.