Les jeunes de Saguenay et des alentours font moins de sport et disent consommer moins souvent des fruits et légumes qu’ailleurs au Québec et au Canada.

Des habitudes de vie pas très saines

La population de la Région métropolitaine de recensement de Saguenay mange moins souvent de légumes, fait un peu moins d’activité physique, boit plus d’alcool et fume un peu plus que la moyenne des Québécois et des Canadiens.

C’est ce qui se dégage des données publiées mardi par Statistique Canada. Elles proviennent de réponses fournies dans le cadre de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes réalisée en 2015-2016 auprès des résidants âgés de 12 ans et plus.

Ainsi, 32,3 % des Saguenéens ont affirmé consommer des fruits et légumes cinq fois par jour, ce qui est inférieur à la moyenne provinciale de 38,6 %. C’est cependant supérieur à la moyenne nationale (30,8 %).

Quant à l’activité physique, les chiffres régionaux se trouvent légèrement sous la moyenne provinciale, même si la région est le berceau de toutes les initiatives du Grand défi Pierre Lavoie, encourageant jeunes et moins jeunes à bouger. Les adultes de 18 ans et plus ont déclaré en faire au moins deux heures et demie par semaine dans une proportion de 52,9 %, soit 2 % de moins qu’au Québec et 5 % de moins qu’au Canada. Pour ce qui est des jeunes de 12 à 17 ans, la donnée indique que 51,3 % d’entre eux dans la région sont actifs au moins 60 minutes par jour. C’est environ 4 % de moins qu’au Québec, et 8,5 % de moins que la moyenne nationale.

La situation n’est guère plus rose en ce qui concerne la boisson et la cigarette. Un Saguenéen sur quatre (25,0 %) dit faire une consommation abusive d’alcool, comparativement à 21,2 % au Québec et 19,1 % au Canada. En termes absolus, c’est 30 % plus élevé que la moyenne canadienne. Statistique Canada considère comme consommation abusive d’alcool un homme qui a déclaré avoir bu cinq verres d’alcool, ou une femme ayant déclaré avoir bu quatre verres d’alcool, en une même occasion, au moins une fois par mois au cours de la dernière année. Du côté de la cigarette, il y a dans la RMR de Saguenay 20,3 % de fumeurs, contre 18,4 % au Québec et 17,4 %. Encore une fois, en termes absolus, c’est 10,3 % de plus que dans la province et 16,7 % de plus qu’au Canada.

Système de santé

L’enquête s’intéressait aussi aux soins de santé. 84 % des Saguenéens ont dit être satisfaits ou très satisfaits de leur dernière consultation médicale, alors que la moyenne provinciale s’établit à 79,1 %. Le haut taux de patients suivis par un médecin se reflète également dans les données, car 80,9 % des répondants ont dit avoir un fournisseur habituel de soins de santé contre 73,3 % ailleurs au Québec. C’est toutefois trois points de moins que partout ailleurs au pays. Il y a aussi 3 % de plus de gens (15,4 %) qui ont consulté pour des questions de santé émotionnelle ou mentale que la moyenne québécoise. On trouve aussi 8 % de plus de personnes (24,4 %) vaccinées que le niveau provincial.

Niveau de vie

94,7 % des habitants de la RMR se disent satisfaits ou très satisfaits de leur niveau de vie au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Finalement, un sentiment d’appartenance à la communauté locale, plutôt fort ou très fort, est ressenti par 66,9 % de la population, soit huit points de plus que ce qui est ressenti ailleurs au Québec. Dans les notes de l’enquête, Statistique Canada indique que « la recherche montre une forte corrélation entre le sentiment d’appartenance à sa communauté et la santé mentale et physique ». 

La rmr

La RMR de Saguenay comprend, outre Saguenay, les municipalités de Saint-Honoré, Saint-David-de-Falardeau, Saint-Fulgence, Larouche, Saint-Félix-d’Otis, Sainte-Charles-de-Bourget et Sainte-Rose-du-Nord.

«Une société en mutation»

(Katerine Belley-Murray) - C’est l’amélioration qui est importante, selon Pierre Lavoie. « On s’améliore et il faut persévérer. Je ne suis pas surpris par ces statistiques. Changer un comportement est la chose la plus difficile. »

L’homme à la tête du Grand défi n’est pas tombé en bas de sa chaise lorsque Le Quotidien l’a contacté pour lui faire part des récentes statistiques. « On ne change pas un comportement en claquant des doigts. Le changement passe par l’éducation, par des petits gestes. Pour ce qui est de l’activité physique, je ne veux pas nous trouver d’excuses, mais il y a la température qui joue. Je suis à Montréal présentement et il fait huit degrés. La neige vient plus tard. C’est possible de bouger à l’extérieur sans problème. Il fait ‘‘frette’’ chez nous, ça compte. »

Les saines habitudes de vie font de plus en plus partie du discours populaire. « Il y a 20 ans, tu avais de la misère à trouver un pain brun à l’épicerie. Là, c’est le pain blanc qu’on ne trouve plus ! Nous sommes dans une société en mutation. »